Review 3467 : Fate Unburied – Neraspeme

Fate Unburied n’a jamais disparu.

Signés chez Time To Kill Records, Riccardo Babbolin (guitare/chant), Giorgio Piva (batterie, Grinder), Francesco Garatti (guitare, Grinder) et Davide Piccolo (basse, Grinder) annoncent enfin la sortie de leur deuxième album, Neraspeme.

Hope. installe immédiatement une atmosphère un peu pesante, un peu inquiétante, et la voix de Clara Wright qui nous parle y participe, mais dès qu’elle s’enflamme, on ne peut que se préparer à la déferlante offerte par Expecting Nothing et ses sursauts orientés Prog Death énergiques mais extrêmement travaillés qui sévissent sans attendre. La violence est sans surprise parsemée de touches plus douces et dissonantes, mais le titre passera assez vite à Drain qui attaque lui aussi à toute allure, proposant une approche bien plus brutale, notamment lorsque des influences Hardcore inattendues relancent la machine, appuyant un groove épais et accrocheur. Not Allowed prend le relai, restant dans cette vibe énergique mais entraînante que le groupe développe par sursauts de rage très bien sentis, mais là encore, le morceau sera assez vite suivi de The Descent qui retrouve ses pointes de technicités et ses influences assez surprenantes, même lorsque l’on connaît le Death Progressif, dévoilant tour à tour différentes facettes. On sent les musiciens un peu plus mesurés avec Deep Rest, titre assez guilleret et relativement long par rapport aux autres qui ravira par ses changements de rythme et alternances vocales avant de passer à la plus énervée Seed, Feed, Keep qui permet au groupe d’exprimer toute sa schizophrénie musicale en un seul morceau tant il est imprévisible. Les influences défilent et ne se ressemblent pas, mais les musiciens semblent satisfait de tant de variations à vive allure, et l’agressivité reprend sur Seeking Perfect Harmony qui va – à l’inverse de son nom – nous matraquer en continu entre les refrains plus calmes, mais toujours aussi dissonants. Nouvelle percée avec Garden, morceau lui aussi assez court mais qui ne fait pas dans la dentelle et envoie immédiatement toute sa puissance en suivant les soubresauts jusqu’à un dernier passage plus doux, puis à A Pragmatic Way Out qui prendra le temps de déployer ses racines saccadées et complexes pour construire de véritables rafales de technicité. L’album touche déjà à sa fin avec la nébuleuse Nowhere, After All qui laisse un grand champ d’expérimentations à chaque instrument, notamment à la basse qui est largement mise en avant sur ce titre instrumental, mais aussi avec The Gift, douzième et ultime composition qui repart dans une approche un peu plus douce mais surtout enivrante grâce aux nombreuses harmoniques et au chant clair pour clore ce chapitre.

Fate Unburied dispose d’un panel d’influences impressionnant allant du Death Metal au Metal Progressif, passant même par des styles plus rentre-dedans, faisant de Neraspeme l’un des albums les plus riches, mais par conséquent les moins accessibles de l’année. Ne vous laissez pas décourager, et osez l’aventure !

75/100

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