
Si hier j’étais plutôt confiant, le troisième jour du Motocultor Open Air Festival commence à peser physiquement.
Pourtant, cette journée sera vraiment spéciale à mes yeux, outre la programmation magnifique qui s’annonce, j’apprends le matin même l’annulation de ce qui était censé être ma seule interview du festival… heureusement, cette personne se sentira mieux et pourra assurer le show du soir.
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Débutons donc dans la violence occulte avec les français de Necrowretch menés par un Vlad (guitare/chant) visiblement très décidé à en découdre, et malgré l’introduction mystique qui nous ouvre le concert, il faut se rendre à l’évidence : le son ne suit pas. Les premières minutes sont presque pénibles malgré mon habitude au Black/Death malsain et dissonant, et je reconnais à peine les notes en regardant les musiciens, relativement statiques, mais c’est étrangement lorsque le vocaliste lâche “Motocultor, je t’attends au royaume de Satan !” que le son va devenir écoutable. Invocation, hasard, ou encore quelque chose d’autre ? Nul ne le sait, mais les présents se brisent allègrement la nuque sur leurs riffs.
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Chose promise, chose due, je passe une tête vers les Shady Fat Kats qui distillent un Punk/Rock très loin de mes plaisirs, même les plus coupables, mais étrangement, l’expérience n’est pas mauvaise, bien au contraire ! On notera outre la bonne humeur des musiciens un trait d’humour avec ce “On est les Shady Fat Kats, c’est marqué derrière !” de la part de Baptiste (guitare/chant) qui parvient à motiver puis à fédérer son public en lâchant “on est bretons !” avant de reprendre. Le son est bon, la foule sautille, ça ne peut qu’être un retour positif.
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Le soleil du Cantal n’est jamais loin lorsqu’Aorlhac joue, et ce samedi ne fera pas exception puisque c’est devant lui que les musiciens entrent en scène après un très long sample d’intro, commençant immédiatement à tisser leurs riffs sombres. Déclarant être “là pour (nous) conter les histoires d’un putain de passé”, Florian (chant) est toujours aussi intense et expressif, n’hésitant pas à s’agenouiller pour hurler plus intensément pendant que ses camarades assurent des riffs aussi mélodieux que saisissants. Le public est comme à l’accoutumée très attentif, et si l’on sent parfois que le vent semble désireux de nous couper quelques parties du set, que ce soit une guitare ou la basse, le son brut des Cantaliens a largement séduit ce matin, au vu de la fosse grandissante.
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Autre fierté française, ce sont les parisiens d’Ashen qui, comme leurs compatriotes de la veille, ont largement le vent en poupe et qui ne mettront pas longtemps à fédérer un public déjà bien acquis à sa cause, puisque là encore, ça sautille gaiement dans tous les sens. Si entre les titres, on peut à peine respirer, Clément (chant) n’hésite pas à nous demander de “faires du putain de bruit”, chose qui sera très largement effectuée, et qui relancera la machine à laver tournante et frétillante en quasi-permanence. Sur scène aussi, l’énergie est de mise, et malgré ce que je considère comme une petite pause avec Smells Like Teen Spirit de Nirvana, le show est vif à souhaits, et le groupe ne démérite pas.
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L’encéphale est une fois de plus débranché, car cette fois c’est avec Rectal Smegma que je prévois de m’enjailler avec mépris des contraintes du monde extérieur, et le moins que l’on puisse dire, c’est que les néerlandais ont bien compris mon désir vu la setlist débile au possible qu’ils proposeront ce jour là ! Rajoutez à celà Yannick (chant) qui lâche “we are here to entertain you” avant de se lancer dans son meilleur air-guitar, des riffs qui tâchent, des musiciens qui n’hésitent pas à poser et une fosse sans dessus-dessous qui soulève des nuages de poussière à en faire pâlir une tornade, que peut-on leur trouver à redire ? Peut-être la durée du show, mais pour du Grind, c’est largement suffisant, et c’est sous les acclamations que les musiciens prennent leur pied sur scène.
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Après une courte pause, Cancer mené par le chanteur-guitariste John Walker va marquer le début du troisième show français de sa longue carrière avec un “I’m sorry, I don’t speak French”, et même si personne ne lui en aurait voulu, le gaillard a visiblement briefé ses troupes, puisque l’avalanche de titres est mixé aux petits oignons ! Alors que la fosse ne lésine pas sur les moyens pour mosher pendant des riffs cinglants comme pas deux, le vocaliste nous provoque toujours un peu plus, profitant de rares occasions de s’exprimer pour lâcher “do you guys think you’re ready” avant de repartir à pleine balle. Bien que n’étant pas friand de Thrash au demeurant, je prends là une leçon avec une légende du style, et je pense toujours autant être chanceux d’avoir pu immortaliser cet évènement !
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Petite douceur avec Orden Ogan, groupe que je suis depuis des années et qui avait toujours représenté un rendez-vous manqué malgré leurs passages de plus en plus nombreux dans nos régions, mais dont le show sera marqué par une énergie communicative propre au Power Metal. Sebastian « Seeb » Levermann (chant) n’hésite pas à nous motiver pendant les titres, alors même que ses camarades posent joyeusement pour lancer les moshparts ou les solos, et le simple fait de voir les musiciens frapper dans leurs mains suffit au public pour les imiter avec envie. Nul doute que nous les reverrons d’ici peu pour de nouvelles aventures épiques !
