
Il ne m’aura pas fallu bien longtemps pour retrouver le chemin des salles sombres parisiennes, répondant à l’appel de Sigh !
Pour cette dernière date de leur tournée Jigokuezu –An Inferno Over Europe 2026 en compagnie de Devil Master, le groupe a choisi d’accorder une fois de plus sa confiance à Garmonbozia Inc. pour investir le Backstage by the Mill comme il y a trois ans.
Après une longue heure d’attente, les pennsylvaniens de Devil Master s’installent avec un lent sample introductif pour placer l’ambiance pour distiller leur Black/Punk et influences Heavy avec une lumière violette qui aurait pu me plaire, si elle était un peu plus… présente. Car au delà du fait que le Punk n’est clairement pas mon genre de prédilection, les harmoniques enivrantes de Darkest Prince (guitare) occupent une place importante dans la musique du groupe, donnant à Disembody Through Unparalleled Pleasure (basse/chant) et Wrought by Fathomless Hands (batterie) la capacité de se lâcher de temps à autres, j’ai l’impression que le groupe aime recréer cette intimité peu observable. Le son est toutefois très bon, laissant les riffs et la voix propager leur crasse médiévale et leurs histoires angoissantes qui vont visiblement plaire au public, puisque si la majorité est attentive et immobile, on notera quelques excités qui apprécieront remuer au milieu de la fosse. Les seules interventions entre les titres auront lieu vers la fin, laissant bassiste puis guitariste lâcher un “Two more songs, thank you to everyone and to Sigh to bring us on tour” assurer un semblant de proximité, mais les musiciens reprendront aussitôt leur rituel, complétant un show hypnotique bien que parfois un poil répétitif à mon (unique et propre) goût.
Setlist: Enamoured in the Throes of Death – Black Flame Candle – Christ’s Last Hiss – Desperate Shadow – The Vigour of Evil – You Worms’ Vain Delusions – Sex With Succubus – Devil Is Your Master – Death Anthem – Precious Blood of Christ Rebuked – Acid Black Mass – Funerary Gyre of Dreams & Madness – Bloody Dreams
Trois années pour les trop rares Sigh qui – comme Mirai Kawashima (chant) me l’avait précisé en interview il y a quelques semaines – se présentent en groupe plus complet et théâtral que la dernière fois, laissant le leader assurer sa folie vocale en compagnie son fils Billion Kawashima, Yukiko Shibutani (basse), Tino Jäntti (batterie) et de Nozomu Wakai (guitare). Le terme théâtral n’est pas utilisé au hasard, car si son fils et son tambour sont au centre de la scène, le maître à penser du projet sait parfaitement orchestrer un show, que ce soit avec les lanternes sur le côté, les bandes ou les fausses flammes, mais aussi rien que leur comportement : tous savent exactement quoi faire à chaque moment. Si la bassiste restera dans le fond de la scène, étant même moins visible que le batteur qui s’offrira un solo, les autres musiciens sont en permanence en train de nous offrir un show digne des grandes heures du kabuki, enchaînant moments de calme avec des passages furieux qui suivent toute leur discographie, et là encore, le public répond présent. Il n’y avait qu’à entendre cette acclamation lorsque Mirai a annoncé Hail Horror Hail ou Corpsecry – Angelfall… Le guitariste n’hésitera pas à rejoindre le banc central pour ses solos, formant un excellent duo avec le jeune Billion, pendant que son père headbangue, le regard soucieux, sur scène. Le jeune garçon prendra même le katana de Nozomu, puis se versera du (faux) sang sur le visage pour assurer la performance, et rien que de voir une telle implication, ça force l’admiration tant il vit les shows du groupe à sa manière, autant que Mirai vocifère ses paroles. Quelques artifices seront de mise, comme les livres fumants ou le solo au katana, et on se rend facilement compte que Sigh, c’est au delà de la musique, c’est au delà d’un groupe, c’est une expérience qui prend aux tripes du début à la fin, fin marquée par cette iconique reprise de Venom qui fait revenir la formation à ses racines, celles qui sont brutales, viscérales et qui hurlent “Lay down your soul to the gods rock’n’roll”.
Setlist: Unputenpu – Jigoku-Zoshi 1: Unkamusho – Hail Horror Hail – Shikigami – Curse of Izanagi – drum solo – Corpsecry – Angelfall – The Transfiguration Fear – Satsui – Geshi no Ato – Gundali- A Victory of Dakini – The Soul Grave – Me-Devil – Finale: Hangman’s Hymn / In Paradisum / Das Ende
Rappel : Black Metal (Venom cover)
Je ne saurais conclure une soirée comme celle-ci tant Sigh m’a époustouflé. Trente-six ans de carrière, un univers unique, une forme assurée, et surtout un concert démentiel dans une salle presque intimiste alors que le groupe mériterait cent fois cette audience ! Pour ce dernier concert, Devil Master a également assuré une performance sombre mais maîtrisée, et vous devez tous (même les absents) remercier Garmonbozia Inc. pour ce genre de pépites de la musique extrême.














