
L’asile de Zornheym réouvre ses portes.
Trois années après la dernière consultation, Zorn (guitare/basse, Aktiv Dödshjälp, ex-Dark Funeral, ex-Devian), Scucca (guitare/chant, Encrowned) et Bendler (chant, Engulfing), désormais rejoints par Qual (batterie, Prime Creation, ex-Morifade), collaborent à nouveau avec Noble Demon pour la sortie de leur troisième album, Descending Into Madness.

L’album débute sur Prologue: From the Depths of Sêlasee, un sample introductif qui reflète déjà ce climat angoissant mais épique et travaillé auquel les musiciens vous nous exposer sans attendre avant de passer à Deus Rex, titre où l’on retrouve la base imposante tout comme les mélodies entêtantes. Les rugissements de Bendler sont toujours aussi viscéraux et expressifs, répondant parfaitement à son chant clair lui aussi impressionnant à sa manière, et l’avancée se fait naturellement, laissant même le groupe nous proposer un interlude plus calme avant de revenir à la noirceur, pour atteindre Somewhere Far Beyond qui prend le relai et dévoile un contraste encore plus appuyé. Les choeurs se multiplient, répondant aux orchestrations pendant que les riffs frappent avec parcimonie tout comme sur Deep Below qui se révèle rapidement entêtante grâce à ses harmoniques tranchantes qui sévissent en quasi-permanence, créant des tonalités assez douces. Le break sera parfait pour organiser les mouvements de foule lors de prochains shows, mais le solo prend vite le relai, s’alliant aux racines Heavy de la formation pour assurer un son solide avant l’arrivée de la vocaliste, puis du final théâtral avant Anneliese et ses guitares là encore très planantes qui collaborent à merveille avec les claviers et cordes. Quelques pleurs briseront le rythme instauré avant d’en créer un nouveau bien plus saccadé pour poursuivre l’aventure vers Alone in the Dark, interlude inquiétant qui nous permet de reprendre notre souffle pour mieux remuer le crâne sur Gallow’s Oak, titre massif qui reprend l’agressivité de manière très naturelle. Le chanteur est encore plus déchaîné qu’à son habitude autant dans les cris que la voix claire, mais le titre est relativement court, et il laissera place à The Funeral March, qui s’inspire bien évidemment de l’oeuvre de Frédéric Chopin et qui retranscrit parfaitement la mélancolie saisissante tout en y apportant la vie intense des suédois. Le groupe enchaîne avec la ravageuse Descending, titre dont le refrain est le titre de l’album, et qui va rapidement dévoiler toute sa rage via rugissements et blast, mais qui sait également profiter de ses orchestrations pour proposer une virulente diversité avant l’enjouée Come Sweet Death, dernier titre qui change un peu des autres, et place des tonalités presque guillerettes pour coller à son nom et laisser l’album se refermer d’une excellente manière.
Zornheym est un groupe que je suis depuis ses tous premiers pas, et je remarque à chaque sortie son évolution. Descending Into Madness est l’aboutissement d’un travail titanesque pour les musiciens, et il peut fièrement afficher son rang de chef d’oeuvre comme ses prédécesseurs.
95/100