Review 3380 : Abyssal Rift – Relics of Great Ash

La mort est proche avec Abyssal Rift.

Tout juste signé chez Transcending Obscurity Records, le trio de l’Ohio mené par Matt Auxier (guitare/chant/claviers), Mike Sliclen (basse/chant) et Brandon Smith (batterie/chant) dévoile son deuxième album, Relics of Great Ash.

Le groupe attaque sans aucune once de douceur avec Consummate Design, première composition qui assume pleinement sa noirceur et sa virulence à travers des riffs épais et des patterns complexes menés par un blast dévastateur et ses rugissements caverneux qui complètent le tableau chaotique. Le combo ne nous laisse pas un instant de répit, plaçant des leads criards avant un passages certes plus lent mais bien plus oppressant, changeant l’avancée du morceau qui passe après un temps d’angoisse à Relics of Great Ash, le morceau éponyme qui s’ancre profondément dans le Doom tout en restant dans une agressivité malsaine permanente. On notera tout de même quelques accélérations qui rythment cette progression ténébreuse vers un temps de flottement, mais le son s’embrase à nouveau, reprenant sa technicité avant de passer à The Enlightenment (There Was Never Will) où l’on prend de plein fouet les influences théâtrales qui nous guident à travers ce bloc de lourdeur abrasif. Les racines Death Old School s’expriment dans les montées en puissance, mais le titre est assez court, et laisse place à The Death of God où l’on retrouve également cette énergie virulente pour nous faire remuer le crâne de manière plus ou moins frénétique, comptant également sur quelques touches sombres. Le final est lui aussi assez lent, ne reprenant du poil de la bête que pour ce solo strident avant de rejoindre Surrealistic Visions qui reprend plus ou moins où son prédécesseur nous avait laissé, accélérant à son tour jusqu’à atteindre une vitesse de croisière, troublée par les différentes vagues de violence qui se succèdent habilement, passant dans toutes les nuances de Death Metal. Le groupe nous offrira même un moment infusé au Death Prog avant de passer le relai à Sphere of Perpetuity, ultime morceau qui s’ancre dans une approche mystérieuse en laissant quelques notes résonner alors que la lenteur règne, mais qui n’hésite pas à revenir par moments dans la saturation pour appuyer sa puissance brute avant de mettre fin à l’album avec un dernier sursaut de violence.

Si Relics of Great Ash est bel et bien un album de Death Metal, il ne se cantonne pas à une seule branche pour frapper ! Abyssal Rift n’hésite pas à passer du Doom crasseux au Prog alambiqué pour créer un véritable puits ténébreux et imprévisible.

80/100

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