Live Report : Mennecy Metal Fest 2026 – Day 2

Comme à l’accoutumée, le Mennecy Metal Fest démarre avec une conférence de presse.

Celle de Jean-Philippe Dugoin-Clément, maire de Mennecy, et suivie cette année d’un show exclusif d’un artiste repéré par Musiko Eye, Tanork !

C’est Raven qui se chargera d’assister à la conférence de presse et au showcase, voici ce qu’elle en a retenu : si la journée d’hier a été très peuplée, celle d’aujourd’hui sera officiellement sold-out dans la journée, une véritable première dans l’histoire du festival qui maintient sa jauge à 9/10 000 personnes comme l’an dernier. Le budget a également été parfaitement maîtrisé, et les 500 000€ de dépenses seront à 80/90% rentabilisés. L’équipe municipale a également salué le travail des vingt-trois choristes qui ont répété pendant une semaine afin de pouvoir accompagner Tagada Jones sur non pas un, mais bien trois morceaux à la demande du groupe. Il semble que le festival soit pérennisé pour encore de nombreuses années !

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Puis le maire cède la place à Tanork qui envoie rapidement du lourd ! Malheureusement cette année ils n’ont pas pu profiter de la petite scène et ont donc dû se contenter de la salle intérieure, ce qui nous a donné un show très statique avec du headbang. Mais les bretons ne se sont pas laissés impressionner par la salle remplie au-delà de sa capacité (ça doit leur rappeler Le Klub où ils ont joué en début d’année) et nous ont délivré un show brutal et efficace ! Même si leur set s’est terminé de manière un peu précoce, il était intense, et on aurait bien repris un second round !

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Premier groupe à fouler la Menn’ Stage, Hope As A Weapon est un groupe belge qui a remporté le tremplin du Stock (bar emblématique de la musique saturée à Mennecy) et qui nous propose un mélange entre Metalcore, Hardcore et Metal Alternatif plus doux. Il n’y a encore que peu de monde, mais les rythmiques efficaces vont attirer les curieux, et si les mouvements de foule ne sont pas encore à l’ordre du jour, le groupe ne se laisse pas décourager, alignant ses riffs saccadés pendant que Max (chant) arpente la scène, alternant screams et chant clair, laissant à son bassiste quelques parties Rap. Très peu client du mélange, je leur reconnaît tout de même une certaine maîtrise de leur élément malgré que le groupe soit encore assez jeune (à peine plus d’une année, si j’ai tout suivi).

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Deuxième performance de la journée, et c’est déjà une valeur sûre qui se présente  à nous, les lyonnais de DeadlySins, que j’avais découvert dans leur fief l’an dernier, et qui vont proposer là aussi un show assez similaire, mais rempli d’énergie brute à faire pâlir les sportifs de haut niveau ! Guitaristes, bassiste et batteur alignent sans sourciller leurs riffs, mais c’est bel et bien vers Mathieu (chant) que les regards se tournent tant l’homme est survolté, tenant à peine en place sur scène, si bien qu’il rejoindra les crash barrières dès le deuxième morceau, haranguant une foule visiblement prise au dépourvu. Il est peut-être encore un peu tôt pour la joyeuse petite bourgade de Mennecy qui mettra un peu de temps à vraiment rentrer dans la danse, mais comme l’a si bien dit le vocaliste “ce logo, il représente pour nous violence, pas concession et Thrash Metal”, et les spectateurs l’auront au final bien compris tant le groupe s’est donné à fond !

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On passe à un groupe qui semble très attendu par l’assemblée, Bukowski, qui est actif sur la scène francilienne (et même hexagonale) depuis un bon nombre d’années, mais que je n’ai encore jamais vu, et qui – malgré une épreuve de taille – s’est relevé plus fort pour continuer à jouer. Leur Stoner est certes groovy, mais surtout assez vif par moments, permettant aux musiciens de headbanguer (ou de tournoyer, pour le bassiste), et Mathieu Dottel (guitare/chant) n’a qu’à lâcher “du bruit, maintenant !” pour s’attirer quelques centaines de mains en l’air et de cris d’acclamation. Etant passé à côté depuis leurs débuts, je ne suis absolument pas familier avec leur répertoire, mais les différentes influences qu’ils affichent en plus de leur base grasse est loin d’être désagréable à l’oreille, et ils méritent clairement leurs applaudissements.

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Retour à la Eye Stage pour le show sous le signe du Hard Rock et du Glam de Sleazy Town, groupe que j’avais déjà vu presque au même endroit il y a quelques années, et qui “jouent du fucking Rock’n’Roll”, d’après ce que déclare Andy Dean (chant), arborant son plus beau t-shirt Eminem. Vous l’aurez compris, le style est assez loin de mes préférences, mais de ce que j’entends, ça semble plutôt bien fait, les musiciens aimant également jouer avec un public assez timide mais réceptif qui profite du son vintage et des amplis fumants entre deux parties lead assez mélodieuses. Je ne m’attarderai pas plus de trois titres, mais les retours que j’ai eu sont tous positifs, je n’ai donc pas de raison de leur en vouloir de faire ce qu’ils aiment, et encore moins de le faire avec passion !

