Review 3431 : Dysthymia – The Morning Darkness

Réveil difficile pour Dysthymia.

Deux ans après leur dernière sortie, Grushenka Ødegård (chant/guitare, Mourn the Stars) et Ray King (guitare/basse/batterie, ex-Dzö-nga, ex-Tengger Cavalry) signent avez Hypnotic Dirge Records pour la sortie de leur deuxième album, The Morning Darkness.

Ils sont aidés par Laniakea (batterie, Mourn the Stars) et Rosin Lludw (guitare).

L’album débute lentement avec I Live With What You Created, première composition d’abord presque silencieuse, puis un piano nous attire vers les riffs saturés lancinants peuplés par les cris désespérés de Grushenka et les harmoniques entêtantes de Ray. Le mélange nous captive aisément, s’offrant quelques accélérations faites de blast, mais on repère également quelques passages plus doux en chant clair qui contrastent avec les hurlements, et le son nous laisse dériver vers We Can Never Go Back et ses débuts assez apaisants qui deviennent finalement une ôde à la souffrance. Les parties vocales poignantes résonnent entre les riffs sombres mais planants, laissant une place assez proéminente à la basse rassurante, créant une sorte de lumières dans ces ténèbres avant que To Choose Life is to Choose Grief ne prenne le relai, affichant clairement une touche bien plus pesante. La guitare est également plus angoissante, et lorsque les mélodies tentent de nous hypnotiser, on se laisse ouvertement faire avant d’atterrir sur Until I Was Nothing, accueillis une fois de plus par un écrin de douceur qui, une fois ouvert, change drastiquement et nous traîne une fois de plus dans la déchéance de l’âme. Les riffs restent très atmosphériques, mais le chant est empreint d’une douleur déchirante jusqu’au dernier moment, qui rejoint le titre éponyme The Morning Darkness, où la peine s’exprime une dernière fois à travers une saturation bouleversante et incroyablement communicative, et bien qu’elle reste intense jusqu’aux derniers moments, les pleurs lui donnent une dimension encore plus organique.

Traduisant parfaitement l’esprit planant mais saisissant du DSBM, Dysthymia donne à The Morning Darkness une dimension oppressante, parfois même complétée de douceur. Je suis persuadé que le groupe pourrait devenir une vraie référence.

90/100

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