Review 3493 : Echoes of a Forlorn Land – Mental Cruelty

Mental Cruelty repart pour une nouvelle épopée.

En 2026, et toujours en collaboration avec Century Media, Marvin Kessler (guitare), Nahuel Lozano (guitare), Lukas Nicolai (chant) et Jonathan Koltun (batterie, Dryhten) nous présentent leur cinquième album, Echoes of a Forlorn Land.

Weltennacht démarre avec une once de douceur, celle enivrante et rassurante mais un peu mélancolique par laquelle on se laisse naturellement porter, mais qui va disparaître lorsque la saturation et la lourdeur frapperont, amenant les racines Deathcore avant même que Fenrir ne prenne le relai pour s’ancrer littéralement dans la violence, permettant au blast et hurlements d’intervenir et de noircir définitivement le son. Bien que nous bénéficions de quelques moments de répit, comme lorsque le loup hurle, le groupe propose un son prenant, ravageur et surtout intense qui nous piétine sans merci et laisse à chaque instrument une belle liberté, tout comme sur Blood for Blood qui démarre avec des racines Pagan et qui va ensuite charger avec son approche saccadée et majestueuse. On retrouve à la fois les influences récentes du groupe et sa base furieuse qui s’exprime également sur la théâtrale The Serpent of Midgard et ses orchestrations imposantes qui complètent à merveille la rythmique et ses vagues d’agressivité. Je suis surpris de la douceur des refrains, mais j’apprécie d’autant plus la reprise de la brutalité et de ce snare si métallique, puis c’est avec Helheim et ses tonalités d’abord enjouées puis soudainement si brutales que l’album poursuit sa voie, proposant à nouveau quelques touches de chant clair, mais le final va nous rassurer sur le potentiel du groupe. On enchaîne à toute allure avec Draugar qui va nous là aussi laisser le contraste s’étendre tout en mettant l’accent sur la belle moshpart centrale, puis en revenant avec une dernière déferlante avant que Raise the Raven Banner ne tisse une introduction faite d’instruments traditionnels pour créer un véritable environnement ritualistique avant de lâcher la rage et toute sa violence. Quelques passages plus aériens et dissonants sont à prévoir, mais le titre est long et alterne intelligemment ses différentes intensités pour nous permettre de les prendre de plein fouet avant un final viscéral qui mène à Cry of Batariel qui va là encore proposer un ton assez différent, presque même onirique grâce à ses samples. On notera les tonalités assez guillerettes qui vont également créer un clivage avec les paroles, mais Frost va ralentir les hostilités, et développer des riffs massifs mais relativements pesants, révélant presque un côté intime, du moins avant l’éruption qui teintera définitivement le reste du morceau avant le silence qui mène à Dämmerbruch, nous offrant cette fois un véritable répit. Le piano a toujours eu cette réputation d’émotivité et de spleen évident, et il le démontre une fois de plus avant que l’orage n’éclate, et que Ride of the Valkyries ne nous emporte dans la folie meurtrière qu’est ce dernier morceau, à la fois le plus long et le plus varié qui adopte totalement l’addition des orchestrations pour se transformer en véritable récit nordique, alternant efficacité brute, férocité et même quelques passages plus doux pour signer la fin de l’album.

Il n’y a pas à dire, Mental Cruelty maîtrise son univers nordique, et même si certains titres peuvent choquer sur Echoes of a Forlorn Land, tous sont maîtrisés de bout en bout. Que vous aimez la violence, les orchestrations ou les mélodies enivrantes, vous serez servis.

90/100

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