Review 3374 : Dymna Lotva – Vyraj

Nouvel épisode dépressif pour Dymna Lotva.

Trois ans après son dernier album, le quatuor biélorusse relocalisé en Pologne mené par Nokt (chant), Jauhien (guitare/basse), Mikita (guitare) et Bocian (batterie) – tous également membres d’Hangover in Minsk – renouvellent leur partenariat avec Prophecy Productions pour leur quatrième disque, Vyraj.

Nous pénétrons dans leurs ténèbres avec Zory premier titre assez calme et empreint d’une touche Folk atmosphérique avant l’arrivée de la saturation à la fois oppressante et en même temps très planante qui capture immédiatement mon esprit avant de lui exposer la violence pure de la rythmique et des hurlements. Quelques choeurs viennent adoucir le mélange, mais l’intensité reste palpable jusqu’à Veha où l’on retrouve l’approche malsaine et vaporeuse créée par les nombreuses voix qui complètent les hurlements perçants, mais également ce chaos mental qui m’a personnellement séduit et terrifié, mais également rassuré sur les passages les plus épurés. Je noterai le son de la basse qui nous emporte vers la dernière vague, puis vers The Boat of Despair, titre ouvertement plus Doom où les musiciens reçoivent Aaron Stainthorpe (High Parasite, ex-My Dying Bride) pour mener la barque avec cette douceur Gothique qui colle parfaitement à la noirceur rugueuse avant de revenir à une agressivité plus viscérale sur Viedzmieragina, le morceau suivant. Les leads sont bien plus empreints des touches Black que le reste de l’instrumentale alors que la vocaliste se déchaîne, rendant le tout encore plus saisissant avant de nous accorder un temps de relâche pour passer à Niama Darohi, où la base est bien plus douce, presque même groovy avant de s’embraser pour capturer notre esprit. Les mélodies aériennes reviennent également à la charge, apportant la touche lancinante tout en laissant la vocaliste oser des parties bien plus douces pour contraster ses cris de détresse habituels, mais l’atmosphère devient de nouveau plus pesante et inquiétante avec Bu Samoje, composition suivante qui lui emboîte sans attendre le pas et laisse une voix samplée développer cette angoisse contagieuse. Les choeurs renforcent l’impact du chant principal tout en tissant leur propre identité, mais le morceau passe assez vite la main à Ustan Za Mianie où l’on retrouve avec plaisir cette lenteur entêtante mais aussi le ton solennel déchirant du groupe qui nous envahit sans mal, mais dure lui aussi assez peu. L’album touche déjà à sa fin avec Return My Coffin Home où le groupe s’offre de longs moments acoustiques pendant lesquels il nous hypnotise, accueillant finalement le musicien ukrainien Ingvarr (Schreigarm) au chant, renforçant la voix plaintive de Nokt tout en apportant sa propre touche démonstrative qui se différencie du style habituel tout en restant complémentaire, permettant un final en apothéose.

Si vous aviez un quelconque doute concernant mon amour pour la musique de Dymna Lotva, j’espère avoir été assez clair pour l’avoir dissipé. Bien que je pense que Vyraj aurait pu se permettre un ou deux morceaux supplémentaires, je ressors totalement envoûté et possédé par ce mélange sombre et pesant d’une tristesse communicative.

95/100

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