Review 3466 : Carnation – Symphony in Flesh

Carnation écrit désormais sa violence seul.

Récemment devenu indépendant, le groupe Belge mené par Simon Duson (chant, ex-Prematory), Yarne Heylen (basse, Crime Scene), Jonathan Verstrepen (guitare, Striking Death, ex-Incinerate) et Bert Vervoort (guitare, ex-Warbeast Remains) et Vincent Verstrepen (batterie, Predatory Void, ex-Hämmerhead) dévoile en 2026 son quatrième album, Symphony in Flesh/

Les cinq gaillards frappent fort dès Blackmouth, première composition à proposer un son abrasif et Old School à souhaits dans la plus pure tradition du Death Metal, que ce soit avec les riffs boostés à la HM-2, les vociférations de Simon, et même la batterie, dont le mix renforce encore plus l’agressivité ambiante. Chaque note nous tranche telle la pochette de Péter Sallai (Bloodbound, Crematory, Kataklysm, Powerwolf…), et il en sera de même pour Flesh Eating Frenzy, titre un peu plus court qui privilégie l’angoisse dans ses leads là où son prédécesseur avait choisi une touche mélancolique. Symphony in Flesh se fera un peu désirer avec une intro légèrement plus longue, mais la lourdeur du morceau éponyme et ses riffs accrocheurs se font amplement pardonner, plaçant habilement un solo entêtant à souhaits avant que Kingdom of Dreams n’enfonce le clou avec des tonalités malsaines qui complètent parfaitement la violence évidente. Le groove entraînant sévit lui aussi dans la rythmique, mais on rencontrera des claviers majestueux inattendus et très savoureux qui contrastent avec l’avancée brutale vers Labyrinth of Silence et sa douce introduction qui va teinter les riffs, leur donnant une certaine sérénité enivrante tout en restant épais et abrasifs. Nouvelle accélération avec Towards Death qui propose également une pointe de technicité dans ses leads perçants, restant tout de même dans l’approche Old School furieuse tout comme sur Twisted Visions qui, bien que plus lente, reste dans les parties les plus cinglantes du Death Metal, et nous fera elle aussi remuer le crâne. On notera les touches d’harmoniques qui retranscrivent parfaitement le nom du morceau en nous flagellant l’encéphale, puis on ralentit un temps le pas avec Boundless Pathways et son introduction qui sonne littéralement comme le dernier moment de répit avant l’apocalypse, et qui ne manquera pas de répondre à l’appel avec une approche ravageuse à bonne allure. Il est rare de voir des morceaux de Death Metal dépasser les dix minutes, mais Carnation a relevé le défi avec Legacy of the Forefathers, passant d’une agressivité pure à des passages bien plus mélodieux, voire même aériens ou avec une touche de chant clair et qui témoigne à la fois de l’ambition du groupe, mais aussi des moyens qu’il s’est donné pour parvenir à marquer les esprits, lorgnant même parfois vers le Black/Death.

En passant indépendant, Carnation a pris un gros risque, mais j’étais confiant pour les musiciens, au vu de leurs précédentes sorties, mais aussi de leurs récents lives que j’ai pu voir. Je ne me suis pas trompé, Symphony in Flesh est un véritable trésor de Death Metal Old School, mais il sait aussi surprendre, notamment sur le dernier titre.

95/100

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