
En ces temps étranges et troublés que nous vivons, Sanit Mils a décidé de nous redonner le sourire en organisant le retour de Wolvennest.
Accompagnés sur cette tournée par Bedsore et Vigljos, deux formations elles aussi très particulières, les Belges se sont rendus au Glazart pour leur seule étape française, qui était de ce fait plus qu’inratable.
Nous débutons donc la soirée avec un peu de retard en compagnie des apiculteurs suisses de Vigljos qui vont malheureusement souffrir d’un souci assez important : le son du clavier est assourdissant. Et malgré les demandes du claviériste (dont la toque frotte littéralement le plafond) et du chanteur, le problème sera visiblement ignoré, ce qui n’empêchera pas les musiciens de se démener pour proposer des compositions crues, sombres et même un peu dépressives, surtout au niveau des hurlements qui empruntent au DSBM. Les riffs font mouche, et l’intensité du vocaliste est communicative, on se laisse littéralement emporter dans la noirceur malgré un quatrième titre teinté de Folk montagnard entre sauge et accordéon, mais la violence reprend, et même si la fumée occulte parfois la scène, personne ne sera surpris de voir le leader finalement descendre dans la fosse, où il ira même jusqu’à s’agenouiller pour hurler tout son désespoir, puis lâcher le micro pour clore un set de haute volée.
Setlist : Sowing – A Seed of Aberation – Swarming – Claviceps – Dance Of The Bumblebee – Delusions of Grandeur – Vígljós – Fallow – A New Cycle Begins
Changement total d’atmosphère avec les six italiens de Bedsore, dont le lineup va largement surprendre, notamment avec ses deux claviéristes. Leur Death Progressif est parfois bruitiste, parfois plus délicat en flirtant avec le Jazz sous des lumières bleues profondes, mais une chose est sûre : ils maîtrisent tous leur instrument à la perfection ! Si pour ma part je suis beaucoup moins client du côté Prog très largement mis en avant, je me délecte des passages les plus violents soutenus par les rugissement de Jacopo Gianmaria Pepe (guitare/chant) qui n’hésite pas à lâcher de temps à autre son instrument pour se cramponner au micro. Le peu de luminosité desservira l’autre guitariste ainsi que le deuxième claviériste qui restent un peu dans l’ombre, mais le show reste très vivant, les musiciens se lâchant sur les passages les plus hargneux tout en restant concentrés sur leur jeu, et le public en prend plein les oreilles du début à la fin !
Setlist : Minerva’s Obelisque – Scars of Light (Overture) – A Colossus, an Elephant, a Winged Horse, the Dragon Rendezvous – Realm of Eleuterillide – Fanfare for a Heartfelt Love – Fountain of Venus
La scène est réaménagée pour accueillir les deux autels de Wolvennest, mais aussi et surtout le thérémine de Shazzula (chant) qui occupera l’espace central permettant aux cinq autres musiciens de se répartir le reste de la scène. Ayant déjà vu le groupe il y a un bon moment, je redécouvre ce son pesant, planant, mais aussi occulte qui permet un jeu de scène assez statique mais méthodique où chacun sait ce qu’il a à faire, que ce soit headbanguer en matraquant cordes et fûts ou au contraire se montrer bien plus délicat comme la vocaliste qui utilisera son inhabituel instrument pour créer des passages bruitistes et étranges, que ce soit avec ses mains ou son micro. Dans le public, nous admirons tous la maîtrise des arts sombres et applaudissons lorsque le court silence entre deux morceaux se fait, et plus le show avance, plus nous sommes envoûtés par les melodies ténébreuses du groupe, fascinés par la vocaliste et ses deux guitaristes/choristes, et je peux vous assurer que le chant saturé de la dame est aussi surprenant qu’imposant. Mais toutes les bonnes choses ont une fin, et c’est après une bonne heure d’un set pesant mais délicieux que les belges nous salueront sous les acclamations.
Setlist : Décharné – Purple Poison – The Shadow on Your Side – Incarnation – All That Black – Ritual Lovers – Famadihana – In the Ruins – Accabadora
Ce n’est un mystère pour personne : Sanit Mils a le don pour proposer des affiches d’exception, et ce soir en est une preuve. Que ce soit le Black Metal brut de Vigljos, le Death Progressif de Bedsore ou le Doom occulte de Wolvennest, nous avons eu trois bonnes doses de curiosité musicale ce soir au Glazart ! Il est temps pour moi de fendre la nuit et de regagner mes pénates, non sans chérir ces souvenirs uniques.

















