
Le Black Metal est à son apogée ce soir, car Dimmu Borgir et Behemoth envahissent le Zenith de Paris, accompagnés par Dark Funeral.
Annoncée l’an dernier, cette tournée représente un pic pour le Metal Extrême, qui se produit en grande pompe dans l’une des plus grandes salles de la capitale ! In-ra-ta-ble. Malheureusement, mon plaisir sera réduit, car l’attribution des pass photo sera… Retardée de quarante minutes, m’obligeant a patienter au guichet devant une personne qui attendait tout autant que moi une réponse… mais passons.
J’arrive donc à l’heure dite et au son des chaînes de l’introduction de Dark Funeral, un de mes groupes favoris, et qui ne va avoir que cinq titres pour convaincre un public déjà acquis. Le jeu de scène reste assez minimaliste, c’est sombre, presque même intime alors que le Zenith se remplit à vue d’œil, et si Heljarmardr (chant) reste toujours aussi théâtral, laissant par moments la place à Lord Ahriman (guitare) ou Adra-Melek (basse) au centre, il n’a que peu de temps pour nous lâcher un “we have a task for you! Say Hail Satan!” qui sera repris en chœur. Pas de surprise donc, mais un set court et incisif aux belles lumières qui aura permis au groupe de faire de nouveaux adeptes, et qui m’aura largement ravi, les membres jouant ensemble avec un naturel fascinant et le vocaliste brandissant avec fierté le drapeau à l’effigie du groupe sur les derniers moments.
Setlist: Unchain My Soul – The Secrets of the Black Arts – The Arrival of Satan’s Empire – Let the Devil In – Where Shadows Forever Reign
Arrive l’un des deux groupes principaux de la soirée les polonais de Behemoth (je n’en suis qu’à ma 12e fois), cachés derrière un drap sur leqiel se projettent des images de Nergal (chant/guitare), blasphémateur, et qui une fois tombé, révèle une scène toute aussi malsaine et anti-chrétienté que possible. Les emblèmes sont affichés, et les musiciens connaissent leur terrain, une large scène qui permet au vocaliste de passer d’un côté à l’autre pour haranguer tout en revenant au centre pour hurler sa haine, soutenu par ses camarades Orion (basse) et Seth (guitare). Eux aussi sont d’ailleurs très mobiles anticipant les jets de flammes qui renforcent leurs refrains satanistes pendant que la sombre violence musicale nous écrase, et il faut dire que les quatre membres savent y faire pour nous offrir un concert de haut vol, alternant leurs positions ou se perchant sur des piédestaux prévus à cet effet. Ils nous ont sorti le grand jeu, que ce soit au niveau des lumières, de la fumée, des accessoires ou des flammes, laissant même le fondateur proposer des lance-flammes au centre de leur espace de jeu, et j’ai beau les avoir vus autant de fois… j’en reste bluffé tant ils arrivent à fédérer leur audience avec de simples “Paris, are you with us?” puis en enchaînant leurs titres. C’est assurément l’un de leurs meilleurs shows que j’ai vu ce soir !
Setlist : Daimonos – Ora Pro Nobis Lucifer – Thy Becoming Eternal – The Shit ov God – Conquer All – Blow Your Trumpets Gabriel – I, Scvlptor – Ov Fire and the Void – To Drown the Svn in Wine – Bartzabel – The Shadow Elite – Chant for Eschaton 2000
Rappel : O Father O Satan O Sun!
Le deuxième ponte du Black Metal, cette fois-ci Norvégien, se pare lui aussi d’un drap, et une fois les lumières éteintes, c’est avec Dimmu Borgir que le Zenith s’apprête à finir la soirée. Si le son est excellent, eux vont pêcher par leur visuel car même si les musiciens sont tous à leur place et très mouvant, la fumée va nous gâcher un peu l’expérience. Certes le mystère et l’occultisme fait partie du style, mais malheureusement, je n’apprécie que peu le fait de nous occulter l’un des membres pendant une bonne minute, et ce n’est pas le charisme de Shagrath (chant) qui changera le show, malgré l’enthousiasme du public. Les musiciens se donnent à 100%, Silenoz (guitare) avec son béret, Victor Brandt (basse) qui esquive les flammes pour poser proche de nous, et même s’ils savent tous parfaitement jouer leurs titres, on sent une certaine froideur, masquée par le vocaliste qui annonce “playing a mix of new and old” entre deux morceaux. La scène ressemble parfois à un véritable brouillard, même de loin, et les flashs ne vont pas non plus nous aider, mais le son est si appréciable, si précis et si majestueux que les yeux fermés, on se croirait en plein rituel. Nergal fera même une apparition pour In League with Satan, évidemment dédié au regretté Cronos (Venom), et l’ovation ne se fait pas attendre.
Setlist: Ulvgjeld & Blodsodel – Mourning Palace – Kings of the Carnival Creation – Council of Wolves and Snakes – As Seen in the Unseen – Ascent – Reptile – The Serpentine Offering – Puritania – Gateways – In League With Satan (Venom cover) – Progenies of the Great Apocalypse
Peu importe ce que vous aimez dans le Black Metal, cette soirée était la nôtre. La noirceur mélodieuse de Dark Funeral, la puissance de Behemoth ou les orchestration de Dimmu Borgir, tout était là. Je suis sincèrement heureux d’avoir pu assister à une telle messe sombre, et je remercie chaudement Adam de Massacre Records pour l’accréditation!























