Review 3453 : Runemagick – After Chaos: Nocturnal Vigil

Nouvelle incantation signée Runemagick.

Pour ce quinzième album, nommé After Chaos: Nocturnal Vigil, Nicklas Rudolfsson (chant/tous instruments, Dödsvaka, Domedag, The Funeral Orchestra, Necrocurse…) a fait appel à Hammerheart Records, mais surtout à Dísa Draugurinn (chant shamanique, Draugurinn, Turdus Merula).

L’album démarre sur After Chaos, son plus long morceau, et le constat est relativement simple : le musicien ne nous invite pas seulement à écouter son travail, mais plutôt à le rejoindre dans sa transe entre musique Folk et plus tard éléments Doom/Death plus traditionnels. On sent que les effets renforcent le son lourd et pesant doublé des cris parfois glauques, parfois plus orientés Metal Gothique qui règnent sur la composition avec un rythme lancinant qui s’épure sur le final menant à la certes plus courte mais toute aussi planante Rune Magick Unbound et ses effets mystérieux qui permettent aux riffs saccadés d’apporter un peu de diversité. Les parties vocales sont également plus brutes sur ce titre, renforçant l’aspect direct de la rythmique et de ses quelques vagues d’accélérations qui contrastent avec les incantations du musicien, et même si l’on sent une intensification avant les quelques mots du final, The Nocturnal Vigil revient aux tonalités Pagan un court instant avant que les racines sombres du Doom ne se remettent en place. Le son redevient morbide à souhaits, lent et oppressant alors que le vocaliste propose quelques éléments inattendus comme des patterns plus dissonants qui emportent notre esprit vers un requiem avant que les tons brumeux ne resurgissent avec Urðr’s Cosmic Weave et son approche imposante. Là encore, on remarque des tonalités massives corrompues par des harmonique planantes qui respectent l’atmosphère Old School et ses proportions parfois épiques mais toujours malsaines qui nous traînent jusqu’à Abyssal Continuum où le musicien choisit une approche plus douce pour nous présenter son morceau avant de créer des riffs plus bruts. On notera une intro en deux temps, puis un ton plus énergique par vagues où les harmoniques se montrent plus entêtantes, à l’inverse de Formless Dawn qui va créer un écho hypnotique pour mieux asseoir sa lourdeur cadavérique. Le morceau restera brumeux et angoissant sur toute sa longueur, provoquant parfois plus de mouvement du côté de la batterie, mais une fois de plus, le final nous rattrape et brise le rythme avant que The Vast That Knows No Shape ne vienne prendre le relai pour créer des touches plus calmes et plus dépouillées, presque même mystiques de par leur énergie. Une touche Folk apparaît un peu après la moitié du morceau, nous coupant encore dans notre progression, permettant l’apparition de l’invitée pour nous laisser sortir de l’univers avant d’y replonger sur Into the Endless Continuance, dernière composition qui affiche ces tonalités ritualistiques envoûtantes en prenant presque des accents Drone alors que les cymbales retentissent entre les choeurs tout en se métamorphosant en cérémonie sombre et païenne avant de revenir au Doom/Death étouffant un long moment, puis la saturation s’évapore une dernière fois.

Une fois de plus, Runemagick nous ouvre les portes d’un univers onirique mais très difficilement accessible qui aura raison des néophytes. Les habitués vont se laisser porter par After Chaos: Nocturnal Vigil tels des âmes vers un autre monde.

80/100

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