
Nouvelle étape pour Profane Burial.
Avec ce troisième album, Desolate Echoes of Turmoil, Kjetil Ytterhus (chant/claviers, Babels Tarn, Haimad, Khôra), André Aaslie (basse/guitare, ex-Abyssic, ex-Funeral) et Bjørn Dugstad Rønnow (batterie, Borknagar, Trollfest) signent sur le label These Hands Melt.
Le groupe a fait appel à Tom Alexander Trones (ex-Funeral) et Torstein J. Nipe (ex-Ansur) pour certaines parties de guitare.

L’album débute en grande pompe avec Den Fortaptes Krønike, composition à la fois inquiétante et majestueuse sur l’introduction, mais qui se transforme vite en océan de noirceur lorsque les riffs et hurlements démarrent vraiment, proposant une approche dissonante et oppressante truffée de sonorités apaisantes, créant un contraste assez appréciable. L’avancée saccadée est parfaitement gérée, laissant le groupe exploiter chaque part de son univers avant d’enchaîner sur Prognostic Augural Obsolescence qui développe encore plus le côté travaillé grâce à des leads stridents qui se couplent parfaitement aux assauts des musiciens tout en restant très cohérents avec leur approche virulente. On notera toutefois quelques passages plus calmes pour nous permettre de souffler, puis c’est Triumph of Dreadful Aftermath qui prend le relai avec des racines Old School furieuses qui permettent des parties saisissantes, mais aussi des breaks plus planants comme lorsque la basse se met en avant, mais la violence reprend toujours le dessus. Channeling Epiphany nous offre une introduction martiale avant de revenir à sa noirceur originelle, marquant une fois de plus par son approche haletante mêlée à des touches bien plus théâtrales et expressives, proposant même un passage épuré au centre, s’octroyant le plus large écart de sonorités de l’album. L’entrée dans les ténèbres est immédiate avec Horror Code pt. 2, suite directe du dernier morceau de l’opus précédent, et bien que le ton soit donné, l’accélération transforme légèrement l’oppression en violence épique et multipliant les harmoniques pour finalement rejoindre la dévastatrice Malicious Discomfort, dernière composition de l’album qui n’hésite pas à passer de riffs frénétiques à orchestrations pesantes avant de les mêler naturellement, tissant de ce fait une véritable toile d’angoisse viscérale qui s’étoffera à chaque note.
Profane Burial est un projet singulier qui mêle orchestrations majestueuses et noirceur saccadée à vive allure, rendant Desolate Echoes of Turmoil aussi surprenant que ravageur, et personne ne sera surpris si je dis que sa richesse n’a d’égal que sa violence.
85/100