
Hesperia est prêt pour une nouvelle histoire.
Arrivant bientôt à ses trente ans, le projet mené par le multi-instrumentiste italien Hesperus (ex-Sulphuria) revient déjà pour nous offrir un neuvième album, intitulé Picenum (True Marchigian Black Metal Renaissance), avec la complicité d’Hammerheart Records.

Séparé en trois parties (et un prologue), l’album est d’une densité et d’une richesse incroyable, racontant histoires, mythes et légendes de la région des Marches, endroit dont le musicien est originaire, et qui lui tient à coeur de représenter sur les deux premières avant de lier la troisième avec son précédent album, l’intitulant Ritorno Fra Li Monti Sibillini (“Retour aux Montagnes Sibillines” en italien). Totalisant près d’une heure vingt, l’album reste bien entendu ancré dans le Black Metal, le glacial et sans compromis des années 90 aux influences médiévales, mais comporte également quelques interludes entre Folk et musique de la Renaissance, chose que le projet affirme clairement dans le nom de son album. Je m’y connais sans surprise assez peu sur cette dernière partie, mais l’intégration entre deux vagues de riffs cinglants et de grognements malsains soutenus par des claviers majestueux est parfaitement gérée, rendant le tout très théâtral à l’image des films muets d’horreur, et il est aisé de se laisser guider par le musicien. J’ai personnellement laissé l’album jouer tout en l’écoutant d’une oreille attentive, et les différentes phases semblent tellement naturelles qu’il serait presque impossible de considérer l’oeuvre comme une collection de titres, et bien que l’on sente une différence entre l’atmosphère des trois parties (développant mon attirance personnelle pour la deuxième, composée des morceaux Lu Lupu Mannà et La Sdrega), j’estime qu’on ne peut écouter l’album autrement que d’une seule traite.
Que vous soyez friand de Black Metal glacial, d’atmosphère sombre et pesante ou d’histoire italienne, vous trouverez votre bonheur chez Hesperia. Picenum (True Marchigian Black Metal Renaissance) est loin d’être l’album le plus accessible de l’année, mais il figure sans aucun doute parmi les plus aboutis tant il est riche.
80/100