Review 3465 : Veilburner – All That Glimmers is Gloam

Reprise des hostilités chez Veilburner.

Comme les précédents, ce neuvième album intitulé All That Glimmers is Gloam et signé Mephisto Deleterio (instruments) et Chrisom Infernium (chant, Torture Ascendancy 1307, ex-Humanity Decayed, ex-Pyrrhic Salvation) sort chez Transcending Obscurity Records.

Nous sommes accueillis par les sonorités étranges d’Here is Thine Sabbath, So Mote it Chasm, premier titre qui s’accorde une courte introduction avant de libérer son voile ténébreux et chaotique peuplé de lourdeur, de dissonance et de ces parties vocales mystiques mais imposantes et parfois même terrifiantes. On se sent facilement oppressé en écoutant le titre alors que les harmoniques proposent des tonalités plus douces, tout comme sur Oblivion is Yours to Labyrinth où elles nous hypnotisent en serpentant dans une rythmique elle aussi épaisse aux éruptions vocales malsaines. Le groupe proposera même une approche saccadée plus énergique, puis finira par passer la main à la toute aussi étrange et imprévisible Vitriolic Hiss qui abuse de dissonance et de leads perçants pendant que le vocaliste vomit sa prose impie et étouffante grâce aux nombreux effets. Je note tout de même une certaine technicité sur l’instrumentale et le solo, puis je me laisse à nouveau happer par les ténèbres sur Phænomena Obscura qui débute par des cris de détresse, puis qui s’abat sur nous comme un véritable bloc de noirceur mouvant par vagues, certaines nous laissant très légèrement plus de répit que d’autres. Le duo nous autorise un nouveau moment pour reprendre notre souffle avec Dis’ Obedient Woe, titre qui – bien qu’inquiétant et mystérieux – reste très calme et défile lentement grâce à des claviers cosmiques, mais l’ouragan reprend progressivement sur Of Godslave and Blood Mortar qui réinvoque aussi les grognements les plus angoissants pendant que les riffs se construisent à leur allure. Les incantations dynamisent la rythmique qui finira par exploser avant de céder sa place à l’étrange A Séance to Spectre et à ses tonalités mystiques qui se laissent galvaniser par le chant pour mieux nous piétiner par la suite par moments, revenant à cette inhabituelle quiétude à la limite du Black Metal Atmosphérique. Retour à l’agressivité avec Golgothic Holocaust qui prend le blast et les touches brutes très à coeur, mais aussi les parties plus expérimentales qui se retrouvent encore une fois dans la voix alors que la section rythmique est plus que solide, mais le son va finalement se couper pour permettre à All That Glimmers is Gloam, titre éponyme et ultime composition de l’album, ne nous exposer à ses sonorités majestueuses et qui va elle aussi rester relativement calme mais très occulte jusqu’aux derniers instants.

Là où certains cherchent la technicité pour la brutalité, Veilburner la met au service des sonorités occultes, malsaines et dissonantes. Je me répète d’album en album, mais All That Glimmers is Gloam n’est toujours pas pour les débutants et sa richesse nécessite plusieurs écoutes pour la comprendre entièrement.

80/100

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