Review 3379 : Inferno – The Anthropic Sophisms (On the Heights of Despair)

Inferno est réapparu.

Formé en 1995 en République Tchèque, le groupe aujourd’hui mené par Adramelech (chant), Ska-Gul (guitare), Morion (guitare), Sheafraidh (batterie) et Matron Thorn (claviers/chant, Ævangelist, Benighted in Sodom…) sort du silence et sort chez Debemur Morti Productions son neuvième album, The Anthropic Sophisms (On the Heights of Despair).

Le groupe démarre avec l’imposante et toute aussi oppressante Fission of the Soul, première composition pesante et dissonante qui mêle des éléments massifs avec une noirceur et une touche bruitiste qui la rendent épaisse, notamment grâce aux claviers qui prennent une place importante dans le mix. Les parties vocales, au contraire, sont en retrait, presque discrètes à côté du reste du mélange, hantant les limbes alors que les instruments tissent leur ténèbres, ralentissant tout de même un instant avant le final qui nous mène à Dekranos Katexochen (Mych smrto je bezpocet, mych nemoci mnoho), titre suivant qui flirte dangereusement avec le Doom. La lenteur de la rythmique est aussi lourde qu’enivrante, laissant même un court moment de calme angoissant avant que la section rythmique ne reparte à son propre rythme, ramenant les guitares brumeuses et les murmures terrifiants, mais aussi les pauses inattendues qui s’empressent de relancer la machine pour nous laisser intégrer de gré ou de force cet étang de noirceur alors que nous en contemplons l’étendue, ballottés par les vagues. Le titre ne nous réservera pas de grosse surprise, à part peut être l’accélération finale qui nous emporte vers With Raving Mouths They Utter Things Mirthless, Unadorned and Unperfumed et son introduction assez minimaliste mais très intrigante qui nous servira de moment de répit pour mieux nous préparer à la déferlante qui suit, intransigeante et presque majestueuse. Le contraste entre les deux passages est saisissant, chacun nous offrant une atmosphère très différente avant de finalement se mêler pour créer un ensemble disharmonieux et angoissant où la base de la rythmique ne se prive pas pour mener la danse, emportant avec elle le voile de dissonance des guitares qui transforme notre perception de l’univers avant d’atteindre Circulus Vitiosus Deus (The Infinity Ravages All), la dernière composition. Bien plus agressive de prime abord, l’instrumentale s’offre là encore des libertés intrigantes et intéressantes, lorgnant même parfois sur des tonalités psychédéliques insistantes, mais les sept minutes sont légèrement courtes, surtout comparées aux autres morceaux, et le son finira par s’interrompre de lui-même.

Inferno fait partie de ces groupes au son unique et imposant vivement déconseillé aux néophytes, mais qui sonne comme un vrai délice pour les initiés. Si The Anthropic Sophisms (On the Heights of Despair) en surprendra plus d’un, peu importe la raison, il saura révéler ses arcanes aux audacieux.

85/100

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