Review 3482 : Enterré Vivant – Kurogoku

Nouvelle exhumation pour Enterré Vivant.

Tout juste signé chez le label Transcendance, le projet mené entre France et Japon par les prolifiques Erroiak (tous instruments/chant) et Sakrifiss (chant) dévoilent leur quatrième album, Kurogoku.

Le duo accueille également la vocaliste Uguisu.

Le son explose dès Gakid?, le premier titre, qui propose un son profondément Old School, brut et malsain entre le mix abrasif et les hurlements viscéraux, mais qui sait visiblement garder une place pour quelques touches plus douces de temps à autre, comme les moments où le groupe accueille les accents folkloriques planants. Le suit suit son court pour finalement s’ancrer dans la mélancolie sur Ningend?, morceau assez froid à la première minute acoustique avant de devenir une brume impénétrable et oppressante où les grognements renaissent, plus inquiétants mais aussi plus calmes que sur le titre précédent. On sent dans le ton du vocaliste que la détresse est présente, malgré les quelques tonalités presque joyeuses de l’instrumentale, puis c’est avec Tend? que le groupe nous envoûte, d’abord de manière très simple avec claviers et voix, mais les autres instruments finiront par apparaître et développer leur noirceur pendant que le vocaliste conte ses mots, alliant finalement le français au japonais pour décupler le contraste. Nouvelle pause aux claviers enivrants pour débuter Chikush?d?, titre assez aérien et probablement le plus accessible de l’album qui arbore même certains leads épiques et mélodieux qui répondent aux hurlements, mais c’est une fois de plus avec la noirceur la plus violente que le groupe continue son périple vers Jigokud?, morceau où les deux musiciens participent aux parties vocales. On notera aussi une attention particulière donnée aux percussions alors que la rythmique est un peu plus simple mais pas moins entraînante sur ce très long titre aux paysages musicaux parfois somptueux tout en conservant une certaine simplicité impactante, osant même un break aux racines symphoniques avant le retour de la noirceur. L’album prend fin avec Shurad?, dernier titre aux éléments éthérés qui vont conditionner le reste du morceau, lui donnant cet aspect presque irréel et lumineux assez inhabituel, mais qui transporte naturellement notre esprit aux confins du silence.

La version vinyle nous offre une deuxième version du morceau Ningend?, qui après avoir vécu tout l’album, prend une tournure encore plus dramatique, flirtant presque avec la folie alors que les parties vocales de Sakrifiss et Erroïak, inversés, résonnent comme des gouttes de pluie tombant au sol.

Le duo formé par Sakrifiss et Erroïak nous propose sur Kurogoku un véritable voyage dépaysant dans les six mondes du bouddhisme avec comme fil conducteur un Black Metal saisissant comme il en existe peu. Si vous ne connaissez pas encore Enterré Vivant, cet album va vous bouleverser en un rien de temps.

95/100

English version?

Quelques questions à Sakrifiss, vocaliste et parolier du duo de Black Metal Enterré Vivant, à propos de la sortie de leur nouvel album, Kurogoku.

Alors maljour et tout d’abord merci de m’accorder de ton temps. Sans utiliser une quelconque étiquette de style qui pourrait être associée au Black Metal, comment est-ce que tu pourrais décrire le groupe Enterré Vivant?
Sakrifiss (chant) : Alors, c’est dire que je le présente plutôt pas du côté de la musique, mais plutôt côté histoire du coup. Ou plutôt concept, c’est vrai que euh on a quand même une originalité avec dans le groupe, c’est qu’on est deux, c’est qu’il y a Erroïak et Sakrifiss, moi-même, qui sommes tous les deux dans des endroits différents. Lui il est en France et peut-être que tu le sais, je suis au Japon. Et tous les deux, que ce soit Erroïak et moi-même, on avait des chaînes YouTube qu’on continue d’ailleurs, lui il fait des vidéos de reprises, il met parfois ses compositions et je l’avais découvert quand moi je je surfais un petit peu, je cherchais un petit peu ce qui se faisait et il faisait des reprises de Summoning en particulier. Et j’avais noté, j’avais dû mettre un message à un moment, on avait pris connaissance l’un de l’autre. Et c’est un moment où j’avais fait une vidéo qui s’appelait “La haine dans le Black Metal” ou même de manière générale la haine parce que c’est une époque où le gouvernement français avait parlé de d’interdire la haine, que la haine était interdite sur dans les réseaux donc je trouvais que ça c’était assez amusant de vouloir interdire finalement un sentiment. On peut essayer d’interdire la manière de l’exprimer, mais c’était tellement marqué “la haine est interdite” que ça m’avait amusé et donc j’avais fait un un poème dans une vidéo. Erroïak avait trouvé que le poème pouvait se prêter à des paroles de chansons, donc je ne sais pas s’il était sérieux ou si c’était à un moment un petit peu rigolo dans sa tête, mais il a véritablement fait un morceau qui s’appelle “la haine”. Et il m’a dit “Sakrifiss, comme c’est un poème que toi tu as fait, est-ce que tu veux poser ta voix sur une partie du du titre ?”. Et on a commencé comme ça. Donc si tu veux, Enterré Vivant, si on me demande ce que c’est, c’est à la base, avant que ce soit musical, c’est déjà une rencontre et un début un peu improbable dans le sens où ça a été fait… c’est un peu amusant si tu veux à la base. Mais moi j’avais jamais pris part à un groupe de cette manière-là, j’avais déjà en fait participé à l’élaboration de de paroles pour Mystic Forest il y a longtemps. Et je me suis pris au jeu finalement et donc on a fait d’abord une collaboration et ensuite on s’est dit “tiens on va on pourrait faire un autre morceau”, et on a fait un autre morceau et après on a fait trois morceaux et après on s’est dit “si on est lancés comme ça, il faut qu’on fasse un groupe”. Et voilà ce qui est Enterré Vivant en fait, c’est un hasard à la base. Musicalement, si tu me poses la question, c’est le mélange de toutes nos influences aussi bien musicales que culturelles, c’est-à-dire qu’on mélange la vie et ce que ce que ce qu’a ce qu’a connu musicalement et et culturellement Erroïak, et mes expériences du Japon et musicales également. Voilà, pour éviter de de citer des des styles, même si je sais que ça en rassure certains, ça aide certains à être orienté vers une musique donc… On est difficile à classer parce qu’on mélange, je pense, on peut te dire qu’on est très atmosphérique, on peut te dire qu’on est épique. Mais récemment, on nous a surtout dit sur le nouvel album qu’on avait aussi une tendance… Le mot “dépressif” est un peu exagéré, mais c’est le mot que certains pensent

Ils sentent la nostalgie et dans la nostalgie.
Sakrifiss : Ouais, mélancolique, ouais. Et c’est vrai qu’on parle très peu de “Black Metal Nostalgique” ou “Black Metal Mélancolique”, même si c’est une une branche qui pourrait exister, mais elle se manifeste pour certains soit dans atmosphériques ou épiques ou dépressifs et c’est un peu le la rencontre de de tous ces styles à mon avis. Un côté japonisant, le côté japonisant est très important dans le groupe.

Pourquoi est-ce que vous avez choisi le nom Enterré Vivant, comment est venu ce terme-là?
Sakrifiss : Ca remonte, c’est vrai que le groupe, on a commencé ensemble en 2019 quand je te racontais tout à l’heure l’histoire du du premier morceau, un peu pour s’amuser. Donc on n’avait pas nécessairement besoin de nom de groupe à ce moment-là. Et c’est quand on s’est dit ça y est “là on on est en train de faire plusieurs coopérations ensemble”, qu’on a qu’on a cherché quelque chose. On n’était pas encore à ce moment-là dans le concept de mettre le Japon en avant sur tous les morceaux. D’ailleurs, notre premier album qui est sorti sur Drakkar Productions, je pense qu’il n’y a qu’un vrai morceau sur le Japon, c’est le morceau qui s’appelle Shunga. Mais c’est l’orientation qu’on a prise par la suite. Donc on n’avait pas besoin d’avoir un nom en japonais ou un nom qui mélange les deux cultures à ce moment-là. Et quand tu choisis un nom, une fois que t’es lancé, c’est vrai que c’est compliqué de te dire “on a une nouvelle orientation, alors on a trouvé notre véritable identité, donc on va changer le nom”. On n’y a pas nécessairement pensé ou réfléchi ensemble, sur le changement de nom. Donc on a gardé celui qu’on avait choisi qui est Enterré Vivant parce que c’était en tout cas un nom qui me plaisait dans la dualité qu’on représente. Comme je le disais tout à l’heure, on a une dualité dans le sens où on est dans deux pays différents. On est dans dans avec des des influences différentes, on est avec des morceaux qui peuvent avoir de la clarté et des morceaux plus et des passages plutôt sombres. Donc je trouvais que Enterré Vivant, ça montrait ce côté à la fois mort et encore vivace, ça mélangeait ça, c’était assez parlant et en proposant à Erroïak avec d’autres propositions, c’est celui qui lui a semblé aussi le mieux correspondre.

