
La rage habite toujours To The Grave.
Forts de leurs convictions vegan et anti-spécistes, Dane Evans (chant), Jack Simioni (guitare), Nic Webb (guitare), Matt Clarke (basse) et Connor Kingdom (batterie) annoncent en partenariat avec le label BLKIIBLK la sortie de leur sixième album, Liberation Front.

On attaque avec MEAT THE HUMANS, titre qui débute avec des tons angoissants et qui frappe sans attendre avec des riffs saccadés efficaces à souhaits complétés par les vociférations du vocaliste qui ajoute à son son déjà bien épais toute sa fureur. La touche groovy nous fait immédiatement remuer le crâne pendant que les explosions se multiplient comme sur la moshpart qui mène à la plus courte mais toute aussi brutale NAIL MARY qui prend le relai pour nous donner envie d’ouvrir la fosse en un instant. Là encore, le titre est un enchaînement d’éléments tous plus agressifs les uns que les autres, et si le sample vient temporiser, la reprise est d’autant plus énergique avant l’arrivée de TORTURE PORN qui nous autorise dix secondes de répit avant d’enchaîner avec sa propre attaque à pleine puissance. Même constat sur EYESTALK ABLATIONS qui mettra deux fois moins de temps avant de laisser sa rythmique s’enflammer et nous rouler dessus par vagues de violences successives pour rejoindre LIFE AMONG THE SEPTICS où l‘on retrouve une approche parfois un peu plus technique, mais qui ne nuit en rien à la pure brutalité dans les parties les plus sauvages. La machine repart presque aussitôt avec CALF SLICER qui nous déverse toute sa puissance de manière très directe et sans fioritures, puis avec LIMB FROM LAMB qui se développe un peu plus lentement mais distille ses riffs les plus imposants tout en y ajoutant des harmoniques oppressantes pour en faire un véritable bloc d’angoisse écrasant. Le final constituera le point d’orgue du morceau avant de laisser place à YOU KNOW THE DRILL qui revient aux accélérations dévastatrices façon rouleau compresseur, mais sa longueur lui permet de varier les plaisirs puis de passer la main à TERRORFIRE qui nous accorde la moitié de sa durée de notes aériennes pendant qu’une voix nous parle, mais la saturation fera son grand retour pour mieux nous projeter sur THE WORLD IS A SLAUGHTERHOUSE, dernier titre qui va alterner tonalités étouffantes et vagues d’agressivité pour clore l’album de la plus belle des façons, et m’est d’avis que le groupe aurait tout intérêt à l’intégrer à ses setlists !
Liberation Front n’est pas seulement un recueil de violence pour To The Grave, il est aussi un manifeste d’idées parfaitement louables que le groupe illustre par des riffs rentre-dedans et une atmosphère oppressante au possible. Un véritable coup de massue !
85/100