
Il est temps pour Miscreance de renouer avec la violence.
Désormais signé chez Season of Mist, le groupe italien connu de 2013 à 2018 sous le nom de Atomic Massacre et maintenant composé d’Andrea Feltrin (batterie/chant, Re-Animated), Andrea Granauro (guitare, Sofisticator), Tommaso Cappelletti (batterie) et Jean Claude Rossignol (basse, Re-Animated) dévoile son deuxième album, Reminiscence.

Trait d’Union ouvre l’album avec une touche pour le moins originale et inattendue, témoin d’une influence Prog lointaine avant le retour de la saturation et des racines Death/Thrash plus marquées et énergiques, arrêtées un moment par une voix samplée suivie par les habituels grognements caractéristiques du style. Le morceau est assez accrocheur, affirmant son approche complexe et travaillée que ce soit dans les harmoniques ou le passage en voix claire, puis le final inquiétant nous laisse avec Vision, morceau suivant qui semble déjà un peu plus traditionnel, proposant d’emblée la touche Old School furieuse, mais le groupe ne manquera pas d’ajouter sa touche originale avec des breaks et autres voix théâtrale, puis Scalp Ceremony nous propose une nouvelle accélération qui fera plaisir aux amateurs d’harmoniques perçantes. La violence fait rage sur ce morceau, nous incitant sans mal au headbang comme les musiciens savent le faire même en live, et si l’ajout des percussions peut surprendre, il reste assez cohérent avant de faire place à Synaptic Cortex Dissection qui s’ancre dans la dissonance tout en ajoutant des tonalités bien plus douces et vraiment inattendues. Le reste du morceau reste dans l’approche saccadée à l’extrême, tout comme sur Oracle’s Rift qui s’offre des effets rétro-futuristes côté chant qui ne sont pas sans rappeler l’influence évidente d’un groupe légendaire, et qui complète parfaitement le riffing chaotique avant un solo final mélancolique, suivi par de nouvelles percussions, pui par The Moaning Hill où le groupe repart d’abord à bonne allure, puis en laissant les leads freiner un bon coup pour mieux repartir. Les parties vocales sont presque plaintives, mais le titre est assez court, et il donnera à Symbiosis une atmosphère assez similaire tout en jouant avec des tonalités envoûtantes et là encore totalement inattendues qui s’orientent plus vers les sonorités Prog. Le groupe enchaîne avec Zenith of a Dying Sun, démarrant assez lentement et s’autorisant des incartades dans d’autres univers, que ce soit côté leads ou rythmique, puis l’album prend fin avec Mirage qui propose un son plutôt inquiétant et presque exclusivement instrumental pour laisser les musiciens se déchaîner une dernière fois.
J’ai découvert Miscreance sur scène un peu plus tôt cette année, et le moins que l’on puisse dire, c’est que le groupe sait jouer ! Je retrouve avec Reminiscence ce même chaos organisé qu’ils avaient déployé à Paris, et je sais que les amateurs de Thrash vont l’aimer !
75/100