Interview : Exanimis

Avant la sortie de Marionnettiste, leur premier album, j’ai eu la chance de poser des questions au groupe Exanimis.

Chronique de Marionnettiste

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Bonjour et tout d’abord merci de prendre de votre temps pour répondre à mes questions ! Comment décririez-vous la musique d’Exanimis à quelqu’un qui ne vous connaît pas ?
Alexandre Dervieux (chant/guitare) : Bonjour à vous et merci de nous consacrer cette entrevue ! Pour faire simple, je dirais que nous jouons un Death Metal aux influences variées qui vont du Death classique au Prog ou Tech Death plus moderne, accompagné par un orchestre très cinématique, le tout soutenu par un chant type Opeth !

D’où vient le nom Exanimis ? Pouvez-vous me parler un peu du concept visuel du groupe ?
Alex : Le nom vient directement du latin qui signifie littéralement «sans vie» ! L’idée est que les personnages que nous incarnons au sein du groupe soient les manifestations de divers émotions négatives, qui peuvent souvent manipuler les gens contre leur gré, comme si nous étions les marionnettistes de la vie qu’ils ne maîtrisent plus.

Le groupe est sur le point de sortir son premier album, Marionnettiste, qui marque un peu “l’entrée dans la cour des grands” du groupe, vous en êtes satisfaits ?
Julien Prost (basse) : Plus que ça même, nous en sommes très fiers ! C’est l’aboutissement de 5 ans de travail… certe c’est long mais ça en valait vraiment la peine, le résultat final colle parfaitement avec ce que nous avions en tête depuis le début.

Quelle est l’histoire de Marionnettiste ? Quel est le lien avec l’artwork ?
Alex : Conceptuellement parlant, l’album est une succession de cauchemars que vit l’auditeur, dans lesquels il y suit des personnages pensant contrôler leurs destins, mais qui finissent toujours manipulés par ce qu’ils pensaient être leur force. L’artwork représente donc à la fois cette fragilité du destin via ce visage fissuré de marionnette dans un décor onirique et baroque qui rappelle également notre musique.

Comment s’est passé le processus de composition de cet album ? Qu’est-ce qui vous a inspiré pour le créer, que ce soit niveau musical ou non ?
Julien P : Nous avons globalement deux approches différentes mais qui se complète bien, Alex a un concept, une ambiance ou un thème en tête qu’il veut traduire en musique tandis que moi je préfère partir sur quelque chose de plus concret comme par exemple, un riff de guitare, une mélodie ou un gimmick orchestrale. Le morceau The Wrathful Beast en est un très bon exemple. Nous avons la chance d’avoir des influences communes ce qui nous a beaucoup aidé lors du processus de création, je pense notamment à des groupes comme Fleshgod Apocalypse, SepticFlesh ou Dream Theater mais pas seulement, nos influences viennent aussi beaucoup du cinéma : Batman Returns, Le Seigneurs des Anneaux ou Dracula avec leurs BO absolument fantastique en sont de bons exemples, du jeu vidéo aussi avec la séries des Dark Souls et de la littérature avec l’oeuvre de H.P. Lovecraft.

Comment s’est passée la collaboration avec Klonosphere ? Est-ce qu’ils ont été impliqués dans la conception de l’album, ou de l’identité du groupe ?
Julien Marzano (guitare) : La collaboration avec Klonosphere est finalement arrivée tard dans le développement de Marionnettiste. Quand nous les avons contactés, l’album était déjà enregistré, mixé, illustré… Nous étions même dans les derniers jours de notre crowdfunding pour le lancement de l’album. Donc autant dire qu’ils n’ont pas du tout été impliqués dans la conception de l’album. En revanche, ils sont actuellement d’une grande aide pour nous aider à le sortir dans les meilleures conditions. Ce ne sont pas des amateurs et ils nous soutiennent à fond !