Ensuite, tu m’excuseras, je vais très probablement très mal le prononcer : votre quatrième album qui s’appelle Kurogoku, sort d’ici quelques semaines. Comment est-ce que vous vous sentez tous les deux à ce sujet?
Sakrifiss : Tu l’as pas trop mal prononcé, tu l’as prononcé comme un français ! Kuro-Goku. Kuro qui veut dire noir et Goku qui est qui est la la prison, une sorte de prison. On en reparlera peut-être si tu veux tout à l’heure. Je pense que tous les groupes disent pareil, c’est-à-dire que si tu sors un album, il faut savoir que pour la plupart des groupes, il a été peaufiné, tu le sors quand tu as trop travaillé le son, t’as retravaillé des détails donc tu es toujours très confiant au moment où ça sort ou avant que ça sorte, en espérant que tu trouves l’écho que pour toi il mérite. Tout en ayant toujours conscience, je pense que pour nous, ce qui ce qui s’est passé, c’est que pour les albums précédents, surtout les deux derniers qui parlaient déjà du Japon, on avait aussi conscience des difficultés qu’ils pouvaient avoir. Je vais parler aussi du premier si tu veux, qui n’était pas sur le Japon, mais les quand on a sorti Les ténèbres ne sont pas formées d’ombre sur Drakkar, l’album qui n’avait pas encore beaucoup d’influences japonaises. C’était un album vraiment plaisir, pour s’amuser, pas pour avoir notre groupe ou notre identité parce que comme je te dis, la plupart des morceaux étaient déjà créés avant même qu’on décide de faire un groupe. Donc c’est pour ça que tu retrouves Haine dessus, tu retrouves Rouge, nos premiers morceaux. C’était plutôt pour manifester et mettre à notre sauce des groupes qu’on aimait. Avec notre premier album, on n’avait pas d’attente, c’était vraiment juste le plaisir d’avoir fait un un album et on s’est pris au jeu et puis Drakkar l’avait sorti. Le deuxième album qu’on est sorti qui s’appelle Shigenso, c’était sur les éléments, les 4 éléments et on voulait faire un album complet donc avec une piste par élément, il fallait absolument qu’on ait des morceaux qui dépassent les 10 minutes. Donc on a des titres qui faisaient entre 11 et 18 de mémoire, peut-être même un peu plus. Et là, on savait que malgré qu’on soit très contents du résultat, il y aurait toujours des personnes qui auraient du mal avec des morceaux si longs. On le sait, on s’y attendait. Le troisième album, Akuzaï, qui est sorti il y a un an et demi, lui aussi chez Antiq Records, comme le deuxième et troisième, on savait également la difficulté puisqu’on avait choisi de parler de la deuxième Guerre Mondiale vue par les victimes japonaises. On savait que ce serait compliqué parce que c’est déjà un thème lourd, difficile, qui n’intéresse pas nécessairement des gens qui écoutent du Black Metal. Parfois tu as envie… Il y en a certains, pour eux, il faut absolument que ce soit une évasion dans le passé, un passé mais pas le passé noir comme ça, ou dans de la fantaisie ou dans l’espace ou dans des quelque chose de plus profondément dans l’esprit ou dans le coeur ou… mais on savait, moi j’ai parfois du mal avec des thématiques sur l’histoire, si c’est une histoire, l’histoire d’un pays ou d’une époque qui m’intéresse pas, j’ai du mal.
Forcément, tu as moins d’accroche avec la chose.
Sakrifiss : Oui, c’est ça. Donc on savait que ce serait compliqué, malgré que musicalement, il n’y avait pas énormément de différence, mais il suffit que ta thématique soit comme ça, un petit peu trop de niche, on va dire pour que tu perdes l’attention ou l’envie ou l’intérêt de certains auditeurs. Donc, à chaque fois qu’on sortait des albums jusqu’à maintenant, le premier, le deuxième ou le troisième, on avait conscience sur chaque album de ce qui pouvait gêner. Et ce que je reproche à chaque fois aux groupes, parce que je suis avant tout chroniqueur à la base, à chaque fois quand j’entends que je lisais des interviews qui disaient “notre nouvel album est est est meilleur, c’est le meilleur de qu’on est sorti jusqu’à maintenant”… bien entendu, ils ne vont pas dire que c’est le plus mauvais. Mais cette fois-ci, je sais que c’est celui qui est le plus accessible tout en ayant gardé notre identité. C’est-à-dire que les morceaux ne sont pas trop longs comme le deuxième. On a notre identité que nous n’avions pas encore sur le premier et on a une thématique qui parle beaucoup plus, en tout cas qui ne rebutera aucunement comme a pu le faire celui sur la guerre. Donc, je suis, on est, et c’est pour ça que je suis beaucoup plus serein, presque confiant, d’autant plus qu’on a eu des retours pour l’instant, des personnes qui l’ont écouté, qui étaient encore meilleurs que sur les albums précédents. Donc des personnes qui n’apprécient pas le groupe pourraient même… j’inciterai vraiment à le réécouter, ce que je ne disais pas pour les précédents, sur le troisième, quelqu’un qui n’avait pas aimé le deuxième, je pense, n’aurait pas aimé le troisième non plus. Mais là, on a vraiment quelque chose de vraiment plus accessible je pense, tout en ayant vraiment ces particularités du groupe.

Justement tu le disais, si on le traduit basiquement Kurogoku, c’est “prison noire”, je me suis un petit peu aidé de Google traduction, ou “enfer noir”. Quel est le concept exactement derrière l’album?
Sakrifiss : Alors, depuis l’EP en fait, c’est pas depuis le deuxième album… À chaque fois je vais faire des digressions pour expliquer pourquoi on en est arrivé là. Le premier album, il n’y avait pas du tout de de sens au nombre de morceaux, mais c’est quelque chose qu’on a fait à partir de l’EP qui s’appelle Shiki. Et Shiki, c’est un nom qui a été repris après par Sigh. Il a repris le mot “shiki”, mais c’est finalement pas si étonnant que ça qu’on se retrouve Enterré Vivant et avec le le même nom parce que Shiki, c’est un concept extrêmement important au Japon, qui est les quatre saisons. En fait, ça veut dire “quatre saisons”. “Shi”, c’est 4. Et “ki” qui c’est la saison. Donc il fallait là aussi, à partir de cette EP là, on a, on a pris la décision d’avoir des concepts et l’EP faisait 4 morceaux. 4 morceaux de chacun 3 minutes puisque euh une saison, c’est 3 mois. Donc un morceau ça allait être 3 minutes, comme si une minute comportait un mois et que l’EP durait 12 minutes au total, comme les 12 mois. Ça a enchaîné avec les quatre éléments dont je te parlais tout à l’heure. Donc, tu retrouves Shigenso, le “shi” de quatre comme Shiki. Et comme ça m’a plu de d’avoir comme ça des du sens et une continuité entre chaque album, le l’album suivant Akuzaï sur la deuxième Guerre mondiale avait un un autre thème en fond, c’était “les 10 péchés selon le bouddhisme”, selon une branche du bouddhisme. C’est pour ça qu’il y avait 10 titres, dont 4 qui étaient peut-être effectivement du remplissage pour ceux qui n’ont pas apprécié les parties un peu ambiantes ou samples, il y avait 6 morceaux véritables et 4 de plus. Donc ça fait 6 et 4 = 10. Donc, pour le nouvel album. je voulais encore travailler sur quelque chose à partir d’un chiffre. Et il y a encore beaucoup de possibilités, mais cette fois-ci, je voulais partir sur quelque chose qui était très différent de l’histoire de la seconde Guerre Mondiale dont on avait parlé, je me dis “quelque chose qui serait un peu plus ancien, qui pourrait peut-être plus parler à des occidentaux qui ne s’intéressent pas nécessairement à l’histoire japonaise” et on a pris les six enfers. Enfin “enfers” il faut faire attention, je veux plutôt dire les six royaumes qui sont possibles après la mort, selon le bouddhisme également. Donc malgré le fait que ce soit un thème sur le bouddhisme, c’est un thème qui se passe après la mort, que tu peux retrouver dans toutes les civilisations, que tu croies en quelque chose ou en rien. On s’interroge toujours sur ce qu’il y a après ou justement, qu’il n’y aurait pas après. Donc c’est pour ça qu’il y a six pistes et une piste par royaume en fait.

