Review 3386 : Fögbötler – Disembowelment Ritual

Deuxième maléfice pour Fögbötler.

Intitulé Disembowelment Ritual, il a demandé une année de travail à T. Petrocelly (guitare/basse, Construct of Lethe, Near Death Condition) et D. Schmidt (batterie/chant, ex-Construct of Lethe).

L’album s’ouvre au son menaçant de Faustbötler, titre introductif qui, en moins d’une minute, va sans attendre nous plonger dans une noirceur glaciale en trois vagues successives, puis laisser place à Disembowelment Ritual, titre éponyme où l’on retrouve le son pesant en compagnie des grognements malsains qui l’accompagnent à la perfection, ne laissant aucun doute sur les inspirations du duo. Le chant devient plus plaintif pendant un passage inquiétant puis accélère à nouveau avant de passer à Incineratio Ecstasis, titre à l’allure plus martiale, offrant une touche saccadée accrocheuse tout en permettant des harmoniques hypnotiques de retenir parfois notre attention alors que notre nuque bouge déjà toute seule. Le titre est assez long, et se permet de changer parfois d’atmosphère tout comme le suivant, Lamentation Screed, qui débute avec un son clair assez doux avant de s’enflammer et de nous plonger dans un désespoir saisissant qui sévit tout au long de ses riffs qui deviennent de plus en plus dissonants avant de cesser d’un coup. Une Alchimie de la Chair nous offre un moment de calme épuré avant d’enchaîner à vive allure sur My Eyes at the Moment of Ascension, nouveau bloc de noirceur aux racines Old School d’abord pesantes puis bien plus virulentes, notamment lors de l’embrasement infernal final. Le groupe enchaîne avec The Masochistic Processional, titre à l’atmosphère enivrante assez froide mais dont les leads permettent des touches mélodieuses intéressantes qui contrastent avec les éléments plus bruts, puis le duo ralentit considérablement sur The Destruction of Boaz and Jachin, s’offrant même des relents Doom fumants. Ce morceau est bien différent des autres, mais séduira par son atmosphère désolée, laissant même le final nous permettre de respirer avant que Sacrament ne prenne sa place, refermant l’album avec une touche plus sauvage, mais elle aussi parfois contrastée par des harmoniques planantes qui ne manquent pas d’insuffler une énergie différente.

Si Fögbötler connaît ses classiques, il ne se contente pas de les recracher bêtement, mais propose sur Disembowelment Ritual une approche enivrante de la noirceur, tantôt brutale, tantôt glaciale, mais toujours viscérale et diversifiée.

80/100

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