Review 3382 : Holissstik – This Endless Solitude

L’avis de Raven sur Chapter 1: This Endless Solitude, d’Holissstik.

Quand j’ai reçu l’album, en lisant le nom du projet j’ai tiqué. On va poser les bases avec une définition: En épistémologie ou en sciences humaines, holistique est relatif à la doctrine qui ramène la connaissance du particulier, de l’individuel à celle de l’ensemble, du tout dans lequel il s’inscrit. Pour résumer: le tout est plus grand que la somme de ses parties.

Holissstik est le nouveau projet musical collaboratif et expérimental du producteur et multi-instrumentiste norvégien Tor-Helge Skei (membre fondateur de Manes et Lethe). L’idée de ce projet émerge en 2024 quand Skei regarde d’anciennes chansons non achevées d’autres projets. Holissstik est difficile à décrire tant c’est un mélange de Metal, de musique électronique, de Jazz, de Trip-Hop et d’autres choses qui reflètent la vision de Skei, qui a donné à ses collaborateurs et collaboratrices très peu d’instructions, pas de règles et aucune limitation dans l’espoir de créer quelque chose de plus grand que la somme de ses parties. Selon Skei la collaboration est donc l’adn du projet.

Qu’en dire ? The Rhythm of Silence commence comme une musique de Kraftwerk avec une voix typée Heavenly Voice des années 2000 et je suis déjà amoureuse de la chanson même si la voix masculine du rappeur français Pierre Ripka (alias K-Rip) me dérange (Bon je n’aime pas le Rap, soyez indulgents). Ce projet est risqué, très risqué car la seule cohérence est due au fait que Skei en garde le cap mais curieusement l’album s’écoute étonnement bien malgré le nombre d’intervenant(e)s élevé (une vingtaine d’artistes différents dont des moines bouddhistes qui passaient par là par hasard). Essayer d’y attacher une étiquette quelconque n’est pas possible.

Projections ma préférée ? Bien qu’elle soit la plus courte, c’est celle qui m’a laissé l’impression la plus forte de toutes celles de l’album, possiblement  à cause de certains sons dissonants auxquels je suis plus sensible et des sortes de cris qui la parcourent. L’album se finit sur la chanson éponyme qui laisse une tristesse certaine dans le cœur et qui porte bien son nom, pour un peu j’ai une impression de E.S. Posthumus dans les oreilles. L’écoute de cet album ne m’a pas laissé indifférente, mais plutôt perplexe en me demandant ce que j’avais écouté exactement et je pense qu’il me faudra plusieurs écoutes pour l’apprécier pleinement. Même si je ne semble pas autant enthousiaste qu’avec d’autres albums, celui-ci a le mérite d’exister et je le réécouterais avec plaisir. Chapter 1: This Endless Solitude met en avant des artistes ayant travaillé avec Skei dans d’autres projets ainsi que des nouveaux collaborateurs et collaboratrices. Anna Murphy (ex Eluveitie, chanteuse de Cellar Darling), Marita Hellem (Martyra) et Martyna Halas (Rage of Light), Torstein Parelius entre autres.

Je vois Holissstik un peu comme un OVNI tels Chaostar ou L’Eglise du Mouvement Péristaltique Inversé mais avec un brin de modernité et d’inventivité en plus et qui te fait plus de bien à l’écoute que des pratiques new age totalement bullshit.

80/100

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