C’est original parce que moi, il y a une question que je pose toujours et qui comporte également des des chiffres : est-ce que tu peux résumer cet album en trois mots seulement?
Sakrifiss : En trois mots vraiment ?
Trois mots textuellement.
Sakrifiss : Alors, pour le résumé, c’est très simple. En trois mots, parce que tu ne me laisses pas énormément de choix, est-ce que je peux mettre le mot “BM” (“Black Metal”, ndlr) comme un seul mot ? “BM”, “Erroïak”, “Sakrifiss”.
C’était en effet très simple, félicitations !
Sakrifiss : C’est simple, mais finalement ça dit tout puisque je ne peux pas faire en trois mots, ça me permet d’être beaucoup plus large puisque on retrouve tout ce qui fait Erroïak dans cet album, on retrouve tout ce qui fait Sakrifiss dans cet album, qui est autour du du BM. J’ai réussi à m’en sortir plus ou moins !

Félicitations ! Comme tu me l’as dit, c’est l’album qui est selon toi le plus abouti sur le concept d’Enterré Vivant, comment s’est passé le processus de composition pour Kurogoku, et quels sont les changements et évolutions que tu as remarqué?
Sakrifiss : Tu vois, finalement dans la manière dont on procède, ça n’a pas changé. Il n’y a pas de changement. On est toujours sur la même méthode, comme on est à distance, je travaille d’abord sur les concepts comme je disais tout à l’heure, de quoi va parler l’album. Une fois que j’ai pris la décision, j’en parle à Erroïak, je lui donne l’orientation, j’aimerais qu’il y ait six morceaux, donc il faudrait qu’il fasse tant… Ensemble, on sait très bien, lui il a ses propositions également combien de temps devrait durer plus ou moins un morceau, les ambiances que ça va entraîner et après on travaille morceau par morceau, donc il est allé très vite sur les deux premiers, parce qu’à la base, il y avait un autre projet, il avait déjà des idées de mélodie etc, mais finalement ça collait bien, ça pouvait vraiment coller au thème qu’on avait choisi, des six royaumes. Et surtout le fait que ce soit six royaumes, c’est pas “enfer, enfer, enfer”.
Oui, il y a des choses qui sont relativement différentes !
Sakrifiss : C’est ça, donc tu as des morceaux qui pouvaient plus se porter sur un un rythme rapide, d’autres sont plutôt lent. Donc même ce que Erroïak avait pensé, avait réfléchi sans connaître nécessairement les thématiques à l’avance pouvait fonctionner sur sur l’un ou l’autre des morceaux. Donc une fois que lui, il a une idée de mélodie, il travaille sur sa composition, il m’envoie une sorte de démo. Moi, selon les fois, j’ai déjà les paroles que je lui ai transmises ou alors il avait que le concept, où il avait aussi les paroles en français, en japonais, mais après ça, on les enregistre pas tout de suite, il faut d’abord avoir la mélodie, les morceaux. Et c’est ensuite qu’on travaille sur les vocaux où est-ce qu’on va les placer et qui va les placer puisque la particularité, c’est aussi que on est tous les deux aux vocaux et qu’on se les partage. Ce qui permet d’éviter d’être toujours avec le même style de voix de A à Z sur l’album. On varie, on essaie de varier, on essaye, surtout de mon côté, comme je ne suis pas chanteur comme Erroïak, Erroïak il est vraiment chanteur de Black Metal. Tu peux vraiment lui donner ce nom de chanteur, de vocaliste, tandis que moi je suis plutôt brailleur, intervenant, j’ai toujours aimé ça dans le Black Metal. Moi ce que j’aime, c’est être interpellé. Mais pas de manière juste pour faire le foufou, il faut que ce soit pertinent, pourquoi ça a lieu à tel moment qu’il y a, ça peut être un cri mais il faut qu’il soit… j’allais dire spontané, mais qu’il soit aussi dans dans l’histoire que raconte le morceau.
Oui, il faut que ça reste cohérent.
Sakrifiss : Par contre, j’ai conscience que je me suis calmé par rapport aux deux derniers albums, mais ça pourrait revenir, mais on m’avait on m’avait parlé d’un d’un chant de grenouille ou de de corbeau, des choses comme ça. Mais c’est pareil, ça avait du sens au moment où ça apparaissait. Là, c’est juste que j’ai des effets de voix, mais ça ne va pas jusqu’à la grenouille donc tu vas jusqu’au têtard à peu près.
Ce qui est déjà pas mal !
Sakrifiss : Pas mal mais je pense que… tu l’as tu l’as écouté hein ?
Tout à fait !
Sakrifiss : Donc il me semble qu’il n’y a pas de…
Non, j’ai pas repéré d’animaux dessus, t’inquiète pas !
Sakrifiss : Il y a des animaux, mais en sample.
Oui, voilà. Mais j’ai pas repéré un un éléphant qui vient nous conter une histoire.
Sakrifiss : Ouais, c’est ça. Un Sakriléphant ou un Sakrigrenouille. C’est bon. Mais c’est quelque chose qui pourrait revenir si c’était nécessaire aux propos. Oh t’as changé de couleur, t’es violet !
Visiblement ma caméra se permet des petites fantaisies.
Sakrifiss : Bon, c’est pas grave. Mon tee-shirt aussi regarde.
Ah super, comme ça on est raccord.
Sakrifiss : Ouais j’ai bavé, c’est peut-être que j’ai bavé sur toi.
Ah c’est malin ça !
Sakrifiss : Voilà, est-ce que j’ai répondu à ta question ?
Tout à fait.
Sakrifiss : Voilà et après, on ajoute des petits détails. Après les vocaux, parfois il y a des samples, parfois il y a des instruments traditionnels que j’ai envie qu’Erroïak remette à un autre endroit. Et parfois, c’est on remanie tout, c’est ce qui est arrivé, c’est pour ça qu’on a un morceau bonus sur le vinyle. Je voulais tenter le contraire de la répartition des vocaux qu’on avait choisi, le morceau qui s’appelle Ningendo, où il y a une répétition de “j’aurais pas dû, j’aurais pas dû, j’aurais pas dû”. Finalement, je sais plus quelle était la première version, si c’était moi qui faisais les j’aurais “j’aurais pas dû” et ensuite les sortes de… c’est pas des refrains parce que c’est plutôt des cris ou des paroles. Et c’est Erroïak qui les fait finalement sur la version CD mais comme je voulais absolument voir ce que faisait le l’autre version, c’est-à-dire Erroïak qui chanterait “j’aurais pas dû” et moi le reste. Donc cette version, on s’est dit “autant la mettre en bonus sur le vinyle” puisque, tu sais ce que c’est les vinyles selon la durée…
Oui, il y a plusieurs faces.
Sakrifiss : On voulait éviter qu’une face se retrouve pauvre ou nue donc on l’a pu l’ajouter dessus.