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Je retrouve mes préférences musicales avec nos locaux de Houle, dont le décorum est toujours aussi morbide, à en juger par les statuettes de mouettes empalées sur scène, puis du sample marin comme à leur habitude pour accueillir l’arrivée des musiciens. Pas de temps à perdre, les titres sont enchaînés pendant qu’Adsagonda (chant) entre avec sa lanterne avant de hurler comme une banshee, et la fosse est immédiatement subjuguée par la puissance du groupe. Le show est intense, glacial et surpuissant, montrant que bien que jeunes, les musiciens savent parfaitement mener le navire à travers les tempêtes les plus sombres qu’ils nous content, et les seuls moments de répit serviront à la vocaliste qui hurlera “Mennecy!”, haranguant un public déjà conquis. Si les festivals ont l’avantage de réunir un line-up généralement éclectique, le public l’est également, et quelques slammeurs viendront troubler la quiétude de leurs riffs abyssaux qui déferlent sans merci, et si je trouve qu’une scène légèrement plus petite aurait contribué au chaos visuel qu’ils déploient, le groupe a une fois de plus conquis ses terres.

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On passe à un autre type de violence, celle plus brutale et directe de Gurkkhas, groupe breton qui s’est reformé il y a peu pour continuer de nous conter l’histoire des Gurkhas (à ne pas confondre avec les Goréens comme j’ai passé la journée à le faire) et qui par conséquent adopte un look sobre, mais une puissance de frappe évidente. Si M50 (chant) est sans aucun doute l’un des plus expressifs du festival, alignant hurlement et rugissements de manière quasi-continue, ses musiciens headbanguent à tout va, plaçant harmoniques sanglantes entre deux parpaings rythmique pendant que la fosse se laisse rouler dessus, tentant parfois de remuer un peu. Entre deux “Salutations guerrières”, les morceaux sont présentés par le fondateur du groupe, visiblement animé de la volonté de marquer les esprits, et leurs riffs sont là pour ça, s’abattant tels des masses invisibles sur le public présent, qui a sans aucun doute pris ce que l’on appelle communément dans le jargon : une énorme claque.

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Nouvelle touche de gaieté dans ce monde de brutes avec le Punk/Rock Celtique (j’vous jure, on ne croirait pas avec ce nom) de Celkilt, formation à l’énergie communicative basée entre Lyon et Roanne – mais dont le coeur est ouvertement plus axé vers la Bretagne – qui ne perd pas une seule seconde et débute un show accrocheur à souhaits qui va emporter l’intégralité de la fosse en un rien de temps. Même si comme le souligne Titou MacFire (guitare/chant) le temps n’est “pas très breton” vu le soleil qui tape doucement, les titres du groupe motivent la foule, soulevant quelques nuages de poussière qui rendent parfois les musiciens sautillants peu discernables, mais le public n’en a que faire, et les éclats de voix se mêlent à ceux du groupe. Même si le style du quintet est bien trop joyeux à mes oreilles, je ne peux qu’admettre qu’il a fédéré et maintenu le public en haleine avec nombre de moshs, un beau wall of death et même le bassiste dans la fosse au fil du set, et je ne peux que vous encourager à prendre votre place pour leur date à La Cigale si vous avez raté ça !

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On repasse du côté de la Eye Stage qui s’apprête à vibrer au son du Hard Rock pour le show de Charcoal, groupe dont je vois le nom depuis quelques temps déjà mais que je n’ai jamais pris le temps de découvrir, et qui va distiller un son chaud et entêtant comme on sait en faire depuis les années 80, et dont la tradition perdure visiblement. Les quatre gaillards sont en forme, n’hésitant pas à haranguer ou à nous proposer de nous rapprocher entre les titres, mais une fois que leurs riffs repartent, ils semblent habités par leur musique, les deux guitaristes et le bassiste prêtant leurs voix pour les refrains. Je suis assez peu sensible à ce gros Rock burné que l’on appellera affectueusement le “Hard de Daron”, mais le groupe est tellement impliqué que je passerai même un bon moment en leur compagnie, tout comme tout leur public, qui aurait bien repris un ou deux titres !

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Leur créneau n’a pas encore débuté que les Locomuerte sont déjà sur le pied de guerre, laissant leurs samples attirer habitués et curieux, mais une fois que le coup d’envoi est donné, ce n’est pas avec un air de salsa que les quatre chican… franciliens vont partir en guerre, mais bien avec un Hardcore énergique et virulent qui leur permet toutes les fantaisies ! Les musiciens sont visiblement décidés à exploser leurs stats de running en arpentant la scène en quasi-permanence lorsqu’ils ne sont pas en train d’aider El Termito (chant) aux choeurs, pendant que ce dernier joue avec sa longue, très longue tresse bleue, et essayer de garder tout ça dans le cadre, c’est sport ! La machette est bien évidemment plantée dans le totem central à l’issue du premier morceau, mais le public est déjà en pleine forme, alternant slams, circle pits et autres mouvements désordonnés pendant que le groupe joue, et ce dernier en redemande, nous incitant à toujours remuer plus que de raison avant de relancer la machine ! Si pour ma part je ne l’étais absolument pas, le public était bien “loco”, c’est une certitude.

