Live Report : Motocultor 2026 – Day 4

Déjà le quatrième et dernier jour pour le Motocultor Open Air Festival 2026 !

L’expérience est toujours aussi plaisante, mais la fatigue gratte beaucoup, pourtant le line-up sera loin d’être aussi calme que je l’aurais aimé, malgré quelques choix stratégiques.

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Je commence donc en beauté avec Internal Bleeding, considéré par ses pairs comme l’un des pionniers du Slam Death, et qui va nous montrer que même s’il est l’heure du poulet rôti dominical de quel bois il se chauffe avec quarante minutes de pure brutalité. Si à l’installation, les musiciens sont calmes et disciplinés, ils deviennent de vrais démons dès le coup d’envoi donné, en particulier le fondateur Chris Pervelis (guitare) qui headbangue comme un furieux et le vocaliste Theo Vlahos qui arpente la scène pour expier le trop plein d’énergie. A l’inverse, la fosse reste d’abord relativement calme, savourant les parpaings que les américains lui envoient entre deux “merci my friends”, mais heureusement, les plus téméraires oseront enfin remuer un peu après les premiers titres passés. Selon moi, le groupe mériterait un créneau bien plus tard, mais surtout de revenir très vite !

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Après un petit moment de relâche, j’observe les balances d’Heretoir qui vont à mon grand désespoir s’éterniser et nous couper un titre de la setlist, mais les musiciens ne manqueront pas de se faire pardonner avec un départ explosif qui transporte immédiatement l’assemblée dans ce monde aussi sombre qu’onirique qui est le leur. Après avoir brillamment tissé leurs riffs, David “Eklatanz” Conrad (guitare/chant) ne manquera pas de présenter ses excuses pour les problèmes techniques, lâchant presque à bout de souffle “we’re doing the best we can now” pour finalement repartir dans ses volutes planantes et enivrantes. Le son est pourtant très bon pour les allemands, et l’intégralité de la foule les suit sans sourciller, surtout sur leur fameuse Golden Dust, l’un de leurs titres phares, mais je regretterai personnellement l’absence de mes favorites… tout en vous encourageant à aller les voir lors de leur prochaine tournée d’Octobre !

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Petit moment kitsch pour se préparer à la soirée avec les Néo-Aquitains de Killers, groupe de Heavy/Speed dont je n’avais absolument jamais entendu parler alors qu’ils existent depuis 1982 qui nous transmettra ses “amitiés du Pays-Basque” avant de placer des riffs simples mais efficaces. Malheureusement pour eux, il n’y a encore que peu de monde, probablement à cause de l’heure de la sieste, mais les présents semblent apprécier l’énergie et la bonne humeur communicative des musiciens qui prennent leur pied à jouer devant nous. Comme je l’ai mentionné, ce concert est mon premier contact avec le groupe, et si je ne peux vraiment juger la qualité de la setlist par rapport à leurs dix-huit albums studio (information vérifiée grâce à mon site de référence, Encyclopaedia Metallum), mais elle reste plutôt vive.

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Retour au Death Metal avec cette fois-ci les québécois de Cryptopsy qui sont eux aussi très calmes à la fin de leurs balances, mais qui vont tout donner avec un set d’une brutalité légendaire… du moins une fois l’intro Electro puis l’extrait de Metallica passé. Mais revenons à nos castors (l’animal emblématique de Montréal, leur ville d’origine, pour ceux qui se posent des questions) qui vont rapidement nous démontrer pourquoi ils font partie du haut du panier du Brutal/Technical Death Metal avec un enchaînement de titres dantesque et de très haut niveau à chaque instant, laissant à peine Matt McGachy (chant) présenter quelques titres à l’aide de “Motocultor, we’re gonna slit your fucking guts” ou nous remotiver avec des “I want to see bodies flying, can you do this?”. Les seuls temps morts du set seront les samples entre les titres qui permettent aux moshers de respirer un peu de poussière, et même si ce show était mon cinquième, j’ai déjà hâte du prochain !

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Passage par le Deathcore avec Fit For An Autopsy que je n’avais pas revu depuis quelques années déjà, et qui va débuter son set avec un doublé surpuissant : Lower Purpose et A Higher Level of Hate. Bien que n’écoutant qu’assez rarement les américains sur album, je reconnais que ce départ est de loin l’un des meilleurs du festival, et que même la petite pause qui permet à Joe Badolato (chant) de nous remercier, mais également de complimenter le groupe précédent, dont il est visiblement lui aussi fan. Le set reprendra avec la même virulence, surtout sur The Sea of Tragic Beasts, un de mes favoris, sur lequel il ordonnera “I want to see so many flying people”, et même si les slammeurs ont été relativement timides depuis le début du festival, ils se remettront en marche, et lui obéiront sans trop de souci jusqu’à la fin du set.

