
Reprise des activités chez Hurakan.
Quatre années sont passées depuis leur dernière sortie, mais Danny Louzon (chant), Raphaël Darras (basse), Maxime Maréchal (guitare), Thomas Moreau (guitare) et Loris Marquand (batterie) sont maintenant prêts à nous dévoiler Eternal Scars, leur quatrième album.

Un son dissonant nous présente Break Their Spine, premier titre qui tarde un peu à démarrer, mais qui permet au groupe d’exploser d’un seul coup, proposant un son moderne soutenu par un mix assez peu clément qui fait la part belle au chant et à la batterie tout en laissant quelques samples développer les tonalités inquiétantes en arrière-plan. Le traditionnel break Deathcore marquera le point culminant de la violence, puis on enchaîne avec Parasite et ses riffs saccadés où la basse fait son grand retour, introduisant proprement les différentes moshparts tout en laissant le chant s’enhardir d’influences Hardcore. Court moment de répit avec l’introduction de Disgrace, morceau assez sombre qui place quelques choeurs à des moments stratégiques, parfois même doublés d’infrabasses pour appuyer la lourdeur, puis c’est avec le métronome que le groupe enchaîne sur Help Me, titre qui n’hésite pas à proposer des passages assez simples comme des pointes de technicité mais qui se termine un peu rapidement. The Mirror prend alors le relai et nous arrose copieusement à son tour de blast et autres patterns spasmodiques, mais là encore, il prend assez vite fin pour laisser la voix d’André Comte-Sponville nous parler de son rapport à la mort afin d’introduire correctement Eternal Scar. Une douce mélodie l’accompagne, mais le groupe va bien évidemment revenir à sa fureur originelle et frapper avec une pointe de mélancolie dans ses samples, créant un contraste appréciable qui s’étalera sur tout le long du morceau, avant de nous permettre de souffler à nouveau avant que Dogma ne prenne le relai. Une fois de plus, c’est avec cette touche moderne que le groupe développe sa brutalité haletante avant un sample rétro pour rejoindre Blind Creed et sa rythmique rentre-dedans qui n’attendra que quelques instants lors des claviers cybernétiques pour se remettre à l’oeuvre. On pourrait même noter quelques racines Djent et l’apparition soudaine d’un raptor, mais c’est finalement Hollow Soul qui nous embarque grâce à ses touches épiques dans les leads, abandonnées au profit d’une moshpart écrasante puis d’un solo dissonant avant de permettre à Lilith un retour aux riffs un peu plus Old School pour clore l’album, non sans avoir fait une dernière fois usage de samples, effets et autres infrabasses pour compléter sa rythmique.
Si vous n’hésitez jamais à exprimer votre amour pour le Deathcore moderne et ses productions léchées, Eternal Scars sera sans aucun doute votre album de chevet, et bien qu’il soit un peu court, il permet à Hurakan de nous montrer le fruit de son évolution avec ses dix nouvelles compositions.
70/100