Comme on l’a précisé euh le son du groupe est bien évidemment ancré entre le Black Metal et le folklore japonais. Est-ce que toi, il y aurait des groupes que tu pourrais citer comme influences pour l’Enterré Vivant de maintenant, pour l’album ?
Sakrifiss : Alors il faut que je me fasse aussi surtout la voix d’Erroïak, puisque c’est lui qui est le compositeur des morceaux, tout ce qui est musical, interprétation aussi. Moi je suis plus concept, idée, guidé vers ce qui ce qui me semblerait cohérent, les paroles et puis donc comme on le disait tout à l’heure, la moitié des vocaux. Lui en ce qui le concerne quand il compose, il ne connaît pas la musique japonaise, donc il peut seulement se baser sur ce que parfois je lui partage, parfois je dis “tiens regarde il y a ce genre de théâtre”, la musique de théâtre japonais, que ce soit celle du Kabuki ou celle du Nô. Je lui fais des partages comme ça et parfois ça peut l’influencer dans l’utilisation des instruments traditionnels qu’il va utiliser. Mais lui, sa base, si tu veux sa base, et c’est ce qu’il rajoute par la suite, sa base à lui, c’est des groupes comme Summoning bien entendu. On a beaucoup parlé de Windir, mais je pense qu’il a été influencé par Windir sur cet album plutôt indirectement, il ne s’en rendait pas compte et c’est une fois que le résultat a été fait que de lui-même, il peut dire “je suis influencé par Summoning”, mais les gens qui écoutent m’ont dit pour l’instant beaucoup Windir, et il le reconnaît, et Moonsorrow également. Ça c’est les 3 groupes importants. Je pense que c’est vrai que si on est fan de l’un ou de l’autre de ces groupes, il faut quand même essayer notre musique à mon avis. Mais de mon côté, ce que je viserais ce serait plutôt une ambiance à la Magane et c’est ce que j’essaie d’apporter. Magane, c’est un des seuls groupes japonais qui ait ajouté sa véritable culture et manière de chanter dans ses morceaux, ils ont fait que deux albums. Ils étaient actifs dans les années 90, mais ils faisaient surtout au début des démos. À la base, ils avaient un nom français d’ailleurs qui était Mortes Saltantes. Magane se sont rendus plus japonais que que prévu. Et ils ont appelé ça finalement le Yomi Metal. Donc c’est du Black Metal avec des parties japonaises. Donc si on pouvait dire qu’Enterré Vivant est du Yomi Metal, ce serait un extrême honneur puisque ça renverrait à ce que faisait Magane à la base. Après bien sûr Sigh, mais je pense que Sigh était plus avant-gardiste et utilisait beaucoup de musiques de fanfare sur sa sur une grande partie de sa carrière. C’est un peu plus récemment, je trouve, je crois qu’il a utilisé des textes en japonais et des instruments traditionnels japonais.
Tout à fait, je crois qu’il il me l’a dit il y a un mois et demi, ça fait 2 ou 3 albums qu’il est d’accord pour utiliser des instruments traditionnels et pas que des samples.
Sakrifiss : Si tu veux, on sait qu’il n’y a aucune… on n’est pas du tout responsable, mais ça correspond à peu près à la période où nous on a commencé Enterré Vivant, donc on c’est bien, on marche la main dans la main avec Sigh pour au moins présenter la culture japonaise dans la musique et d’un point de vue japonais. Ce que je veux dire par là, c’est qu’il y a beaucoup de groupes étrangers qui essayent, qui sont intéressés, qui sont passionnés par le Japon, que ce soit les américains de Saidan. Il y a aussi pas mal de groupes qui essayent de faire appel à des visuels animés ou samouraï etc… Alors, il y en a qui sont bons, mais souvent ça tombe vite soit dans le cliché, soit le “j’ai fait deux semaines de tourisme au Japon et j’ai compris le Japon”, et malheureusement ils le touchent du doigt, mais pas suffisamment en profondeur. On sent qu’ils le connaissent pas nécessairement en tout cas sur les thématiques. C’est compliqué aussi, il faut se renseigner, ça demande beaucoup de choses. Moi je suis au Japon depuis 26 ans maintenant, 25-26. Et on est toujours en train de découvrir, il y a plusieurs étapes, même ta propre culture, il y a toujours des points que tu que tu maîtrises moins ou une histoire, une période que tu maîtrises moins. Donc on est toujours en train d’apprendre des choses intéressantes.

C’est un parfait enchaînement avec la prochaine question : Vu que toi tu vis au Japon, qu’est-ce qui t’attire dans la culture du pays et comment est-ce que tu te sers de cette culture pour créer tes influences à toi, et du coup pour développer la musique d’Enterré Vivant ?
Sakrifiss : J’étais à la base, avant de venir au Japon, déjà intéressé par le Japon. Je ne suis pas venu travailler au Japon comme beaucoup, avec leur emploi, ils vont dans un pays qu’ils n’ont pas nécessairement choisi, ils le découvrent, ils en tombent amoureux ou pas. J’ai eu un intérêt à partir du moment où bah j’étais déjà en France. Et dès ce moment-là, je m’intéressais au cinéma japonais, je m’intéressais à son histoire, à sa culture, à sa littérature un petit peu de manière générale, surtout sur certains thèmes, j’ai été obligé de le faire parce que j’en ai fait mes études. Donc j’ai étudié le japonais lorsque j’étais en France et il y avait des cours de civilisation, l’art japonais, ça ne me parlait absolument pas, j’avais aucune idée de ce que c’était parce que tu peux aimer les jeux vidéo japonais et les dessins animés japonais, mais ça ne va pas non plus te donner toutes les informations sur toutes les époques. Donc ça a été très formateur, très intéressant. Et ensuite j’ai été étudiant au Japon. J’ai fait une année d’études qui m’a permis de voir comment était la vie, surtout actuelle, parce que quand tu étudies le passé, tu ne connais pas la vie vraiment comme elle est maintenant et puis, c’est pas que t’es biaisé, c’est que t’as qu’une seule partie du puzzle.
Oui, c’est sûr et puis forcément, étudier la culture et y vivre, c’est c’est forcément deux choses différentes.
Sakrifiss : Ouais, c’est totalement différent. Et puis aussi de pouvoir avoir des fréquentations ici, des amis, un entourage parce que t’en as beaucoup qui restent dans la communauté de leur pays, voire la communauté américaine, on va dire anglophone. C’est ici beaucoup de gens qui viennent et qui ne n’arrivent pas à faire l’effort d’étudier la langue et donc ils vont vers cette communauté assez importante en plus, donc tu te retrouves avec uniquement des étrangers de toutes nationalités où ils parlent tous anglais tout le temps. Dès le début, quand j’étais à l’université, c’est quelque chose que je voulais éviter et c’est vrai que les étudiants boursiers se sont tout de suite divisés en deux groupes. Et les occidentaux avaient tendance à aller vers ce groupe qui parle en anglais tout le temps. Donc j’étais avec les Chinois et les Coréens qui eux euh venaient au Japon parce que c’était presque vital, eux, c’était leur avenir, c’était pas uniquement pour le plaisir, il fallait qu’ils maîtrisent le japonais parce qu’il fallait qu’ils trouvent un travail, donc en étant dans ce groupe, ça permettait vraiment de de progresser rapidement.
Il y avait une motivation différente.
Sakrifiss : Il y avait une motivation différente. Et puis comme je l’ai dit tout à l’heure, tu découvres les choses au fur et à mesure, parfois tu tu penses avoir découvert et puis tu te rends compte que tu t’es planté, il y a toujours quelque chose derrière au Japon, c’est vrai qu’il y a toujours quelque chose de caché derrière. Il y a souvent des personnes qui abandonnent, parce qu’ils se sont rendu compte qu’ils s’étaient trompés, mais en fait, ils se trompent encore en se trompant. C’est que, ce que je veux dire, c’est que on dit euh leur première étape, c’est quand tu viens au Japon, tu dis “les gens sont ultra gentils, tout le monde est gentil”. Et après il y a toujours une période où tu te rends compte qu’ils sont gentils parce que c’est dans leur éducation et pas qu’ils sont gentils parce qu’ils sont gentils, ils sont gentils parce qu’ils doivent être gentils. Et t’as des Français mais même de toute nationalité qui bloquent ici, qui disent “c’est de l’hypocrisie, ils sont gentils, mais en fait ils ne le pensent pas”, et ils bloquent là. Et après, ils ne vont pas aller creuser plus loin alors qu’il y a justement cette étape d’après : oui, ils sont gentils parce que ils sont forcés à l’être en public, mais quand tu creuses, tu te rends compte que bah finalement ils sont tout de même véritablement des personnes agréables et qui ne vont pas te cracher dessus s’ils en avaient l’occasion. Ils sont gentils parce qu’ils n’ont pas le choix, mais ils sont aussi véritablement gentils. Mais cette période, ce moment où tu te poses la question, c’est vrai qu’il y en a beaucoup qui ne font plus d’effort après. “Il y a une hypocrisie et elle ne me plaît pas, le Japon, c’est de la façade”. Il suffit de gratter un petit peu pour que tout s’écroule.
C’est le fameux Tatemae dans mes souvenirs.
Sakrifiss : Tu connais bien, il fallait le dire tout de suite ! “Tu sais Sakrifiss, en France, tout le monde connaît ça maintenant” !
Alors pas tout le monde non plus, mais c’est vrai que quand on s’intéresse un minimum au Japon, c’est un sujet qui revient très souvent le la fameuse “gentillesse par hypocrisie” et au final, oui, pas mal de gens s’arrêtent à ça.
Sakrifiss : Ils s’arrêtent à ça. C’est une étape, je crois qu’elle est inévitable, mais il faut la dépasser. C’est comme si tu te dis “au Japon, on ne peut pas se faire d’amis”, on ne peut pas se faire d’amis du concept français. On a un concept, c’est comme l’amour, c’est comme s’ils disaient “les Japonais ne s’embrassent pas avec la langue, dehors dans le métro, ils s’aiment pas”. Ce serait comme si tu disais ça, tu te rends compte de la bêtise de ça. C’est juste que non en France, on accepte les galoches… Merde, c’est un mot d’une d’une autre d’un autre siècle ça ! (rires)
T’inquiète pas, on le comprendra quand même !
Sakrifiss : Je me suis fait avoir. Les smack ? Non c’est pire.
C’est pire en effet !
Sakrifiss : Comment tu dis alors les alors ?
Juste s’embrasser en fait tout simplement !
Sakrifiss : Alors voilà, en France euh on n’hésite pas comme ça. Ici ça se manifeste d’une autre manière, mais pas en public tout simplement. Donc tout ce que j’ai découvert sur le Japon, moi, j’ai envie de montrer ce que moi j’ai réussi à comprendre du Japon qui me semble, j’espère être à une étape supérieure de ceux qu’ils connaissent que de voyage ou d’être resté un an, deux ans. Au bout de 25, 26 ans, il y a des choses que j’essaie de raconter et je ne les raconte pas non plus en faisant la morale ou en disant “c’est comme ça”. Je m’interroge toujours également quand même dans les albums.