Vous avez dû faire appel à quelques musiciens de session pour cet album, au niveau de la batterie, des leads, du piano, de l’orgue Hammond et du chant additionnel, comment s’est passé le contact avec ces musiciens ?
Alex : Il y a pas mal de monde sur l’album en effet ! Nous avons fait appel aux services de Clément Denys (Fractal Universe) en tant que batteur de session. Pour les autres, ce sont des amis musiciens que nous étions ravis de faire participer le temps d’un solo ou d’un interlude par exemple. Flavien Morel, qui est responsable du mix/mastering de l’album, a bien voulu prêter sa voix également sur pas mal de chœurs additionnels tout au long de l’album !
Julien M : Je suis moi-même un musicien de session à la base ! Le guitariste de la formation originale du groupe ayant quitté précipitamment le projet, il fallait enregistrer des parties de guitares lead assez complexes avant de les envoyer en studio… J’apparais seulement pour 2 parties lead de l’album, le thème de fin du morceau Cogs, et la réinterprétation de l’étude Océan de Chopin pour le morceau Spume.
Julien P : Je vais apporter une petite précision concernant les solos sur l’album, ils ont été écrits et enregistrés par Morgan Koch de Swarmageddon, qui est un guitariste extraordinaire et un ami de longue date. Le guitariste originel ayant quitté le groupe en plein milieu de l’enregistrement, nous avons dû trouver une solution très vite et Morgan est la première personne à qui nous avons pensé, nous lui avons laissé carte blanche et le résultat à été supérieur à ce que l’on espérait.

J’ai eu la chance d’écouter Marionnettiste pour faire ma chronique, et je l’ai trouvé vraiment très bon, à la fois riche et solide. Comment vous est venue l’idée d’inclure autant d’éléments à votre base de Death Metal ?
Julien P : Merci beaucoup ! C’est venu assez naturellement en fait, nous somme fan de Death mais aussi de compositeur comme Danny Elfman ou Howard Shore pour ne citer qu’eux, donc y intégrer un orchestre était une évidence pour nous.

On retrouve également trois pistes au piano, pourquoi avoir choisi de séparer les autres morceaux par ces titres ?
Julien P : l’idée était de séparer l’album en deux, la première partie est beaucoup plus directe et brutale tandis que la deuxième prend plus son temps, avec des morceaux plus long et aboutis… et un peu aussi pour reposer les oreilles ha ha !

Vous avez déjà révélé deux titres, The Wrathful Beast et Cogs, Gears & Clockworks, afin de familiariser le public avec votre univers, pourquoi avoir choisi ces deux morceaux précisément ?
Alex : Ce sont les deux morceaux qui nous semblaient être les plus représentatifs des différents aspects musicaux du groupe. L’un est plutôt direct et violent, même dans son harmonie, tandis que l’autre est plus grandiloquent et progressif, montrant plus le côté «onirique» de notre musique.

L’un de vos morceaux, Cathedral, dure plus de seize minutes. Même si tous vos titres dépassent allègrement la durée “standard”, pourquoi avoir choisi de faire un titre aussi long ? Quelle est l’histoire de ce morceau ?
Alex : Il fallait que le morceau soit à la hauteur de son titre, comme un gigantesque bâtiment qui semble vous écraser par sa grandeur, sauf que là c’est un gros morceau de 16 minutes, haha… Plus sérieusement, nous aimons beaucoup l’idée d’un long morceau «fleuve» pour conclure en beauté un album, comme le font souvent des groupes comme Dream Theater ou Symphony X. Le morceau parle d’un prêtre cannibale qui finit par devenir la déité de son propre culte, mais se laisse dévorer et manipulé par sa faim insatiable.

