
Sigh a encore le feu impie.
Pour ce quatorzième album nommé Goh-ka, Mirai Kawashima (chant, Cut Throat, ex-Necrophagia), Dr. Mikannibal (chant/saxophone) et Nozomu Wakai (guitare, Ashrain, Destinia) ont fait appel à Frédéric Leclercq (basse, Kreator, Loudblast, Sinsaenum…) et Mike Heller (batterie, Black Hole Deity, Malignancy, Raven, ex-Fear Factory…), ainsi qu’au label Peaceville Records.

L’album débute sur la très étrange Kuso-shi 1, 2, and 3, composition qui nous fait voyager entre sonorités électroniques inquiétantes et éléments folkloriques japonais, mais qui va progressivement s’assombrir, notamment lorsque les parties vocales viscérales entrent en jeu. On retrouvera toutefois une certaine diversité enivrante dans le morceau, le rendant si unique et imprévisible, puis le groupe s’enflamme en passant à Jigoku-Zoshi 1: Unkamusho, titre bien plus virulent et orienté Black Metal dans sa rythmique tout en s’offrant des touches Heavy très mélodieuses du côté des leads. Le break permet de temporiser avant de revenir à cette rage Old School, puis de passer à l’apaisante introduction d’Anzenshokon, titre d’abord assez minimaliste puis qui se montre bien plus théâtral et imposant lorsque la saturation refait surface, assurant là encore une dualité parfaitement gérée, profitant de sa longueur pour faire durer l’une et l’autre des facettes. Le final cérémoniel nous mène à Kuso-shi 4, 5, and 6 qui reprend à son tour un ton assez pesant, presque même solennel tout en s’autorisant à naviguer entre différentes racines musicales, laissant Mirai hurler de temps à autres ou plaçant quelques choeurs aériens entre deux riffs envoûtants. L’angoisse façon film d’horreur va naître avec Shoso, interlude sinistre d’une petite minute, mais Unputenpu prendra vite le relai pour nous offrir des tonalités bien plus entraînantes, profitant de la patte de Costin Chioreanu pour une animation visuelle lugubre qui colle parfaitement aux expérimentations musicales du groupe. Retour au calme mais également aux ténèbres avec Jinmenjushin qui mêle éléments bruitistes et influences Folk avant que n’arrivent les premiers riffs, puis les différentes accélérations successives qui rythment habilement le morceau et créent même certains passages ultra-fédérateurs et d’autres bien plus posés comme celui qui rejoint l’infernale Jigoku-Zoshi 2: Tokatsujigoku. Il faut là encore s’accrocher pour encaisser la déferlante du groupe, profondément ancré dans un Black Metal ravageur fait de grognements et de blast, mais le titre est malheureusement un peu court, rejoignant vite Kushukankyo et sa quiétude planante. Nous reprenons après cet interlude par l’angoisse de Kuso-shi 7, titre bruitisme mais lui aussi assez rapide, puis l’album prend fin avec la très longue Kuso-shi 8 and 9 / Mettaijakujo, dernière composition aux claviers rétro-futuristes complétés par un riffing inégal, saccadé et parfois très lourd, mais aussi de ces diverses interventions vocales propres à Sigh qui peuvent passer des cris aux choeurs inquiétants en un rien de temps, voire même à des râles d’agonie, puis les tonalités bruitistes reprennent avant un final bien plus apaisant.
Très difficile d’approche mais d’une richesse incroyable, Goh-ka n’est pas juste un album supplémentaire de Sigh, il est une véritable interprétation aussi chaotique que saturée de Kuso-zu, les neuf stades de la décomposition selon le bouddhisme. Il est violent, il est macabre, il est parfois même difficilement soutenable, mais l’expérience est tout bonnement démentielle.
90/100
Quelques questions à Mirai Kawashima, tête pensante de Sigh, à l’occasion de la sortie du quatorzième album du groupe, Goh-ka.
Bonjour Mirai, et merci beaucoup de prendre le temps de m’accorder cette interview. Comment vas-tu ?
Mirai Kawashima (chant) : Je t’en prie. En fait, je viens tout juste de rentrer de la tournée américaine, donc je suis assez fatigué, mais ça va.
Première question : comment décrirais-tu la musique de Sigh sans utiliser de termes liés aux sous-genres du Metal, comme le Metal Avant-Gardiste, le Black Metal ou autres ?