Sakrifiss : Si tu savais comme la cagoule pue maintenant au bout de 10 ans que c’est la même… Elle était parfumée à un moment et là le par l’odeur du parfum, parce que j’avais fait tomber une flasque de parfum. Et là non, elle ne sent pas bon.
Il faut racheter du parfum !
Sakrifiss : Soit racheter du parfum… j’ai essayé de m’en refaire une, mais il y a toujours une petite différence entre les yeux, la bouche ou le nœud donc ça me fait une autre tête, ça ne me fait pas la même tête.
Je vois le concept !
Sakrifiss : Alors c’est vrai que j’ai tendance à beaucoup parler.
Ouais mais c’est pas grave parce que c’est intéressant. Donc moi ça ne me gêne pas du tout, ça me fera juste plus de boulot à la transcription, mais c’est pas grave.
Sakrifiss : Tu peux pas demander à l’intelligence artificielle ?
Alors si tu peux, mais il y a toujours un check à faire parce qu’il ne va pas te dire qui parle, des fois il y a des des mots qu’il va transformer par exemple, tu m’as parlé de Magane, je suis certain qu’il n’y a aucun monde où il peut vraiment m’écrire Magane correctement (il l’avait en effet écrit “Magé”, ndlr).
Sakrifiss : Magane c’est facile hein, c’est MAGANE.
Je ne connaissais pas le premier nom qu’ils avaient, mais je connaissais Magane, mais je suis certain que l’IA ne va pas me trouver Magane. Alors il va me l’écrire en deux mots et il va y avoir un vrai nez qui va arriver de de nulle part, et ça peut être rigolo, mais ce n’est pas le but.
Sakrifiss : Ça ne va pas servir à grand chose.

Exactement. Prochaine question : j’ai vu sur le presskit qu’il y a en effet Erroïak et toi, mais j’ai également mention d’une vocaliste qui s’appellerait Uguisu si je prononce bien.
Sakrifiss : Cette fois-ci, tu l’as pas très bien prononcé. C’est Ugu-isu. Je ne sais plus comment on dit en français cet oiseau d’ailleurs je le visualise en japonais (la bouscarle chanteuse ou rossignol japonais, ndlr).
Et du coup, comment est-ce que vous avez collaboré ensemble et comment est-ce que vous l’avez intégré au projet?
Sakrifiss : Ca c’est un petit peu… tu sais quand t’as des très très bonnes recettes, on te donne les ingrédients et on te dit toujours “par contre, je vous dirai pas la petite touche secrète”. Il y a une petite touche secrète, le petit ingrédient, tu ne sais pas ce que c’est et on ne veut pas te dire ce que c’est, la sauce du Big Mac, on saura pas. C’est un petit peu ça de notre côté, même si on a quand même mis une une illustration la concernant dans le livret, on veut garder le mystère à son sujet. Elle n’a pas envie d’être mise dans la lumière. La seule chose que je peux assurer parce que si on me disait ça, moi aussi j’aurais un doute, ce n’est pas une IA, ce n’est pas un robot, je veux juste rassurer là-dessus. C’est véritablement une chanteuse très talentueuse qui en plus arrive à faire ses parties vocales en une prise, ça y est, c’est fait, elle peut chanter en plus – je ne sais pas si ça se remarque à l’écoute des morceaux, pour moi oui, parce que je sais ce qui est chanté – en français et en japonais. Donc on a une perle rare qui en plus, je pense qu’elle ajoute véritablement quelque chose sur ces deux apparitions dans l’album.
D’accord. Donc du coup c’est la petite touche secrète de la recette, c’est noté.
Sakrifiss : C’est la petite touche secrète, on n’en dira pas plus je pense. Et vous pourrez chercher “Uguisu” sur internet, vous ne trouverez que le petit oiseau. Vous ne la trouverez pas, parce que c’est un nom qu’elle a choisi spécialement pour pour le groupe donc même dans d’autres, si elle a joué dans d’autres projets, ce ne sera pas le même. Ce sera aussi mystérieux.
D’accord, on va garder ce mystère, on sait juste que c’est une vraie personne et ça me va.
Sakrifiss : Ouais, c’est ça qui est important. Et ce n’est pas sa voix sur le premier morceau parce que il y a le premier morceau qui est Gakidô, il y a un instrument de musique, et on nous a dit “ah c’est elle qui apparaît !”, mais non, c’est que l’instrument de musique est à une tonalité qui est proche d’une voix féminine, mais c’est pas là. En tout cas, c’est noté, les deux morceaux sur lesquels elle apparaît, ils sont notés dans le livret, donc normalement on ne peut pas se tromper.
Alors on ne peut pas se tromper, il faut savoir lire pour ça. (rires)
Sakrifiss Voilà oui, c’est vrai que dans le Black Metal c’est pas évident. (rires) Popopo.
Ça tire à balle réelle.
Sakrifiss : Ouais, on va dire ça. 

