
Exitium Sui a reforgé dans les ténèbres.
Trois années ont passé depuis la précédente sortie, mais E.S. (chant/tous instruments, Deadspace, Humanitas Error Est, ex-Cancer, ex-Lebenssucht…) n’est pas resté inactif. Soutenu par Meuse Music Records, il nous dévoile en 2026 son troisième album, Unravelling.

Only Death Remembers nous accueille avec une quiétude apaisante de quelques instants suivie par un véritable mur de riffs lents et majestueux hanté par les rugissements glaçants du musicien qui fait immédiatement revivre ce sentiment d’oppression qui nous serre la gorge en nous faisant traverser les ténèbres. On retrouvera cependant quelques moments de douceur lorsque nous rejoignons le piano mélancolique, mais la saturation reviendra donner son office, accompagnée d’une voix saisissante pavant la voie vers le retour des tons pesants avant de passer lentement à Draped in Black Flame qui va légèrement accentuer l’allure, et proposer un son accrocheur bien que très sombre. Les racines Black Metal évidentes agrémentent parfaitement la base Doom planante, créant une bande-son parfaite pour un paysage désolé en proie à l’abandon tout comme Drowning Viracocha qui démarre assez lentement en son clair, mais qui s’intensifie progressivement pour adopter des tonalités entêtantes alors que les vociférations éclosent naturellement de temps à autres. Il est également prévu un passage plus minimaliste où la voix claire nous accompagne un temps, mais là encore, la saturation refait bien vite surface pour nous balloter jusqu’au final, puis à Crippled by the God-Hand qui débute dans l’inquiétude et nous plonge dans son angoisse bouleversante et de plus en plus virulente qui ne disparaît même pas lors du break aux claviers. La reprise est tout aussi violente qu’impactante, faisant la part belle à des sons théâtraux pendant que les riffs déferlent, mais nous profiterons volontiers d’un moment de relâche offert par Sickness Flooding Nihil, interlude instrumental assez épuré où guitare et nature samplée se rencontrent, nous laissant respirer. La saturation refait surface avec Septikinesis, composition suivante où E.S. est épaulé par Drew James Griffith au chant, laissant les harmoniques voler entre les parties vocales qui suivent les différentes allures de la rythmique, notamment cet enfer de dissonance et de violence qui nous frappe avant de passer à Until the End Hath Found Us. Cette dernière composition nous enveloppe dans son voile de quiétude avant d’y inclure des leads mélancoliques en arrière-plan, puis de finalement lâcher les rênes par vagues, proposant d’abord lourdeur puis agressivité, et enfin une douceur enivrante pour clore l’album.
Cependant, le musicien nous a réservé une dernière surprise, une réinterprétation de Silence, morceau créé par le groupe Delerium qui n’a à l’origine absolument rien à voir avec son univers, mais dont les paroles résonnent résonnent parfaitement avec l’instrumentale qu’il a recréée, à la fois puissante et solennelle.
Une fois de plus, Exitium Sui a su frapper juste, remuant nos ténèbres intérieures tout en vomissant les siennes sur Unravelling. Nul doute que ses sonorités abrasives trouveront leur chemin jusqu’à votre coeur et votre esprit pour peu que vous vous laissiez submerger.
95/100