Review 3474 : The Ocean – Solaris

The Ocean n’a rien lâché.

Malgré que le line-up ait subi de grands changements, le groupe allemand ne s’est pas découragé. Avec le soutien de Pelagic Records, le projet désormais mené par Robin Staps (guitare/chant), Mattias Hägerstrand (basse), Jordi Farré (batterie), Enrico Tiberi (chant/claviers), Lane Shi (chant), Emmanuel Jessua (guitare) et Marco Gennaro (guitare) dévoile son tout nouvel opus, Solaris.

Les musiciens ont également fait appel à Thorsten Quaeschning (synthétiseurs, Tangerine Dream), Orestis Zafiriou (claviers), Simen Eifring (trombone) et Jiawei Zhang (vibraphone).

Ce n’est pas anodin si l’album débute avec 52°30’11″N, 13°26’12″E, car si tel est le nom du premier titre assez épuré et aérien, il représente également les coordonnées GPS des bureaux de leur label, Pelagic Records. Quelques voix finiront par accompagner une guitare douce et mélodieuse, puis le collectif enchaîne avec Departure Song qui accueille peu à peu plus d’instruments, gagnant en intensité et en étrangeté pour finalement devenir une vague de lourdeur aux multiples facettes qui laisse une volonté propre à chaque instrument. Le mélange reste sans surprise extrêmement cohérent, et l’enchevêtrement de voix devient presque hypnotique tant il est parfaitement géré du début à la fin, mais c’est finalement le silence qui nous mène à Light Pollution et à ses tonalités angoissantes qui se transforment finalement en une douceur enivrante sur laquelle les vocalistes s’en donnent à coeur joie. Leur long fleuve tranquille est parfois parcouru de sursauts plus virulents permettant même l’apparition de hurlements ou à l’inverse de passages plus brumeux orientés Post-Metal qui mettront Lane en transe avant que Simulacra ne la fasse revenir à une approche bien plus douce sur ce long, très long morceau. Tout au long de ces dix-huit minutes, les musiciens ne se mettent visiblement aucune limite, s’offrant parties lancinantes, touches énergiques, solos chiadés, chant diversifié, et le tout reprend de plus belle à chaque fois qu’on le croît terminé, développant toujours plus d’éléments pour finalement laisser la main à Belligerence qui démarre de manière très agressive. Les racines Sludge réapparaissent de plus belle, donnant au titre un son abrasif au possible alors que les vocalistes se démènent pour coller à cette folie furieuse, parvenant tout de même à la contenir quelques temps pour mieux lui laisser reprendre les rênes du final, à l’inverse d’Ultima Esperanza qui va elle aussi laisser ses claviers proposer des tonalités inquiétantes. Le titre pourrait clairement passer pour le parfait exemple du Metal Progressif tant il diffère d’une section à une autre, permettant aux musiciens de démontrer leurs talents à la fois dans la violence et le calme alors que les vocalistes se répondent, mais c’est finalement Milk Of My Dreams qui prendra le relai après un nouveau moment de claviers, continuant dans cette atmosphère pesante. Quelques tonalités bruitistes s’ajoutent de temps à autre au rituel qui file inexorablement vers le dernier titre, 51°28’30 » S, 73°6’11 » W qui représente les coordonnées GPS du seno Última Esperanza, au sud du Chili, déjà évoqué au cours de l’album, et dont la symbolique est originale, continuant le titre précédent du côté sonore, refermant cet album avec des racines Industrial.

The Ocean parvient à exploiter la diversité du Metal Progressif tout en le rendant par moments fascinant, tant il est contrasté. La douceur de Solaris n’a d’égal que son agressivité, et j’ai même réussi à en apprécier certains passages.

75/100

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