
Après une courte pause, me revoici dans la sombre cave du Klub pour la venue exclusive d’un groupe encore largement sous-estimé : Hangover in Minsk.
Accompagnés Bovary et Angel of Suicide, les biélorusses relocalisés en Pologne ont eux-mêmes organisé leur tournée. Pas de prévente, tout se passera à la porte de la salle.
Soutien à Déhà qui a dû annuler sa venue pour raisons personnelles.
Il est rare que je fasse des découvertes live, mais ce soir, Angel of Suicide en sera une pour moi… Et quelle découverte ! Non seulement les limougeauds ont été plus que motivés pour remplacer en 24h, mais en plus, ils font un travail incroyable ! Ils sont certes cinq sur scène, ne s’autorisant de mouvements que lorsque le vocaliste se place au plus près de nous, mais malgré leur jeune âge (je ne leur donne pas plus de vingt ans), ils connaissent le DSBM ! Les mélodies sont saisissantes, les hurlements sont pénétrants, et ils savent captiver l’attention, tout en remerciant entre chaque titre… Leur discographie est visiblement large, mais les rares interventions comme “Pour cette prochaine chanson essayez de capter l’intensité et de la faire vivre” avant Pure Dream nous permet de rester alerte. Le batteur s’offrira un moment de guitare avant de la laisser au vocaliste pour la dernière chanson, et j’ai même apprécié les touches Blackgaze épurées entre deux vagues de noirceur !
Setlist: Irreversible Sadness – War – Please Never Die – You Just Hate Me – Self Destruction Treshhold – Silent Discomfort – In the Castle of Disenchantment – Pure Dream – As I’m Gazing at the Moon – Lumière Enfermée
Retour en terrain connu avec les sudistes de BOVARY que j’avais déjà vus il y a quelques années, et même si le line up a changé, il faut dire qu’ils savent y faire pour nous remuer les entrailles… Tous arborent Un peu de sang et de maquillage sombre sur le visage, mais c’est pour mieux nous faire rentrer dans leur mélancolie douloureuse exprimée principalement par Ace (guitare/chant), mais aussi par Étrange Garçon (guitare/chant) qui assure des leads éthérés ainsi qu’une fureur incroyable. Le show est parfaitement rythmé, alternant moments de quiétude malsaine et dissonante avec des passages bien plus furieux, le contraste étant assuré par entre autres l’une des premières compositions de la vocaliste sur …Et je ne serai plus là pour l’attendre qui va tirer une larme à beaucoup. Au cours du show, le micro de cette dernière sera heureusement arrangé, mais nous aurons surtout la primeur de découvrir À celles qui savent, nouveau titre qui lui aussi nous aura blessé au plus profond de notre âme avant que le guitariste ne lâche son instrument pour hurler au centre de la fosse, ne remontant que pour récupérer sa six-cordes et jouer au même endroit, debout, puis assis, puis allongé. Un vrai moment d’émotion.
Setlist: Par amour du vide (sur bande) – Ana – Nous sommes… – Bénies soient les putains – …Et je ne serai plus là pour l’attendre – Dialogue amputé – A celles qui savent – Sans moi – Bonheur léthargique
Vient ensuite le clou du spectacle, les Biélorussie d’Hangover in Minsk qui s’installent très rapidement, et qui lancent sans attendre leur soirée avec des bières qui claquent contre les cymbales, mais aussi et surtout l’énergie incroyablement communicative de Nokt, vocaliste au charisme imprenable. Elle passe d’un chant clair plaintif a des Hurlements viscéraux avant de danser pendant que ses camarades lui assurent une rythmique douloureuse, parfois enjouée, mais toujours aussi virulente peu importe le côté de la noirceur choisi. Elle nous remerciera, nous lancera des bières gonflables, mais assurera avant tout un show démentiel, lâchant quelques mots entre les morceaux, comme ce marquant “Keep your inner demons”. Plus le show avance, plus la jeune femme se déhanche, rugit et joue avec nous, n’hésitant pas à trinquer avec les premiers rangs pendant que les accents mélancoliques sont tissés par les trois musiciens, qui accueilleront même Ace de Bovary pour les deux morceaux où apparaissent normalement Déhà et Kim Carlsson. Et même si c’est The Party is Over que leur invitée interprète avec eux, la soirée n’est pas terminée, car nous aurons droit à deux morceaux de plus, terminant par Fuck the System, reprise des Punks américains The Exploited qui va clore un set aussi brut qu’intense. J’ai beau avoir quelques regrets dans ma vie, mais surtout pas celui d’être venu !
Setlist: Farewell – Drunk and Beautiful – The Cow Was Stolen from the Bar (Again) – Morning Mourning – Till Soberness Do Us Part – Bones & Bonds – Fuck You, My Love – Party Is Over – Devil in Me Wants to Dance – Fuck the System (The Exploited cover)
Le Klub était plutôt rempli ce soir, et heureusement ! Angel of Suicide, Bovary et Hangover in Minsk ont tous trois puisé dans leurs tripes pour délivrer trois concerts viscérzux dans leurs univers respectifs, mais cette soirée placée sous le signe du DSBM n’aura déçu personne ! Je re-signe aussi vite que possible !

