Nouvelle question : est-ce que tu penses que vous avez progressé, même si au vu de ce que tu m’as dit tout à l’heure, je pense que c’est le cas, est-ce que vous avez progressé en tant que musiciens et compositeurs avec ce nouvel album?
Sakrifiss : Erroïak il a extrêmement progressé lui, oui. Je ne le dis pas en tant que Sakrifiss, je le dis parce qu’à chaque fois il dit “avec mes compétences actuelles, je peux faire ceci, je peux faire cela”, donc il a bien conscience d’avoir plus de facilité qu’auparavant. D’autant plus qu’il a retravaillé tous les morceaux du premier album. Il est épuisé, le premier album qui était sorti chez Drakkar, il a été en rupture de stock assez rapidement donc… C’est un projet qu’on a, on est censés ressortir le premier album. Mais moi je suis quelqu’un qui est un peu, tu sais de la vieille école, collectionneur etc… donc je pense que c’est bien de ressortir un album qui est épuisé, mais pas dans la même version pour que les personnes qui l’ont acheté à l’époque se disent “moi j’ai la version de l’époque, la première”, et donc de ressortir avec soit des différences visuelles ou si possible un nouveau son, surtout à notre époque ou si tu veux la première version finalement tu tu peux la trouver sur Bandcamp, tu peux la trouver en dématérialisé, tu pourrais trouver la première version. Il y a des personnes qui détestent ça, quand Dimmu Borgir a avait ressorti ou Covenant avait ressorti les vieux albums en version remasterisé ou même retravaillé, c’est comme si c’était une trahison. Mais finalement pour moi, c’est une nouvelle vision. A l’époque, ça ne veut pas dire que c’était mauvais. On revient pas sur ce qu’on a fait, c’est qu’on a dit “si on le faisait maintenant, voilà à quoi il ressemblerait”. Et ça n’efface pas l’album tel qu’il était auparavant.

Oui, c’est sûr, en même temps, comme tu viens de le préciser, on a forcément progressé avec le temps. Donc il y a des choses qui sont plus simples, qui sont mieux faisables, même au niveau de potentiellement de l’enregistrement et de la technologie.
Sakrifiss : Oui, par contre attention, moi je suis quelqu’un qui n’estime pas que le niveau en tant que musicien augmente le niveau d’un album. Ça peut-être qu’Erroïak le pense, mais moi, je suis très dans le… ce que certains détestent, on va dire comment, pas le feeling, sinon MaxYme va venir nous taper sur les doigts (rires). Alors c’est pour ça que j’utilise pas le mot, mais c’est la spontanéité, c’est l’envie, et ça se transmet tellement dans le Black Metal que parfois tu as un niveau supérieur, mais ça s’entend, on entend maintenant un musicien alors qu’avant on entendait euh quelqu’un qui lâchait ce qu’il avait envie de lâcher. Donc c’est pour ça que les deux versions pour moi sont importantes. Ça ne veut pas dire que la nouvelle sera meilleure, c’est-à-dire qu’elle sera faite avec la vision ou avec les moyens d’un artiste à ce moment-là.

J’ai tout à fait le concept ! Vous avez un nouveau label qui est Transcendance. Comment est-ce que vous êtes arrivés à collaborer avec… je crois qu’elle s’appelle Marie.
Sakrifiss : C’est Marie, oui. Beaucoup doivent la connaître, peut-être pas pour son label, et c’est dommage parce qu’elle a beaucoup de bonnes sorties, mais pour ses groupes.
Oui, elle a aussi pas mal de projets.
Sakrifiss : Elle a beaucoup de projets et qui sont exceptionnels, donc il y a Vertige. En priorité. Beaucoup mémorisent parce que le nom était rigolo, mais c’est J’ai si froid. C’est marquant comme nom. Et puis elle a beaucoup de projets qu’elle partage, il y en a avec Déhà par exemple, l’artiste belge qui a aussi participé à notre nouvel album puisqu’il a amélioré le mix, mix qui est fait à la base par Erroïak, et peaufiné du vernis de Déhà. Nous, ça fait longtemps qu’on est fan de son travail à Transcendance. Déjà chez Drakkar, ça c’était très bien passé. Le premier album chez Drakkar, il y a aucun problème, si l’album est en rupture de stock, c’est soit que la promotion a été bonne, soit il n’y avait pas assez de CD qui sont sortis et de vinyles. Mais quand quand tu as tout vendu, enfin on va faire attention aux mots, mais on est obligé d’utiliser ce mot-là, quand tout est parti. Mais on ne pouvait pas rester chez Drakkar parce qu’on avait pris l’orientation de la musique à la japonaise. Eux, ils auraient sûrement accepté en plus. Noktu (le dirigeant du label, ndlr) était très content que l’album se soit vendu, mais je pense qu’il fallait qu’on soit sincères. Pour moi, un label, c’est très important. Encore récemment quand je parlais de Transcendance, quelqu’un a mis sur Facebook “qui a encore des labels en 2026”, ce genre de commentaire…
Pourtant il y a encore beaucoup de monde !
Sakrifiss : Et puis pour moi qui suis auditeur, c’est ultra important parce qu’un label, je vais m’intéresser à ses sorties parce que je sais quelle est son orientation. Et grâce à ça, si le groupe était resté indépendant, autoproduit, est-ce que je ne serais pas passé à côté ? Je serais peut-être passé à côté. Comment j’aurais pu avoir l’information avec toute la masse de choses qui sortent. On passe à côté de choses euh qui méritent le détour. Donc j’en ai besoin, j’ai aussi besoin de labels moi en tant qu’auditeur parce que je fais des achats matériels et si j’achète au groupe… J’aimerais acheter à tous les groupes, mais ça veut dire que j’achète un album, un album, un album.
Et mine de rien, avec les frais de port, ça commence à chiffrer…
Sakrifiss : Le Japon, c’est pas évident. Donc avoir un label ou une distro qui serve les albums pour ça ça reste ultra important de mon côté. Et faire vivre les labels, ça fait vivre aussi beaucoup d’artistes. Parce qu’un label va aussi conseiller de faire appel à un illustrateur, ce genre de chose. Ça fait vivre aussi les illustrateurs, donc ça fait vivre un peu tout le monde enfin j’espère.
Mine de rien, un label, c’est censé être au moins une équipe ou si ce n’est une personne qui gère avec des partenaires.
Sakrifiss : Oui, c’est ça, et puis est-ce que le musicien doit également – tant mieux pour lui s’il en est capable – se charger de la promotion, d’essayer de trouver des personnes qui ont envie de le chroniquer, il n’a pas le réseau.
C’est un autre métier !
Sakrifiss : C’est un autre métier, il a un réseau, ça permet tout ça, donc je pense que c’est important. Et donc pour moi, c’est aussi important qu’un label ait une orientation. Et Drakkar n’était plus… alors que j’adore Drakkar, mais notre musique pour moi ne correspondait plus à Drakkar, alors que Antiq était tout à fait là-dedans. Antiq qui aime les concepts, qui aime qu’un groupe ait sa vision et que la musique est aussi importante que la thématique et ce que raconte le groupe. Donc c’était important. Après deux albums, il n’y a eu aucun problème situé sur la conception des albums, mais il y a eu quelques petits couac avec des personnes qui avaient commandé puis qui nous ont dit “la communication avec Antiq, on a du mal”, parfois l’album n’arrive pas tout de suite, donc on a eu des petits retours un peu négatifs. Si les gens qui nous soutiennent nous disent “si le prochain album sort sur Antiq, je vais hésiter à le prendre” – et c’est malheureusement quelque chose qui m’a été dit. Ca a été dur parce que si tu veux du côté relationnel, surtout Erroïak, qui a d’autres groupes chez Antiq, c’est quelque chose qui l’embêtait quand même, c’est normal, il n’a pas envie de froisser les personnes avec qui il s’entend bien. Donc on n’a aucun problème humain. Et on a eu ces retours de notre communauté. En réfléchissant aux labels qui pouvaient encore correspondre à notre orientation. Et comme je le disais tout à l’heure, on avait décidé avec le nouvel album que ce serait plus accessible, plus direct, moins alambiqué etc… J’avais trois/quatre labels en tête, mais je n’en avais qu’un seul en France. Mais est-ce que c’est le moment de se dire tiens “Enterré Vivant peut aller sur un label Européen”. Transcendance, j’étais pas sûr que ça l’intéresse en plus Marie n’avait jamais dit “j’aime ce que vous faites avec Enterré Vivant”. J’avais jamais entendu dire ça alors que j’étais en contact avec elle pour d’autres discussions, sur sa musique, sur la scène Black Metal etc. Donc je me disais “est-ce que Naturmacht…” tu sais, c’est le label qui faisait Grima par exemple.
Ouais je vois très bien !
Sakrifiss : D’ailleurs le le t-shirt que je porte, c’est aussi de chez Naturmacht (il porte un t-shirt du groupe Astral Alchemy, ndlr). C’est un groupe qu’ils ont signé récemment. Voilà, est-ce qu’il ne faudrait pas que je trouve quelque chose qui ressemble à Antiq, mais au niveau européen. Et puis je me dis “non, on a quand même une grande base française”, même si on a beaucoup de d’auditeurs hors France hein, on a beaucoup de chroniques dans des langues qui vont de l’espagnol au finlandais, des gens qui sont implantés au Mexique qui ont fait des vidéos sur le groupe, on a ça, mais c’est vrai que la principale base, elle est en France, des gens qui vont acheter l’album, si c’est dans un pays étranger, ça peut leur faire plus cher etc… Et en contactant Marie, elle me dit “vous savez, je ne suis pas très fan de ce que fait Enterré Vivant”. Je lui dis “attends on a des nouvelles compositions”. En lui envoyant les nouvelles compositions, elle est tombée sous le charme de ce qu’on faisait, ce qui me prouve qu’il y a vraiment une différence importante. Peut-être pas de niveau, mais en tout cas d’ambiance, de résultats entre l’album précédent et celui-ci. Elle a dit “si c’est celui-ci, il faut retravailler juste le son” parce que pour elle, le mix d’Erroïak n’était pas suffisant.
D’où l’appel à Déhà ?
Sakrifiss : “Avec Déhà,on peut travailler, on peut encore améliorer ça, et si vous acceptez qu’on travaille avec Déhà…” Et puis c’était c’était pas du tout un problème, bon allez on va accepter, d’accord ‘rires). Donc il a pu encore arrondir ce qui devait l’être pour que ce soit encore plus… faire ressortir une puissance qui peut-être ne suffisait pas avec nos seuls moyens. c’est comme ça qu’on est restés, en plus elle était aussi enjouée envers notre musique, et de la part de quelqu’un qui ne l’était pas avant, c’est convaincant quand même ! Et c’est quelqu’un en plus qui ne sort pas 10 ou 15 groupes dans l’année, tu vois?
Oui, elle les sélectionne bien !
Sakrifiss : Je crois que cette année, elle doit avoir 4 ou 5 sorties max. Il y a eu son propre groupe, Vertige, en tout début d’année, il y a eu Enoid il y a deux-trois mois, et je crois qu’elle sort… enfin non, je suis sûr qu’elle sort Enterré Vivant, c’est pas une blague (rires). Et il y a un autre groupe dont elle n’a pas encore fait l’annonce donc je ne vais pas l’annoncer moi-même mais qui sort à l’automne.
Donc oui en effet, gage de qualité et forcément j’imagine un peu de fierté d’avoir… je ne vais pas dire converti quelqu’un mais convaincu ?
Sakrifiss : Convaincu ouais. Et puis la bonne nouvelle, c’est que ce que notre communauté attend de savoir et la bonne nouvelle, c’est que les CD et les vinyles sont prêts. L’album sort… il n’est pas encore sorti (l’interview a été réalisée le 22 septembre, ndlr), mais officiellement, tout est prêt, tout est arrivé, j’ai vu les CD tout à l’heure. Il y a 2 heures, elle les a reçus, elle m’a envoyé une petite vidéo pour me montrer que tout était en bon état, comme on l’imaginait. Et les vinyles, elle a eu un coup de fil pour lui dire aussi que ça arrivait donc tout sera prêt pour le 2 octobre.
C’est parfait alors, il y aura juste ma vidéo qui ne sera pas prête, mais c’est pas grave (rires).
Sakrifiss : Ce sera sorti quand vous écouterez !