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Le ton deviendra un peu plus sombre lorsque Signs of the Swarm prend le festival d’assaut avec lui aussi des tonalités Deathcore affirmées, mais surtout cette touche dissonante et pesante sur laquelle David Simonich se plaît à gesticuler et hurler dans son micro, lâchant un énergique “it’s time to party baby” qui motive sans attendre la fosse. Comme ses compatriotes, le groupe enchaîne les titres à bonne allure, prenant tout de même le temps de nous remercier, et leurs riffs font tour à tour mouche, provoquant des mouvements plus ou moins organisés alors que le vocaliste harangue les slammeurs toujours plus nombreux dès qu’il le peut entre deux rugissements. Eux aussi ont bonne réputation dans le milieu, et ils n’ont surtout aucun mal à la tenir tant leur enchaînement est apprécié, et même si le frontman déclare “you guys have been amazing”, ils l’ont tout autant été !

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On change totalement d’univers pour le jeu de rôles grandeur nature sauce Doom de Castle Rat, groupe que tout le monde souhaite me faire découvrir (alors que vous avez quelques années de retard), et qui propose un show haut en couleurs, mais aussi en lenteur et en atmosphère épique sous la Bruce Dickinscène devant une fosse compacte et attentive. Si le son planant est plutôt bon de base, il faut reconnaître que The Rat Queen (guitare/chant) et ses compagnons d’aventure ont également le sens du spectacle, et même si comme la dame le dira “you have seen so many bands before”, ils restent l’un des plus originaux ! Le public est visiblement d’accord avec moi, vu les acclamations qu’ils reçoivent entre chaque titres, et il est certain que vous m’y reverrez plus d’une fois.

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Retour en plein soleil pour ma vengeance personnelle de la fin d’année dernière où Witch Club Satan avait donné un show à guichet fermé sans aucune possibilité de photo malgré nos demandes, et c’est cette fois devant un public encore plus nombreux que les trois banshees vont présenter leur Black Metal féministe et engagé. Le concept reste le même, et le Black Metal froid se mélange habilement à l’encens et aux messages des membres qui n’hésitent pas à s’interrompre pour déclarer “this is a safe place” ou “this is a ritual”, puis nous hurler “beauty is Satan, please silence”, rendant le flot du concert un peu saccadé, la bassiste n’hésitant pas à torturer son instrument avec un glaive. Côté public, la fosse reste attentive, et les riffs les plus énergiques sont salués de séance de headbang, mais ce qui est à la fois certain et un peu dommage, c’est que les différentes tenues choquent et font presque plus parler d’elle que les messages en eux-mêmes.

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Si je ne suis toujours pas un grand amateur de Hard Rock, en particulier des pionniers australiens, je suis le premier à reconnaître qu’Airbourne a magistralement pris la relève et nous le montre à chaque concert, celui-ci y compris ! Dès leurs premières notes, Joel O’Keeffe (guitare/chant) et ses comparses se donnent à 100%, assurant à leurs fans une énergie folle et communicative, si bien que toute la fosse ou presque chante avec eux, saute, frappe dans ses mains, et le phénomène ne fait que s’intensifier ! Le chanteur ne manquera pas de nous proposer à boire en lançant ses verres dans la fosse, mais on sent que l’interaction physique lui manque, puisqu’il va comme à son habitude se rapprocher encore et encore, finissant son set dans la foule, jouant sur les épaules d’un préposé, allant même jusqu’à se briser son habituelle canette de bière sur le crâne. Il l’avait dit : “here is some Rock and Roll”, et si un groupe incarne cet esprit plus que les autres à l’heure actuelle, c’est sans aucun doute lui !

