
Marea fait de nouvelles vagues.
Mené par son créateur Matteo Balzarini (chant/guitare/basse), toujours accompagné par le batteur Alessandro Mori (Entirety, Hanormale, Total Death, ex-Devoid of Thought), le projet dévoile en 2026 son deuxième album, A Caress of Autumn for All the Lost via Hypnotic Dirge Records et Masked Dead Records.

Nous commençons dans la douceur avec A Caress of Autumn, introduction acoustique calme qui s’intensifie légèrement en progressant vers The Beauty of Broken Things qui nous explose au visage après un court silence, nous ramenant immédiatement dans la viscéralité de ce mélange de Black Metal aux multiples influences. Les parties vocales sont toujours aussi brutes, proposant une expérience saisissante, notamment lors des passages les plus vifs et intenses, et bien que très long, le titre est très varié et digeste, notamment lors des longues harmoniques finales, puis c’est avec Eremita que nous continuons ce voyage, d’abord dans la douceur, puis avec des racines DSBM prenantes. Les gémissements sont à glacer le sang tant ils sonnent sincères et contrastent avec les growls rauques, et il faudra attendre Still Horizon pour retrouver un semblant de gaieté dans les leads, avant que la dissonance ne nous rattrape. Le morceau est cependant truffé de passages acoustiques ou du moins bien plus calmes, notamment celui au centre qui nous permet de reprendre notre souffle avant la dernière vague qui nous poussera jusqu’à Aurora qui adopte des teintes Blackgaze pour nous envoûter et emporter notre esprit dans cette traversée ténébreuse avant de rencontrer des éléments plus agressifs. On ressent facilement les influences Old School abrasives alors que For All the Lost s’ancre plus dans le Post-Metal, surtout avec son introduction très douce qui va certes adopter de la saturation, mais on remarque cette quiétude contagieuse qui nous envahit, et qui ne reste jusqu’à ce que Night Birds ne retourne à la violence avec notamment les parties vocales pesantes. L’atmosphère du morceau va également changer au fil du temps, passant d’une nuée sombre à des moments bien plus perçants pour finalement disparaître et laisser Absence of Self refermer l’album avec cette approche toujours aussi éthérée, presque même parfois onirique tant les sonorités semblent venir d’un autre monde, que ce soit dans le calme ou l’oppression, laissant toujours une place à l’opposé pour fusionner et créer ces tonalités lancinantes, même dans la rage.
J’ai connu Marea avec un premier album déjà très solide, mais celui-ci est encore plus intense et déchirant. A Caress of Autumn for All the Lost nous fait passer par différentes strates du Black Metal, mais aussi et surtout de la souffrance avec une approche sincère au possible.
95/100