Prochaine question, je ne vais pas dire que je vais lancer une polémique, mais est-ce que t’aurais envie de de jouer sur scène avec Enterré Vivant ?
Sakrifiss : Evidemment, évidemment ! Après, il y a énormément de contraintes, donc c’est quelque chose qui était inimaginable je pense il y a encore quelques années, après ce que peut trotter dans la tête… A la base, j’ai toujours dit que je ne ferai jamais de musique, je préfère rester auditeur et puis finalement j’ai plongé dedans. Donc c’est pas inimaginable. Ça demande d’avoir des musiciens, ça demande d’avoir beaucoup de choses. Je pense que si on arrivait à à trouver effectivement des personnes et que je venais en France, ça pourrait être…on l’a bien vu, qu’on on veut organiser quelque chose, il suffit de d’avoir un bon réseau et je pense qu’on connaît suffisant de personnes pour essayer de faire un truc… Il faut voir sous quelle forme ce serait. Si c’était demain, ce serait un unplugged, pourquoi pas Enterré Vivant ? Mais ça demande tout de même une préparation.
J’imagine bien, parce qu’au-delà de créer les compositions et de les enregistrer il faut les répéter et surtout quand il y a plus d’une personne, il faut répéter pour être coordonné.
Sakrifiss : Et en plus à distance, donc il y a beaucoup de bâtons dans les roues pour que ça se fasse, mais si c’était juste réalisable, ce serait réalisé. Un autre problème aussi, c’est qu’on est très mauvais Erroïak et moi-même pour mémoriser les paroles. Lui il s’en sort bien quand c’est en français, mais quand il chante en japonais, souvent il a le texte. Ce n’est pas quelqu’un qui parle japonais à la base, mais il s’entraîne pour ses parties en japonais donc c’est complexe d’apprendre. Dans ta propre langue, ta chanson, ça va, mais mémoriser quand c’est une autre langue que tu ne maîtrises pas…
C’est plus mémoriser les sonorités au final ?
Sakrifiss : Après je dis ça, mais peut-être qu’il en serait capable, il va peut-être me tirer les oreilles après. “T’as dit que je savais pas le faire alors que je peux le faire !”
Il va te tirer la couette. (rires)

Est-ce que vous avez déjà des projets pour le futur d’Enterré Vivant après la sortie du nouvel album ?
Sakrifiss : Pour Enterré Vivant, non, parce qu’on a tous les deux d’abord d’autres projets qu’on n’a pas finalisés, et qu’il faut absolument qu’on finalise. Une fois qu’on commence, on est à fond, on se met dedans. Donc il ne faut pas qu’on commence, il ne faut pas. Et de toute façon, on n’avait pas commencé le nouvel album avant la sortie du précédent. On nous dit ‘vous êtes revenus vite” parce que Akuzaï est sorti il y a un an et demi, mais nous, on l’a fini il y a deux ans. Et entre le moment où on l’a terminé et sa sortie, il y a eu plus de six mois je pense, parce que le label avait d’autres sorties à gérer avant, il ne pouvait pas…
Oui, c’est des questions de planning.
Sakrifiss : C’est normal, il faut le comprendre, mais c’est ultra frustrant aussi, quand toi t’as tout fini, t’as hâte de le faire écouter quand on te dit “c’est dans six mois”. Trop loin ! Et c’est pour ça que nous, on a tout de même attendu que l’album sorte pour se remettre à travailler sur l’album suivant. Mais finalement il n’y avait pas un an et demi pour nous, il y avait beaucoup plus qu’un an et demi entre les deux albums. On a au moins attendu finalement… Pour nous l’album précédent était terminé depuis huit ou neuf mois quand on s’est remis sur de nouvelles compositions. Entre temps, on fait chacun nos projets. Lui, il a beaucoup de projets musicaux et moi de mon côté, il faut absolument et je m’en excuse auprès d’Émilien des Editions des Flammes Noires, parce que j’ai le mon deuxième livre qui est terminé, et il me fait des propositions de d’organisation du livre alors que je suis tellement dans dans l’album que j’ai pas eu le temps. Donc une fois que l’album est sorti, je finalise avec Émilien le deuxième bouquin.

