Review 3447 : Firtan – Helios

Firtan brille de nouveau.

Pour ce cinquième album, intitulé Helios, Phillip Thienger (chant/guitare/claviers, ex-Anwar), Oliver König (basse/chant, Finsther Thron, Maersung, Finsterforst en live), David Kempf (batterie, Algetic, ex-Zerfall), Chris S. (guitare, ex-Ichorid), Klara Bachmair (violon) et Lukas Massinger (guitare, Perchta, Wesen) renouvellent leur partenariat avec le label AOP Records, mais également Markus Stock (Empyrium, The Vision Bleak…) qui s’occupe du mix et mastering, mais aussi des claviers.

Himsa ouvre assez solennellement l’album, proposant une introduction douce mais assez sombre qui gagne en mélancolie avant que la violence entêtante n’apparaisse avec Kalika’s Tongue, laissant blast et riffs effrénés unir leurs forces pour rejoindre les premiers rugissements qui mettent immédiatement le ton et ancre le morceau dans la rage. Même le chant clair rend le son pesant, complété par un violon enivrant qui adoucir légèrement notre progression dans les ténèbres environnantes qui offrent des passages mystiques plus lents avant qu’Ambrosia ne prenne le relai, nous offrant d’abord un temps pour reprendre notre souffle pour mieux laisser le vocaliste annoncer le retour de la noirceur. On notera une approche un peu plus Old School et directe sur ce titre tout de même sublimé par des orchestrations théâtrales, mais les différentes parties vocales qui se répondent le rendent également mystérieux avant que les riffs ne s’épaississent une dernière fois avant de passer à Solis Currus, titre immédiatement hypnotique qui se sert d’harmoniques pour capturer notre attention pendant que la rythmique ne se développe. Le titre est assez changeant, mais il saura toujours retrouver sa puissance et son intensité entre deux moments de relâche, nous guidant sur la lancinante Ascension, où les musiciens accueillent Christian Strobel (Stigmatized) pour renforcer la section vocale pendant que les riffs brumeux font naturellement leur oeuvre. On reprend sur l’aspect brut avec Wide Open Eye qui développe ses tonalités imposantes tout en conservant l’agressivité et laisser son flot déferler à bonne allure, puis le long titre éponyme Helios nous accueille avec un son apaisant fait de choeurs et de tonalités très douces qui se métamorphosent à leur tour en épais brouillard inquiétant habité par leads perçants et grognements féroces. Les tonalités entêtantes s’intensifient, rappelant de temps à autre les voix de l’introduction pour temporiser la brutalité notamment du blast, puis Christian Strobel revient participer à The Form Revealed, titre qui retourne à un Black Metal un peu plus primitif, mais qui conserve ses harmoniques enivrantes pour assurer un contraste intéressant. Le groupe nous laissera à peine quelques instants de répit avec des passages à peine plus doux avant de charger à nouveau vers Revealing Prana qui constituera enfin une véritable pause pour mieux enchaîner sur The Hierophant, titre qui dépasse allègrement les dix minutes, constituant une aventure épique et changeante qui explore l’intégralité de leurs influences, qu’elles soient virulentes ou bien plus majestueuses. James Dorton (Black Crown Initiate, The Faceless, Ne Obliviscaris) participe à la cérémonie en leur compagnie en rugissant par moments, puis c’est avec Christian Höll (Perchta, Vinsta) que le groupe nous propose Shadows of a Dawn Unborn, revenant quelques peu à leurs racines Folk pour une dernière touche de douceur avant que Man of Iron, reprise de Bathory, ne vienne placer le point final à un album déjà très riche, respectant à la lettre les influences Pagan.

Firtan est capable d’une violence viscérale comme d’une douceur enivrante, et c’est parfaitement ce qu’ils font avec Helios, enchaînant très naturellement ces deux éléments en proposant des titres intenses et qui ne se ressemblent pas.

90/100

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