Review 3415 : Static Abyss – The Dying Hunt

Jamais deux sans trois chez Static Abyss.

Trois ans après leur second opus, Greg Wilkinson (guitare/basse, Autopsy, Brainoil…) et Chris Reifert (chant, Autopsy, ex-Death, ex-Abscess…) s’allient avec Chad Gailey (batterie, Necrot, Mortuous, live pour  Autopsy…) pour leur troisième album, The Dying Hunt, avec le soutien continu de Peaceville Records.

On attaque directement dans le vif du sujet avec Skull Blasted, un premier titre assez direct aux racines Old School efficaces et virulentes qui n’hésite toutefois pas à s’autoriser de petites excentricités, notamment avec des mélodies aussi douces qu’inquiétantes pendant que Chris vocifère. Le mélange reste très efficaces, tout comme sur Lobotomized at Last qui profite lui aussi de claviers pour soutenir ses riffs bruts et saccadés, affichant un groove accrocheur entre deux explosions de blast qui nous piétinent l’esprit et permettent de proposer un rythme virulent. Le contraste avec les quelques parties plus calme comme le final théâtral est parfaitement géré, tout comme l’arrivée du morceau éponyme The Dying Hunt et ses touches Death’n’Roll entêtantes suivies de moments majestueux et angoissants avant une nouvelle accélération, mais le schéma se répète, et le titre propose une grande diversité avant de passer aux influences Grind de la courte Wall of Delusion et de sa violence contagieuse. Retour à un Death Metal plus classique sur Once a Corpse (Always a Corpse), le titre suivant qui s’embrase sans prévenir, restant dans une approche efficace qui saupoudre quelques harmoniques dissonantes à souhaits de temps à autre avant de les rendre angoissantes sur Bleeding in the Fog, morceau qui se prête aisément aux films d’horreur des années 80 grâce à une ambiance oppressante. Les accélérations restent violentes et appréciables, alors que l’on trouve une touche de folie enivrante supplémentaire sur Sinew Leech, assurant là encore un contraste marqué entre les différentes parties du morceau, empruntant même parfois au Death/Doom sa lourdeur. Nowhere Forever prend le relai avec une recette similaire, proposant à la fois des passages solides et sans concession mais également certains moment plus atmosphériques et destinés à nous faire remuer le crâne plus doucement tout en savourant les tons plus brumeux. Le titre est assez long, à l’inverse de Defleshed & Forlorn qui va renouer avec le chaos organisé et les riffs saccadés pour nous matraquer avant que Volcanic Womb ne prenne le relai, et bien qu’il dure plus longtemps, il emprunte d’abord le même chemin. Le morceau va bien évidemment ralentir et retrouver des touches imposantes avant de passer la main à Darkness at the End of the Light, ultime composition qui reste ancré dans sa lenteur pesante pour mieux nous écraser sur la première moitié, puis qui se laisse gagner d’un seul coup par la rage pour nous surprendre et ainsi refermer l’album en beauté.

Static Abyss prend une direction parfois un peu différente de ses deux premières sorties, et si l’addition d’un membre supplémentaire y est peut-être pour quelque chose, The Dying Hunt se démarque par son efficacité, mais aussi ses surprises.

85/100

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