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Retour au Death Metal bien épais avec les polonais de Sphere dont ce show marque leurs premiers pas en France, et qui semblent bien décidés à marquer le coup avec des riffs épais et intransigeants qui n’ont rien à envier aux pointures du style. Le (nouveau) vocaliste Damien Boynton semble toutefois un peu timide au premier abord, restant assez concentré pendant qu’il rugit alors que ses camarades n’hésitent pas à se mettre en avant pendant que la rythmique frappe à bonne allure, mais une fois qu’il lâche “we came with one single aim, destroy fucking all”, le ton change. La fosse se remplit à vue d’œil, commençant même à remuer pendant que les musiciens enchaînent leurs titres forgés dans la tradition de leur pays, proposant un son agressif et imposant qui me fait me promettre de me pencher sur leurs albums à l’avenir. Les clichés ont la peau dure, mais c’est cette fois-ci pour le plus grand bonheur de nos conduits auditifs qui se font sauvagement malmener.

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Changement total d’ambiance avec les Punks de Tagada Jones qui célèbrent leur troisième venue à Mennecy avec un show haut en couleurs, à commencer par la présence avec eux de performers qui joueront d’abord avec des bâtons enflammés, puis qui reviendront tout au long du concert proposer quelques étincelles, agiter des drapeaux aux couleurs du groupe ou même lancer des ballons. Le groupe d’ailleurs, va faire défiler ses titres engagés, et profitera des quelques pauses pour nous parler, demandant notamment des applaudissements pour le batteur qui s’est blessé à la jambe mais assure le show, ou présenter la chorale de Mennecy qui les rejoindra à trois reprises. Je n’aime toujours pas leur style, je n’aime toujours pas inclure des messages politiques dans la musique, mais je dois bien admettre que Niko Jones (guitare/chant) a bien raison : “si on est tous là ce soir, c’est grâce à vous merci à vous de continuer à supporter tous ces artistes !”, et on va continuer à le faire.

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Dernier passage en Eye Stage pour une autre exclusivité, le grand retour de Crest of Darkness, groupe norvégien qui s’était fait plus que discret dernièrement, et dont même les shows dans leurs terres se comptent sur les doigts d’une main. Si du haut de ses soixante-trois ans Ingar Amlien (basse/chant) est le seul arborant un corpse paint, ses camarades sont visiblement très heureux d’être là, et la noirceur de leur musique s’en trouve décuplée tant le trio est en forme. La communication est réduite au minimum syndical, mais le son est excellent, manquant peut-être d’une deuxième guitare pour renforcer la rythmique lors des solos cinglants, et les présents savourent cette rareté ténébreuse qui se déroule devant nous. Le meneur n’hésite pas à grimacer, s’avançant aux côté du guitariste pendant que la fosse s’agite de temps à autres sur les parties les plus abrasives du show, et les lumières suivront la fureur ambiante, nous offrant quelques flashs destinés à abattre les rétines de quiconque les regarde trop longtemps. J’espère ne pas avoir à attendre dix ans pour le prochain passage…

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Dernier show de la journée, les pirates d’Alestorm et leur désormais tout aussi célèbre canard en plastique, le bien nommé Shaun, qui trône en plein centre de la scène, et qui attirera tout autant les regards que les cinq musiciens qui déboulent à toute allure pour commencer à jouer. Je n’avais pas vu le groupe à l’oeuvre depuis huit ans, et la déception était telle que je ne m’attendais à rien ce soir, mais je me retrouve à ma grande surprise à trouver accrocheurs les riffs des protégés de Napalm Records qui nous content leurs plus ou moins vaillantes épopées entre deux verres de rhum et autres abordages. Du côté du public, tout le monde se prend au jeu, que ce soit en slammant, remuant ou jouant avec les canards lancés qui rebondissent et finiront par faire partie intégrante de la fosse alors que les pirates sont toujours plus énergiques, laissant tout de même le capitaine Christopher Bowes (chant/keytar) lâcher quelques traits d’humour tel que “we’re Alestorm, but you probably know this” ou présenter les morceaux. La setlist est bien construite, explorant les hits tout en laissant un quart au dernier album en date The Thunderfist Chronicles, chaque instrument est parfaitement audible, le chant est repris en choeur par tous les membres (félicitations à Elliot Vernon pour avoir assuré les hurlements les plus virulents) qui sont parfois accompagnés par un sixième gaillard sur certains titres… à part dire que ce n’est plus vraiment ma chope de bière, je n’ai aucune mauvaise critique à leur faire tant tout est maîtrisé !

La deuxième journée s’achève dans le Parc de Villeroy, et quelle journée ! Premier sold-out de l’histoire du Mennecy Metal Fest, et ça se sent : la circulation est relativement complexe à certains moments stratégiques, mais les concerts sont plus animés que jamais. Une fois de plus, la diversité rend le festival appréciable pour tous, et pépites comme surprises ont défilé aujourd’hui !

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