Mirai : Je pense que ce qu’il y a de plus important dans la musique de Sigh, c’est le contraste entre la beauté et la laideur. Tout repose donc toujours sur ce contraste. Le contraste est l’élément central de notre musique, donc je dirais que c’est un mélange de laideur… de laideur et de bestialité, de laideur et de beauté. C’est sans doute la meilleure façon de décrire ce que nous faisons en quelques mots très, très simples, je suppose.
Je trouve ça vraiment intéressant. À l’époque, le groupe s’appelait d’abord Ultra Death, puis a rapidement changé de nom pour devenir Sigh. Qu’est-ce qui a motivé ce changement et comment lies-tu encore aujourd’hui le nom Sigh à la musique que vous jouez actuellement ?
Mirai : Eh bien, tu sais, Ultra Death était presque un groupe pour s’amuser. On jouait simplement des reprises de groupes comme Whiplash, Death, Darkthrone, Napalm Death. Nous n’étions qu’un groupe de reprises, mais nous avons changé de nom parce que nous avons commencé à composer nos propres morceaux. Et là encore, le nom Sigh évoque un contraste, car ce mot a de nombreuses significations. Il peut décrire quelque chose de beau et, en même temps, quelque chose de très effrayant. On pousse un soupir de soulagement. Donc oui, cela a beaucoup de sens. Le mot Sigh est donc très proche de la musique que nous jouons. Je suppose que c’est pour cela que nous avons choisi le mot Sigh comme nouveau nom lorsque nous avons commencé à composer nos propres morceaux en 1990.
Sigh sortira bientôt son 14e album intitulé Goh-ka. Que penses-tu de cet album ?
Mirai : Eh bien, il s’agit essentiellement d’une suite, tant sur le plan musical que lyrique, de Shiki, sorti en 2022. Donc c’est… Je peux dire que c’est un mélange de tout ce que j’aime : le thrash metal des années 1980, la musique traditionnelle japonaise, les films d’horreur, avec une touche de rock progressif des années 1960 et 1970 pour pimenter le tout. Je pense donc qu’il rassemble tout ce que j’ai aimé au cours des 40 dernières années environ ; je ne peux donc pas dire que ce soit encore un album très, très personnel, je ne sais donc pas trop comment il sera perçu par les fans, mais c’est quelque chose que je voulais créer. C’est quelque chose que j’avais envie d’écouter moi-même.
Le mot Goh-ka a trois significations : “le feu infernal qui brûle les pécheurs”, “un immense incendie qui réduit le monde en cendres à la fin des temps” et “le karma”. Comment reliez-vous ces trois significations au concept de l’album ?
Mirai : Le plus important est “le feu infernal brûlant les pécheurs”, car deux des morceaux, le n° 2 (Jigoku-Zoshi 1 : Unkamusho) et le n° 8 (Jigoku-Zoshi 2 : Tokatsujigoku), s’inspirent des peintures bouddhistes représentant l’enfer, qui montrent comment les pécheurs sont brûlés en enfer. De plus, le titre de l’album devait commencer par la lettre G, car nous avons le cycle “SIGH”. C’est pourquoi j’ai choisi Goh-ka comme titre, car il est lié aux thèmes de ces deux morceaux.
Comment résumerais-tu l’identité de Goh-ka en seulement trois mots ?
Mirai : Je ne sais pas, seulement trois mots… C’est difficile…
Tu peux en ajouter un autre si tu veux.
Mirai : Ouah, c’est difficile. C’est “la musique qui parle de moi” (“the music about myself” en anglais, ndlr).
Ça colle vraiment bien !
Mirai : Ouais, je crois bien !
Goh-ka sort à peine un an après le précédent album, qui était une réinterprétation de Hangman’s Hymn. Qu’est-ce que ça fait de composer quelque chose de nouveau plutôt que de retravailler d’anciens morceaux ?
