
Une fois n’est pas coutume, Anthrax fait son grand retour.
Figure majeure du Thrash Metal puisque faisant partie du Big 4, Scott Ian (guitar), Charlie Benante (drums), Frank Bello (bass), Joey Belladonna (vocals), and Jonathan Donais (guitar) nous auront fait patienter dix années pour sortir leur douzième album, Cursum Perficio, en collaboration avec Nuclear Blast.

Le groupe débute avec le son inquiétant de Persistence of Memory, titre introductif qui leur servira probablement à entrer en scène lors des prochains shows avant d’enchaîner avec The Long Goodbye où l’on retrouve les racines Heavy/Thrash solides qui ont fait la réputation du groupe, finalement accompagnées par la voix reconnaissable du sieur Belladonna qui profite du groove de l’instrumentale pour rester assez mélodieux. Pas vraiment de surprise sur ce titre lorsque l’on connaît le groupe, mais l’accélération reste appréciable tout comme celle d’It’s for the Kids qui repart à pleine vitesse dans des tonalités Old School agressives après une intro stridente. Je n’ai jamais été le plus grand fan de Thrash, mais l’énergie est largement appréciable et je me laisse prendre au jeu, notamment lors de la moshpart avant le long solo, mais le groupe va calmer le jeu avec les harmoniques dissonantes d’Everybody’s Got a Plan, titre qui sonne bien plus accessible, presque même plus moderne par moments. La douceur est de mise pour débuter The Edge of Perfection qui s’annonçait comme une balade, mais qui va exploser d’un seul coup, offrant une touche de surprise qui ne renie pas totalement ses traces de quiétude mais qui n’hésite pas à les mettre de côté de temps à autre. La longue composition laissera place à Infectious qui va elle aussi sonner très groovy mais qui profite d’un mid-tempo comfortable pour laisser aux musiciens une certaine marge de manoeuvre pour faire remuer le crâne des fans de Heavy avant de nous laisser respirer avec le sample d’intro de NYC 93. Celui-ci ne va cependant pas durer, proposant un rythme bien plus vif et entraînant fait de riffs saccadés pendant que le vocaliste nous montre qu’il en a encore en réserve à 65 ans, tout comme ses camarades qui ne se privent pas pour accélérer sur le final menant au titre éponyme, Cursum Perficio. Si j’étais relativement curieux de ce morceau, connaissant sa signification, mais il semble du même acabit que les autres, et on ne retrouvera une trace de mélancolie que dans les paroles et le refrain, puis on enchaîne avec Target on My Back pour retrouver une énergie fédératrice qui ne peut qu’être efficace en live, osant même les relents Hardcore pour renforcer certaines parties. L’album touche à sa fin avec la frontale Watch It Go et sa rythmique saccadée qui propose un parfait pont entre Thrash et Groove plus moderne, proposant même des leads criards avant de reprendre son allure de croisière vers My Victory et ses touche plus déstructurées un peu plus complexe, l’occasion pour le groupe de prouver une dernière fois qu’il est toujours en forme et de clore son album.
Si Anthrax est déjà largement connu pour ses titres iconiques, il est certain que Cursum Perficio est loin d’être l’album le plus abordable pour les amateurs de Thrash pur ! On y retrouve un peu de tout, mais surtout de nouvelles influences plus… surprenantes !
70/100