
La révolte a sonné pour LUGOSi.
Célébrant cette année ses dix ans, le groupe mené par Fabien Claes (guitare/piano), Adrian Verdier (guitare), Arthur Bercovitz (basse/claviers), Lucas Joly (batterie) et Pieriv Ruys (chant) dévoile son deuxième album, The Scars, entre thématiques personnelles et constat politique.
David Fritz-Goeppinger, leur photographe, participe également aux voix.

L’album débute avec la courte mais rapidement très intense Matches qui affiche clairement ses riffs vindicatifs un peu chaotiques pendant que Pieriv hurle tout ce qu’il peut, collant parfaitement à l’approche entre Post-Hardcore et éléments plus bruitistes. Les quelques passages plus doux nous permettent de reprendre notre souffle avant de repartir à l’assaut pour finalement rejoindre Kate Whispers où la violence se retrouve doublée d’une pointe de mélancolie enivrante et entêtante, reflétée à la fois dans les guitares abrasives que dans les parties vocales plus sensibles. On notera également quelques choeurs pour renforcer l’intensité des cris, tout comme sur The Fire qui prend une direction plus orientée Prog, proposant des vagues successives d’agressivité puis de douceur avant le retour des sonorités pesantes avant d’accueillir Patrick Shiroishi (The Armed) au saxophone pour ce final anarchique. Another Downer nous autorise un court moment de répit avant de lâcher à nouveau les fauves, tissant toujours des touches dissonantes pour renforcer sa rage brute, et l’intensité monte jusqu’à ce break minimaliste pour mieux exploser avant de faire place à I Must Be Fine et son introduction relativement mélodieuse. Impossible de ne pas se laisser happer par l’embrasement lent mais palpable de ce morceau, mais une fois la flamme allumée, rien ne peut l’éteindre, et le groupe met un point d’honneur à l’entretenir sur tous les points avant qu’A Taste for Chaos ne prenne le relai, proposant ironiquement un son assez maîtrisé, même lorsque le vocaliste se déchaîne. Les harmoniques hypnotiques reviennent en force sur Ghosts of Christmas Past, morceau assez intrigant qui se révèle finalement être l’un des plus directs par moments, s’ancrant dans des racines Hardcore énergiques sur lesquelles les musiciens tissent leur furie. On retrouvera tout de même une petite accalmie avant un final plus doux, puis c’est avec and Nothing Hurt que la violence revient sous une forme assez brute, permettant au groupe de relancer la machine à chaque léger freinage, leur assurant un public déchaîné pendant leurs futurs lives. L’album prend fin avec la bien nommée Everything Ends, composition elle aussi à mi-chemin entre l’agressivité viscérale et les tonalités de plus en plus légères à la limite du Shoegaze accompagnée de la guitare de Paloma Ferlet, puis d’une section de cuivres qui l’aidera à rejoindre les derniers instants du morceau.
La personnalité musicale de LUGOSi est aussi changeante que ses convictions sont fortes, et si The Scars n’est clairement pas l’album le plus accessible de l’année, il est sans aucun doute l’un des plus viscéraux, permettant aux cinq musiciens une liberté créative rare.
80/100