Mirai : Tu sais, le réenregistrement de Hangman’s Hymn, ce n’était qu’un réenregistrement, donc je n’ai pas eu à écrire de nouvelles chansons. Bien sûr, j’ai modifié certains arrangements, juste un tout petit peu, mais globalement, les chansons sont restées les mêmes, donc je n’ai pas eu à composer quoi que ce soit de nouveau. C’est donc un processus totalement différent. Écrire de nouvelles chansons, c’est tout à fait différent de réenregistrer un ancien morceau. Mais le réenregistrement de Hangman’s Hymn a un peu influencé Goh-ka, car sur le dernier album, Shiki, je n’avais utilisé aucune orchestration ni aucun arrangement symphonique, car je n’aimais pas l’album Graveward, qui comporte beaucoup d’orchestration. J’ai donc essayé par la suite d’éviter les éléments symphoniques. Les albums Heir to Despair et Shiki ne comportaient ainsi aucun arrangement orchestral, mais après avoir réenregistré Hangman’s Hymn, j’ai pensé à réintroduire un peu de cela. C’est pourquoi Goh-ka comporte quelques passages orchestraux. Je pense donc que c’est l’une des plus grandes différences entre Shiki et Goh-ka, je suppose.
Tu as peut-être remarqué des changements dans le processus de composition ?
Mirai : Oui, parce que quand j’ai écrit les morceaux pour Shiki, je ne savais pas que Mike Heller ou Fred Leclerc joueraient de la batterie et de la basse ; à l’époque, j’avais prévu de travailler avec les membres de Sigh, mais la formation a changé. Mais quand j’ai écrit les morceaux pour Goh-ka, je savais que Mike jouerait de la batterie et Fred de la basse, j’ai donc composé un peu différemment, car en ayant ces musiciens exceptionnels à l’esprit, je n’avais pas besoin de me fixer de limites : ils peuvent tout jouer et je sais qu’ils apporteront quelque chose de frais et de nouveau à mes morceaux. En ce sens, ça a été plus facile pour moi d’écrire les morceaux de Goh-ka.
Sigh reste sans aucun doute fidèle à son son, mêlant des éléments d’Avant-Garde, de Black Metal, de Thrash, et tu as également mentionné des influences Prog. Peut-être t’inspires-tu de quelque chose de nouveau ces derniers temps ?
Mirai : Oui, je dirais probablement la musique traditionnelle japonaise. Je n’étais pas très attiré par ce genre de choses quand j’étais plus jeune, mais en grandissant, j’ai commencé à apprécier le chant traditionnel japonais et les instruments traditionnels, alors j’ai commencé à en apprendre quelques-uns. Des instruments japonais comme le shakuhachi ou le koto. Donc oui, c’est tout à fait nouveau pour nous, car au début, je ne voulais pas intégrer délibérément d’éléments japonais dans notre musique, mais aujourd’hui, je n’ai plus aucune hésitation à le faire. Je pense donc que c’est la plus grande différence, et ce sont ces éléments-là qui constituent les nouveautés dans notre musique, je suppose.
Comme nous l’avons mentionné plus tôt, l’album porte sur le “Kuso-zu”, une série de peintures ou d’illustrations bouddhistes représentant les neuf étapes de la décomposition du corps humain après la mort. Comment abordes-tu ce thème dans ton travail ?
Mirai : Eh bien, au départ, j’avais prévu d’écrire une chanson d’environ 30 minutes illustrant ces neuf scènes, mais lorsque la première chanson a atteint les 10 minutes, il était évident qu’elle était terminée. Elle n’avait pas besoin de plus. J’ai donc écrit à la place quatre morceaux dont les thèmes tournent autour de Kuso-zu, que j’ai placés avant les morceaux n° 1 (Kuso-shi 1, 2 et 3), n° 4 (Kuso-shi 4, 5 et 6), n° 10 (Kuso-shi 7) et n° 11 (Kuso-shi 8 et 9 / Mettaijakujo), je crois. Donc oui, parce que Kuso-zu est l’essence même du bouddhisme, à savoir “rien ne dure éternellement, il ne faut donc s’attacher à rien, pas même à sa propre vie”. Je voulais donc simplement exprimer ma vision de la vie et de la mort à travers le prisme du bouddhisme, et j’ai écrit ces quatre chansons aussi, mais ce n’est pas un message ni rien de ce genre, c’est juste mon sentiment à nu, juste pour exprimer ce que je ressens, tu vois, maintenant j’ai 56 ans et la mort se rapproche de plus en plus. J’écris sur la mort depuis que j’ai 20 ou 30 ans, et bien sûr, j’aurais pu mourir à 20 ans, mais euh… à l’époque, ce n’était qu’un fantasme. Mais aujourd’hui, ce n’est plus un fantasme : on pourrait mourir dès aujourd’hui, pour de vrai. Je voulais donc simplement exprimer ma peur de la mort à travers l’art bouddhiste ; c’est ça, Goh-ka.