Justement, tu nous fais encore une superbe transition puisque t’étais venu en France en début d’année pour faire des rencontres abonnées notamment. Enfin des rencontres abonnées, des rencontres lecteurs aussi !
Sakrifiss : C’était surtout des rencontres organisées avec la maison d’édition, les Flammes Noires. Je ne me serais pas permis je pense, ou j’aurais pas eu le confiance pour dire “ouais, je vais faire des rencontres avec des abonnés de ma chaîne YouTube”. C’est pas dans mon esprit en fait. Je suis demandeur de rencontrer les gens, mais pas de dire “regardez je suis un influenceur, je vous venez me rencontrer”, c’était absolument pas le concept et l’idée. Alors en plus si ça a été perçu comme ça…
Alors non, ça n’a pas du tout été perçu comme ça, c’est juste moi qui ne sais pas m’exprimer, donc tout va bien (rires).
Sakrifiss : Non, pas nécessairement par toi, mais c’est vrai que c’était pas le concept, c’est plutôt ce qui se fait beaucoup plus dans l’édition, on a sorti un livre, si ça peut aider l’éditeur à le faire connaître, c’est important de faire des rencontres. Et par la suite, je sais que beaucoup de personnes sont plus venues parce que ce sont les vidéos qu’ils connaissent, et ça a été un plaisir de rencontrer toutes ces personnes-là. Mais à la base, c’était plutôt dans le cadre du bouquin que je venais. Et ensuite, c’était c’était exceptionnel. On est passés à Lille, il y a dû y avoir 80 personnes qui étaient là. C’était assez impressionnant de pouvoir discuter avec des gens qu’on pouvait parfois avoir déjà rencontré par pseudo, des messages sur le net, d’autres sur des forums depuis plus longtemps. Il y avait aussi des personnes qui appartenaient à des groupes qui étaient venus pour présenter, ou des groupes que je connaissais, que j’ai pu rencontrer et d’échanger ensemble. Après, je pense que j’ai fait peur à tout le monde parce que quand je parle au bout de 2 heures, il y a une grosse tache de bave là, et je m’en rends compte, je m’en étais pas rendu compte au début, en voyant les photos, j’ai vu que j’étais bien bien inondé, et ça explique le regard un peu flippé des des enfants et des des femmes. C’est pour ça que je n’ai pas conclu, je suis rentré tout seul
T’as pas conclu, mais au moins les rencontres étaient concluantes !
Sakrifiss : Voilà, ça c’est joli. Et à Paris pareil, il y a eu des des bonnes surprises, des gens très différents qui venaient, par contre Nantes, c’était une aventure parce que c’était le jour des grandes neiges en France. Donc Émilien m’a emmené là-bas en voiture et lui, il habite pas très loin donc il n’avait pas besoin de retourner à Paris, mais le lendemain matin, il a fallu lutter pour essayer de trouver un train, Sakrifiss dans le train. Et je remercie encore ce hasard incroyable, c’est qu’il y a un… je vais dire un allié qui était venu à Lille, un gars qui s’appelle “Blut” que certains doivent connaître et qui par hasard était sur Nantes ce jour-là, pas du tout pour la pour les mêmes raisons que moi. Mais il était à Lille et il m’a dit “je suis à Lille et je sais à quelle heure il y aura un train, quoi qu’il en soit, le train de telle heure partira, celui que toi tu as pris, je ne suis pas sûr qu’il parte”. Donc grâce à lui, j’ai j’ai pu avoir un train effectivement. Je repartais au Japon le lendemain, donc j’avais besoin d’avoir mon train. Donc je lui je lui passe le malu !

On arrive sur la fin et les deux dernières questions sont des questions d’imagination. La première, vu que tu es volontaire dans la théorie à jouer sur scène avec Enterré Vivant, est-ce qu’il y a des groupes avec lesquels tu aimerais partager la scène ?
Sakrifiss : Je vais répondre vraiment de manière perso. Ce sont des groupes plutôt vivants, j’imagine ?
Alors tu peux donner également des réponses totalement irréalistes et ressusciter quelques personnes, il n’y a pas de souci !
Sakrifiss : Il faudrait emmener Magane, ça c’est sûr et certain. Juste parce que c’est un groupe que je suis depuis les débuts et que je sais qu’il tourne beaucoup, moi j’aimerais bien que Bovary soit là, c’est le nom qui me vient à l’esprit comme ça. Je pense qu’ils font des bons sets, ils font des belles choses, et même s’il y a énormément de groupes, je dirais plutôt des groupes jeunes ou actuels finalement, au lieu de ressusciter des groupes. Magane, je ne suis pas sûr qu’ils tournent, pas du tout même. Mais les groupes français, je prendrais soit Bovary, soit les groupes un peu actuels comme Houle ou Galibot, je pense qu’ils sont bien et Enterré Vivant est quand même plutôt d’une sonorité actuelle tout en restant Black Metal.
Moi je valide l’affiche, je signe et je veux être photographe là-dessus !
Sakrifiss : Ah voilà on t’attend !

Dernière question, est-ce que tu pourrais comparer la musique d’Enterré Vivant à de la nourriture ?
Sakrifiss : De la nourriture ? Tu ne savais plus quoi poser là comme question, c’est pas possible (rires). Là où j’habite à Fukuoka, dans le Japon, il y a une spécialité qui s’appelle le mentai. C’est très japonais parce que je n’en ai jamais entendu parler en France, c’est pas du caviar, mais on pourra le comparer au caviar dans le sens où ce sont des œufs de poisson. Et ça coûte bonbon comme du caviar. Il y a une spécialité de ce mentai où tu peux le mettre… tu peux le manger avec n’importe quoi, avec du riz, tes pâtes, dans ce que tu veux. Et il y en a un où tu le mets dans du pain, genre pain français genre pain français et ils appellent ça du “Mentai France”.
D’accord. Donc un sandwich aux œufs de poisson.
Sakrifiss : Un sandwich aux œufs de poisson. Enterré Vivant, Erroïak en France, Sakrifiss au Japon. Donc Enterré Vivant, ce serait ce mélange, encore une fois, du pain à la française avec ce mentai à la japonaise. Donc voilà pourquoi je comparais à ça, du “Mentai France”.
C’est c’est une réponse très cohérente également !
Sakrifiss : Je le suis plus qu’on croit ! (rires)
Je n’aurais jamais prétendu que tu ne le sois pas !

C’était ma dernière question, je te laisse les mots de la fin et je te remercie pour ta disponibilité !
Sakrifiss Je voulais surtout te dire, tu le sais, je te remalcie, c’est important d’avoir eu cette initiative donc de me proposer une interview, ce temps c’est toujours important, répondre en une phrase, deux phrases, c’est quelque chose que je ne peux pas faire. Tu as été à l’écoute, les questions n’ont pas concerné que l’album, mais ont vraiment dépassé un petit peu ce ce cadre, devoir reparler un petit peu des débuts c’est important, je pense qu’Enterré Vivant est en train d’essayer de créer quelque chose sur la continuité, c’est-à-dire qu’il y a depuis le deuxième album, même si le premier, c’est les prémices et les prémices sont toujours quand même importantes, on essaie de créer quelque chose, d’évoluer. On ne s’applique pas en fonction des commentaires, mais on évolue tout de même. Et je dis ça parce que je voudrais terminer sur : si vous n’avez pas aimé un album précédent, je pense que celui-ci, il faut quand même aller y jeter une oreille, il faut lui laisser sa chance, à cet album. Il y a beaucoup de groupes comme ça où on dit “non, j’ai déjà écouté leur album d’avant et ça m’a pas plu”. Mais là, Marie a été convaincue. Si Marie a été convaincue, Brouillard a été convaincu. Alors ça pourrait fonctionner ! Et Déhà aussi a été convaincu, donc malci à tous de jeter une oreille dessus.

Laisser un commentaire