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Retour au Death Metal pour cette autre légende, cette fois-ci suédoise qu’est Grave, et bien qu’étant reparti dans ses premières sorties avec un son Old School si savoureux… le public semble être aujourd’hui assez timide devant le trio. Peu importe pour les musiciens, mais surtout pour le meneur et Ola Lindgren (guitare/chant) qui sourit en jouant, nous confiant même “I remember you guys back in the days”, car même si le groupe ne s’était pas produit chez nous depuis 2018, ils ont écumé les routes françaises à l’époque. Côté son, le mix est pile assez propre pour être sale façon Death Metal, et je suis conquis, même si je n’aurais pas boudé une deuxième guitare, histoire de proposer un peu plus de violence.
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Ceux qui savent savent, ce moment sera pour moi le pinacle de la journée, le grand retour du triomphant Anaal Nathrakh, sans pluie cette fois (souvenirs de 2019), et qui malgré l’absence de sorties depuis des années déjà, va proposer une setlist façon bulldozer, c’est à dire que nous allons nous faire rouler dessus sans aucune forme de ménagement. Si la setlist débute sans surprise avec In the Constellation of the Black Widow, je ne m’attendais pas à recevoir en pleine face le doublé Forging Towards the Sunset / Forward! aussi tôt, et malgré les quelques mots de Dave Hunt (chant) tels que “This is for you guys”, “I see some people moving” ou d’autres remerciements entre les morceaux, la déferlante reprend à chaque fois à la même intensité. La basse sera cependant un peu absente de quelques moment du set, mais j’ai tout de même passé un excellent moment que j’aimerai revivre au moins trois fois par an !
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On passe à nos cousins allemands d’Eisbrecher et leur Neue Deutsche Härte (le “Metal Industriel germanique”, comme on l’appelle par chez eux) commandé par Alexander « Alexx » Wesselsky qui nous affirme “nous avons trouvé la potion magique”. Pas de romains à l’horizon, mais surtout des riffs efficaces à souhaits dans la plus pure tradition de leur style, qu’ils agrémentent d’un visuel militaire froid, mais aussi d’une petite peluche trop mignonne d’ours polaire (qui était d’ailleurs disponible au merch) et d’une reprise à capella de notre hymne national, La Marseillaise, qui témoigne de l’attachement du groupe au public français. Pas de doute, le public apprécie, et comme le dit si bien le vocaliste : “Nous sommes fous mes amis”.
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Que l’on soit clairs dès le début : je n’ai jamais connu Nevermore que de nom et de réputation, je ne pourrai par conséquent m’autoriser une quelconque comparaison entre l’avant et le présent. Cette précision faite, c’est un groupe ultra-motivé que je découvre ici, avec quelques visages connus (Jeff Loomis et Semir Özerkan pour les citer), mais surtout un “petit nouveau” en la personne de Berzan Önen (chant) qui va mettre tout le monde d’accord avec sa voix exceptionnelle, le tout sous des lumières… confidentielles et peu clémentes, dirons-nous. Même si je ne suis toujours pas vraiment friand du Metal Progressif, les touches Groove/Thrash énergiques couplées aux incitations du vocaliste à la “I want you all to jump on this next song” fédérateur au possible m’ont fait passer un excellent moment.
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Ils sont pour certains la tête d’affiche du festival, le groupe à éviter pour d’autres, mais Within Temptation prend le contrôle de la Dave Mustage à l’heure dite, et si les lumières sont d’un pénible pour les photographes lorsque l’on essaye de photographier quelqu’un d’autre que la belle Sharon den Adel (chant) au centre de la scène, la setlist d’abord moderne en fera changer d’avis quelques uns. Pour ma part, c’est la période que j’apprécie le moins du groupe, mais au fil du show, certains titres plus anciens reviennent, et même si la fumée est également la grande invitée de ce show, je me laisse doucement aller à un brin de nostalgie, surtout lorsque l’on parle de morceaux comme Ice Queen et Mother Earth, qui sont visiblement découverts par une bonne partie de la fosse. Le show est assez comparable à ce dont je me souviens de celui du Hellfest il y a trois ans, mais il confirme que le groupe est toujours au top de sa forme.
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Retour dans les froides contrées finlandaises avec Omnium Gatherum, qu’eux aussi j’avais raté quelques fois dernièrement, et qui va rapidement se démener pour proposer un show aussi furieux et énergique que possible malgré l’heure tardive. Outre les sourires un peu provocateurs de Markus Vanhala (guitare), je retiens surtout les interventions de Jukka Pelkonen (chant) qui rit en lâchant “Bonsoir Motocultor ça va ? That’s all the French I know” avant de présenter le morceau suivant, puis qui nous propose ses meilleurs “oui oui France” et “perkele” à tout bout de champ. Mais trève de plaisanterie, lorsque les titres repartent, le vocaliste est très sérieux et nous propose tout comme ses camarades une performance de haut niveau, et les amateurs de Death Mélodique encore debout sont aux anges après l’heure de show.
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Attendre sagement pour retenter, ou tenter l’expérience Perturbator, telle est ma question du soir, et puisque vous lisez ces lignes, vous ne serez pas surpris (ou peut-être que si) de savoir que c’est cette deuxième option que j’ai choisi, vaillamment entraîné par mes colocataires du festival. Et bien que James Kent (claviers) semble destiné à s’identifier à un hélicoptère de combat tout en jouant, tant il headbangue à s’en rompre le cou, j’ai personnellement surtout vu sa silhouette, ainsi que celle de son batteur. Et si le public présent est bien décidé à finir la soirée sur cette boîte de nuit géante en plein air, pour ma part je rentrerai me coucher en me confirmant que la Synthwave, peu importe les influences des morceaux de la large discographie de l’homme, ce n’est pas pour moi.
La journée fut longue, mais non sans émotions. Entre les monuments qui nous piétinent sans ménagement, les pauses, les découvertes et les changements de plans inattendus, tout était fait pour me mettre à l’épreuve ! Pourtant, je ressors entièrement satisfait, et avec un niveau d’énergie proche du zéro de cette troisième journée !