Peut-être as-tu une chanson préférée sur Goh-ka ?
Mirai : Personnellement, je trouve que la chanson n° 4 (Kuso-shi 4, 5 et 6) est la meilleure. Je ne sais pas ce qu’en penseront les fans, car à chaque fois, ma préférée est différente de celle des fans, mais pour l’instant, je pense que la chanson n° 4 est la meilleure de l’album.
Et quelle chanson a été la plus difficile à réaliser ?
Mirai : Eh bien, la chanson n° 7 (Jinmenjushin). Ça a été très, très difficile. Au départ, elle était bien, bien plus courte, mais j’avais l’impression qu’il manquait quelque chose et j’ai continué à y ajouter de nombreux éléments. Elle a fini par durer 6 minutes, voire 6 minutes et demie, mais je ne suis toujours pas sûr que ce soit la bonne solution. La chanson n° 7 est donc la plus difficile, et pourtant, je ne suis pas certain qu’elle soit parfaitement aboutie.
Tu penses donc peut-être t’être amélioré en tant que compositeur, musicien et chanteur avec ce nouvel album ?
Mirai : Oui, je pense bien. Parce que mon chant est beaucoup plus émouvant. Il comporte beaucoup… J’utilise beaucoup de techniques de chant différentes inspirées de certains chants traditionnels japonais ancrés dans le bouddhisme, et bien sûr, en tant que compositrice, je pense avoir beaucoup mûri et je suis certaine que mes compositions sont les meilleures de Goh-ka, c’est sûr. Je peux donc dire que j’ai mûri à la fois en tant que musicienne, chanteuse et compositrice, mais aussi en tant que personne, je suppose.
Parlons maintenant des concerts. Comment vis-tu un concert de ton point de vue ? Que se passe-t-il en toi et dans quel état d’esprit montes-tu sur scène ?
Mirai : J’essaie toujours de rendre le spectacle aussi théâtral que possible. C’est un concert “en direct”, il ne s’agit pas seulement de jouer de la musique, mais on essaie d’avoir l’air très… on a nos costumes et le décor doit aussi refléter notre musique, donc oui, ça doit être très visuel et bien sûr, la musique elle-même est très importante, donc tout y est, et quand on le peut, on utilise du feu, du sang et tout ce qu’on peut, parce que j’ai toujours été un grand fan de groupes comme Kiss et Merciful Fate. La scène est toujours théâtrale, et ce n’est rien de plus. C’est bien plus que de la simple musique, et c’est ce que nous essayons d’incarner. Nous essayons de faire quelque chose de très proche de ce qu’ils font. Je crois que nos concerts sont sur YouTube, donc si tu veux, tu peux y jeter un œil et venir nous voir, car nous partons en tournée en Europe en septembre.
On parlera de la tournée un peu plus tard, pas de souci ! Alors, tu as peut-être des rituels ou des habitudes avant ou après le concert ?
Mirai : En fait non, parce que je sais que certains groupes le font, mais ça fait 35 ans que je fais ça, donc je n’ai plus besoin de ce genre de choses. Je peux me mettre dans le bon état d’esprit pour les concerts à tout moment avant le concert.
J’ai eu la chance d’assister à votre concert à Paris en 2023. Le groupe était un trio composé de vous à la basse et au chant, de Nozomu Wakai à la guitare et d’un batteur. Allez-vous conserver cette formation pour la prochaine tournée européenne ?
Mirai : Pour la prochaine tournée européenne, nous serons au complet. Parce que parfois, on part aussi en tournée en trio. Cette année, on a fait une tournée en trio en juillet et donné quelques concerts en Europe, mais on a juste joué les anciens morceaux des premiers albums, de Scorn Defeat à Hail Horror Hail. On continuera donc à le faire à l’avenir, mais pour la tournée de septembre, on sera au complet.
Il y aura donc peut-être quelques morceaux de Goh-ka dans la nouvelle setlist ?
Mirai : Oui, bien sûr, car cette tournée est organisée pour promouvoir Goh-ka. On jouera donc à coup sûr quelques titres du nouvel album !