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Nouveau passage sous tente pour apprécier la folie expressive de Deafheaven, groupe qui m’a souvent été recommandé mais que je connais au final assez peu, et qui ne manquera pas de m’envoûter avec son mélange brumeux et oppressant qui mêle Blackgaze et Screamo, deux styles saisissants qui me parlent énormément. Si l’intro est assez étrange, les musiciens vont vite changer la donne avec des riffs pesants complétés par le chant perçant de George Clarke qui fait vivre l’animosité presque malsaine par moments de sa musique, et qui captive là encore une fosse compacte qui se laisse porter à la fois par le son et par les plus excités. Le vocaliste nous encouragera à “go insane” tout en se frappant le visage entre deux hurlements viscéraux, et bien que n’étant pas familier avec son répertoire, le groupe me semble de plus en plus familier, comme s’il me transmettait son énergie aussi mélancolique qu’abrasive. Là encore, vous pouvez être sûrs que je ferai en sorte de ne pas manquer leurs prochains shows.

Pas de photos sur ce set pour ma part (car n’étant pas sur la liste choisie par le management), mais c’est bel et bien la légende du Heavy Metal Judas Priest qui est présente ce soir, et qui va nous interpréter une heure et demie de ses plus grands tubes. Pourquoi seulement les “plus grands” ? Car en plus de cinquante ans de carrière, le groupe mené par le charismatique Rob Halford (chant) n’a commis aucun faux-pas, et chacun de ses vingt albums nous offre au moins un hymne dédié à notre musique préférée. Alors certes, les musiciens ne sont plus tous jeunes, mais les vétérans Rob (presque 75), Ian Hill (basse, 74), Glenn Tipton (guitare, 78) et Scott Travis (batterie, bientôt 65) se démènent tout autant que leur cadet Richie Faulkner (guitare) et ses 46 ans ! Le public est plus que ravi de l’expérience, surtout dans ce festival que l’on qualifie tous de “familial” sans hésiter, et que la bonhommie du frontman ne fait que confirmer la chose, mais il faut également leur reconnaître un véritable sans-faute autant dans la prestation que dans le choix de la setlist. “Are you ready for some Judas Priest?” : oui, toutes les semaines s’il le faut !

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Dernière tente pour moi cette année, et c’est avec les franciliens de Shaârghot que je vais passer une dernière soirée en nightclub apocalyptique pendant que leurs lumières chaotiques tabassent mes rétines une dernière fois. Les shadows répondent à l’appel, beaucoup arborant les couleurs du groupe toute la journée, mais une fois le set lancé, les premiers rangs seront encore plus nombreux à le faire, car tous adhèrent au mélange moderne et accrocheur du groupe mené par Etienne (chant) dont l’énergie toujours présente semble encore plus décuplée, mais aussi grâce à ce cher B-28 (guitare/percussions) qui n’hésite jamais à sauter dans une fosse prête à le recevoir. Ils ont sorti le grand jeu pour leur première au Motocultor, et tous les artifices sont de sortie : lasers sur la guitare, billets à l’effigie des membres, Mantis qui renforcent le visuel déjà bien affirmé… impossible de passer un mauvais moment avec les Shaârghot !

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L’ultime concert du festival se fera avec la nouvelle mouture d’Arch Enemy qui a récemment intronisé Lauren Hart au poste de hurleuse, et même si les derniers échos étaient excellents, j’avais hâte de me faire mon propre avis, ayant été déçu de leurs dernières productions. Et pour le coup, ce n’est plus le cas ! Si certes, je ne suis pas au même point client de toutes leurs compositions, il faut dire que la jeune femme se donne pleinement pour les faire vivre au même niveau que les anciennes qui sont déjà largement appréciées. De leur côté, Michael Amott et Joey Concepcion (guitares) se répondent comme s’ils avaient 20 ans de moins, alors que la rythmique tenue par Daniel Erlandsson (batterie) et Sharlee D’Angelo (basse) est plus puissante que jamais, et le public le ressent, n’hésitant aucunement à s’exécuter sur les demandes. “Motocultor put your hands up” est devenu une constante à peine la phrase prononcée, et m’est d’avis que les courbatures seront (khaos) légions demain matin ! Je suis définitivement réconcilié avec les suédois.

Le Motocultor Open Air 2026, c’est fini ! Tant de bons moments passés, que ce soit devant les concerts, avec les camarades d’un moment, ceux de plusieurs jours, ou ceux que je connais depuis des années, et si pour beaucoup, la déprime post-festival frappe déjà… j’ai pour ma part trop de photos à traiter pour me le permettre !

Un grand merci aux groupes, aux festivaliers (qui ont dépassé le record), aux bénévoles, à l’organisation, à l’équipe presse, et à tous les autres pour avoir une nouvelle fois fait de cette édition une véritable réussite ! L’affiche de l’an prochain est déjà prometteuse, et m’est d’avis que les prochaines annonces la rendront encore plus savoureuse !

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