Review 3416 : ii – Ars Erotica Volume 1

-ii- navigue avec envie.

Suite à la sortie de son dernier album, le groupe dont le nom se prononce “two eyes” mené par la chanteuse Hélène Ruzic et le multi-instrumentiste Benjamin Racine propose cette année un nouveau recueil de compositions nommé Ars Erotica Volume I.

Nous démarrons avec No Angels Allowed, un premier titre assez aérien aux percussions intrigantes qui finiront par accueillir la voix d’Hélène, ajoutant une touche de mystère à l’atmosphère déjà assez sombre alors que l’instrumentale se mue en un groove brumeux et entêtant. Le morceau file tout seul jusqu’à The Excess, morceau suivant qui se montre immédiatement plus pesant, presque même angoissant alors que la chanteuse apporte une touche sensuelle évidente qui colle parfaitement à la thématique de ce mini-album et leur permet de se développer dans les ténèbres. On enchaîne sans transition avec Forbidden Door, composition légèrement plus minimaliste et presque même intime qui laisse alternativement place à chaque élément puis qui l’intègre au mélange pour des passages plus travaillés avant de prendre fin. No Shame prend le relai, troquant parfois sa touche de douceur pour des racines Shoegaze aériennes ou pour quelques choeurs en arrière-plan, puis on découvre une autre facette sonore presque tremblante avec Flying Ropes, le groupe mêlant pulsations presque organiques avec une dissonance bien plus épaisse. On se sent parfois étouffé par elle lorsqu’elle dure, mais Licorice viendra nous en libérer pour tisser la sienne, parfois assez similaire mais bien plus saccadée, nous permettant quelques moments de répit alors que les refrains sont plutôt rythmés, presque enjoués. Nous atterrissons sur Supreme, hymne à la libération du désir féminin et au consentement que le groupe rend enivrant grâce à ses tonalités sombres, avant de finalement laisser place à Liquid Love, dernier morceau où l’atmosphère redevient pesante mais relativement accessible, comme si le groupe voulait nous attirer une dernière fois pour mieux nous quitter.

Il est parfois difficile de traiter d’un tel sujet sans tomber dans le grivois, mais c’était sans compter la délicatesse de -ii-. Ars Erotica Volume 1 navigue toujours entre de nombreuses influences, mais le mélange enivrant sert parfaitement son propos.

75/100

English version?

Laisser un commentaire