Comme tu l’as dit, vous partez désormais en tournée avec un groupe au complet, et il arrive parfois que ton fils et ta fille en fassent partie. Comment parvenez-vous à créer une présence scénique et à faire fonctionner la musique avec eux sur scène à vos côtés ?
Mirai : On a dû les emmener en tournée parce que, tu sais, quand les parents partent en tournée, personne ne s’occupe d’eux. Au début, on se contentait de les emmener avec nous, mais un jour, ils ont commencé à dire : “Oh, on veut monter sur scène nous aussi”, alors on a commencé à les faire monter sur scène. Au début, ils se contentaient de tenir un crâne sans rien faire, mais aujourd’hui, ils font tous les deux partie d’une fanfare et jouent de la trompette et des percussions. Je pense donc qu’ils peuvent désormais apporter une contribution musicale sur scène ; ils peuvent aussi s’occuper d’autres accessoires, comme un livre qui fume et ce genre de choses. Je pense donc qu’ils auront un rôle beaucoup plus important lors des prochains concerts, car ils grandissent et mûrissent, et sont désormais capables de gérer bien plus de choses qu’auparavant.
Donc, pour la prochaine tournée européenne, vous partirez en tournée avec le groupe Devil Master. Est-ce que tu les connaissais déjà avant que leur participation ne soit annoncée ?
Mirai : Oui. Leur nouvel album sortira également en septembre, et j’ai d’ailleurs joué du clavier sur l’un des morceaux. Je les ai rencontrés aux États-Unis l’année dernière, lorsque nous avons joué au Maryland Deathfest. Nous sommes donc en contact avec eux depuis longtemps déjà. Ça fait des années qu’on parle de partir en tournée ensemble. Ça va enfin se concrétiser. Leur musique est elle aussi fortement influencée par la culture japonaise, donc c’est… Je pense que c’est la combinaison parfaite pour une tournée commune.
C’est vraiment génial ! Le dernier concert de la tournée aura donc lieu à nouveau à Paris, au même endroit que la dernière fois. Tu as aimé cette salle ?
Mirai : Oui, parce que je suis aussi très attirée par la culture française, je parle même un peu français, et la France est toujours une grande source d’inspiration pour moi. J’adore beaucoup de compositeurs français comme Debussy, Olivier Messiaen ou Éric Satie. Bien sûr, j’adore Gainsbourg. Donc oui, j’adore toujours venir en France. C’est sans aucun doute l’un de mes pays préférés.
Tu sais peut-être si tu auras du temps libre pour y retourner ?
Mirai : J’espère bien, oui, j’adorerais venir en France et y rester quelques jours. Je ne l’ai pas encore fait, mais j’adorerais y passer un peu de temps.
Alors, quelle sera la prochaine étape pour Sigh après la sortie de l’album et la tournée européenne ?
Mirai : Eh bien, je ne sais pas, il est question d’une tournée mondiale, mais je ne sais pas… Pour l’instant, nous devons assurer la promotion du nouvel album. Ensuite, je devrai réfléchir à la suite.
Ce sera ma dernière question, et la plus amusante : la dernière fois que nous avons discuté, je t’avais demandé de comparer la musique de Sigh à un plat, et tu avais répondu “des pâtes, du curry ou des ramen”. Ma question est la suivante : y a-t-il un film ou un livre qui, selon toi, ressemblerait à Sigh ?
Mirai : C’est une question difficile, mais mon coup de cœur personnel, c’est le cinéma italien, les films de zombies des années 80, comme ceux de Lucio Fulci ou de Dario Argento, et j’adore les compositeurs comme Fabio Frizzi et Goblin. Ces films et leurs bandes originales sont une grande source d’inspiration pour Sigh. Je dirais donc probablement Beyond the Gates of Hell, c’est le meilleur exemple. Il illustre bien ce que nous faisons musicalement.
Je suis moi-même un grand fan de films d’horreur, donc je suis d’accord. Comme je l’ai dit, c’était ma dernière question, alors encore une fois, merci beaucoup et le mot de la fin de cette interview t’appartient !
Mirai : Merci beaucoup pour cette interview, nous revenons en Europe en septembre, alors si vous êtes dans le coin, ne manquez pas ça !
Je ne le manquerai pas. Merci beaucoup, Arigato gozaimasu !