
Nouvelle ère chez Shores of Null.
Bien qu’il nous ait offert un album live et un split avec Convocation l’an dernier, le groupe italien mené par Davide Straccione (chant, Corvin, Zippo), Raffaele Colace (guitare/chant), Gabriele Giaccari (guitare/chant, The Foreshadowing, ex-Mantra, ex-The Orange Man Theory), Matteo Capozucca (basse) et Emiliano Cantiano (batterie, Requiem’s Embrace, Ivory Moon) signe en 2026 chez Dusktone pour la sortie de son cinquième album, Homesick.
L’intense mélancolie du groupe resurgit dès Allies Before Defeat, rapidement rejointe par la voix reconnaissable et saisissante de Davide, claire principalement et arborant parfois cette touche Gothique froide mais qui se voit aussi accompagnée par quelques hurlements pour mieux explorer la diversité du paysage désolé auquel le groupe nous expose. On se laisse aisément bercer par sa douceur malgré les quelques passages plus lourds ou intenses, puis Two Mountains prend d’un seul coup le relai, laissant le vocaliste nous parler d’une des légendes de sa région natale, les montagnes des Abruzzes, et bien que je sois surpris de la thématique, la composition retranscrit parfaitement ce déchirement. Le contraste des voix est parfaitement géré tout comme sur Bleed to Life où le son devient encore plus sombre et pesant qui sévit sous les harmoniques aériennes qui apportent une touche de douceur enivrante, en particulier sur les refrains alors que le titre éponyme Homesick va proposer une touche un peu plus Post sur son introduction dépouillée. La froideur et la lourdeur du Doom reviennent vite nous hanter pendant que les mélodies flottent dans notre esprit, nous laissant dériver jusqu’à Son of the Tide qui nous enveloppe à son tour avec une approche bien plus énergique, rien qu’à en juger par le torrent de double pédale qui nous accueille, mais qui va tout de même finir par s’apaiser. Le climat reste tendu, les hurlements se font de plus en plus présents, et c’est finalement Dreaming of a Scar qui va nous ramener à des touches plus douces avec le violon de Shaun MacGowan (My Dying Bride), conservant la quiétude avec des sonorités éthérées qui tranchent avec la violence et la profondeur du chant. Le quintet repart avec Society is the Murderer qui propose à la fois une base accrocheuse et un duo entre chant et harmoniques qui danse sans mal ensemble, revenant toujours plus au Metal Gothique puis avec The Numbing Void où l’on redécouvre un son majestueux qui rappellera aux plus nostalgiques les débuts du groupe. Alors que les cinq musiciens développent l’un des sons les plus étouffants de l’album, ils accueillent Natalie Koskinen (Shape of Despair, The Abbey) et de nouveau Shaun MacGowan, leur permettant une diversité impressionnante que ce soit par sa voix enchanteresse pour la première ou son violon hypnotique pour le deuxième, et je peux affirmer que la collaboration est parfaite de bout en bout. L’accélération d’Another Breath va tous nous surprendre (moi le premier), mais le groupe réussit avec brio à injecter cette virulence viscérale à un Doom imposant, le teintant d’un Death Mélodique furieux avant de revenir à la douceur pour Disappear, son dernier morceau un peu plus long où les musiciens reviennent à un rythme plus habituel, mais toujours aussi entêtant pour clore son album avec tout de même quelques surprises.
Je connais Shores of Null depuis près de dix ans maintenant, et chacun de leurs albums m’émeut toujours à sa façon. J’avais toute confiance en Homesick, mais le groupe a encore progressé à mes yeux, et propose dorénavant une diversité plus importante toujours en cohérence avec ses racines mélancoliques.
95/100