
Il est de nouveau temps pour Azgaal de s’élever.
Créé en 2000 par Naïwyn (chant/tous instruments) en France, le projet signe chez Fetzner Death Records pour la sortie de son neuvième album, Divine Hitman.

Versipellis propose d’abord un son inquiétant, puis massif et agressif mais assez froid, du moins jusqu’à ce que les grognements ne viennent hanter la rythmique, parfois complétés par quelques parties en chant clair lorsque les riffs deviennent un peu plus accessibles et accrocheurs, créant une dualité intéressante. On notera aussi un break particulièrement mélodieux qui permet de lancer le solo, puis le son s’embrase à nouveau pour nous mener à Dans les flammes du purgatoire, composition suivante qui reprend principalement les éléments aériens et le double chant pour tisser sa touche pesante, empruntant toutefois un peu au Heavy dans les leads. Le musicien passe à l’anglais pour The Reaper Comes to You, titre assez Old School et énergique infusé au Black/Thrash et affichant clairement sa vivacité ainsi que sa sauvagerie, mais l’atmosphère s’apaisera un moment avant une dernière vague d’énergie pour rejoindre La marche du pénitent, morceau où le français reprend le dessus pour nous conter cette histoire mélancolique et saisissante. Détour vers des tonalités plus majestueuses sans oublier la violence pour To the Ice Palace, titre entêtant où le musicien invite le guitariste grec Diman (Meden Agan) pour renforcer l’aspect théâtral, puis on repart sur l’aspect glacial avec Breaker of the Tides, morceau aux mélodies dissonantes et enivrantes du plus bel effet, complétant le chant clair assez lumineux. In the Bowels of the Sunken City nous offre un long passage instrumental travaillé, d’abord clair puis enfin saturé, créant un véritable moment de quiétude bienvenue avant qu’il ne s’intensifie, il permet de temporiser avant de rejoindre The Bewitched Souls qui verra le retour de la virulence, mais aussi du chant. J’ai l’impression de découvrir sur ce morceau une facette plus personnelle et viscérale de la musique de Naïwyn, influencées par des éléments différents des précédents titres avant de retourner à un son plus brut sur Finis Temporis, où le contraste reste présent tout en s’inscrivant dans des racines assez pesantes et mystiques. On retrouve cette même approche assez brute sur The Occultist Error, dernier morceau de l’album qui passe d’un riffing saccadé aux cris agressifs à des passages plus entêtants très mélodieux reflétant presque des touches Gothiques pour confirmer et accentuer la diversité sonore une ultime fois.
Si Azgaal reste profondément attaché à son Black Metal parfois froid mais aussi assez Old School, on notera sur Divine Hitman une dimension aérienne, mélodieuse et par moments même majestueuse, faisant passer l’intégralité des morceaux à un rythme très satisfaisant.
90/100