Je sais que le Covid-19 a foutu en l’air pas mal de choses en 2020, comment est-ce que vous avez géré la situation en tant que groupe ? Comment voyez-vous l’année 2021 ? Est-ce que vous avez déjà des plans dont vous pouvez nous parler, comme pour la promotion de l’album par exemple ?
Julien M : Et bien à la base, Marionnettiste devait même sortir en 2020… L’album est mixé et masterisé depuis fin 2019, c’est pour dire… C’est à peine si nous avons eu le temps de tourner le clip de Cogs, Gears & Clockworks en février 2020 et puis… plus rien… On observe l’évolution de la situation et on s’accroche à l’espoir de vite défendre Marionnettiste sur scène. Mais même avec autant d’incertitudes quant à la situation sanitaire, il était temps pour nous de sortir Marionnettiste, de se concentrer sur sa promotion et même de commencer l’écriture du deuxième album d’Exanimis. Et pour les plans d’avenir ou la promotion… Nous ne sommes pas des Youtubeurs ou instagrammeurs et n’envisageons pas particulièrement de promouvoir Exanimis purement dans le monde numérique, nous voulons du vrai live, partir à la rencontre du public. Il faudra s’armer de patience donc.

Quels sont tes hobbies dans la vie, musique mise à part ? Quel choix de carrière aurais-tu fait si la musique n’avait pas été aussi importante dans ta vie ?
Julien M : J’aurai continué ma vie de jeune cadre dynamique en entreprise. Dans la sécurité financière mais dans l’ennui le plus total ah ah !
Julien P : Je suis un immense passionné de ski, même si en ce moment c’est un peu compliqué. Je pense que si je n’avais pas eu la musique j’aurais continué dans l’infographie.

Quel était le tout premier titre de Metal que tu aies écouté ? Quel est celui qui t’a fait penser “je veux créer un groupe et jouer sur scène” ? A quoi peut-on d’ailleurs s’attendre d’Exanimis sur scène ?
Alex : Feuer Frei de Rammstein ! Mais celui qui m’a fait me dire que je voulais en faire mon métier, c’est A Nightmare To Remember de Dream Theater, là je me suis dit «Je veux écrire des morceaux comme ça».
Julien P : Papercut de Linkin Park, un ami m’avait offert Hybrid Theory pour mon anniversaire l’année de sa sortie, ensuite je suis tombé sur le live Rock in Rio d’Iron Maiden et en voyant Steve Harris j’ai su que je voulais être bassiste ha ha ! Mais ce qui m’a vraiment convaincu c’est quand j’ai vu pour la première fois Dream Theater sur scène, je me rappelle m’être dit « c’est ça que je veux faire ! ». Pour ce qui est de la scène, nous avons la chance d’avoir un univers visuel à nous et nous voulons l’utiliser pour proposer un vrai spectacle aux gens, pas juste un concert.
Julien M : Pour ma part, ma grande sœur avait les cassettes de Piece Of Mind de Iron Maiden et le Black Album de Metallica (je les ai toujours d’ailleurs…), j’ai toujours baigné dans ces musiques là. 

Qu’est ce qui te plaît autant dans le Death Metal Symphonique ? Est-ce que tu as déjà une idée de la scène française et internationale à ce niveau ?
Julien P : Je pense que ce qui me plait le plus, outre le fait que je sois un fan de Death et de Classique, c’est la liberté d’écriture qu’offre l’orchestre, nous pouvons laisser libre cours à notre imagination sans être limité par la formation dite « classique » chant / guitare / basse / batterie. Pour ce qui est de la scène Death Symphonique en France j’avoue que je ne la connais pas, par contre en Europe on y trouve des groupes extraordinaires comme Fleshgod Apocalypse en Italie ou SepticFlesh en Grèce qui sont pour nous d’énorme sources d’inspirations, j’espère qu’un jours nous aurons la chance de partager une scène avec eux. 

Quelle est ta meilleure et ta pire expérience en tant que musicien ? Est-ce que tu as un regret avec Exanimis?
Julien P : J’avoue en avoir eu pas mal, mais si je devais en choisir une je pense que c’était lors d’une tournée en 2015 avec un de mes anciens groupes, nous revenions d’une date dans la partie flamande de la Belgique, nous étions entassé à cinq avec tout notre matériel dans un Chrysler Voyager et au beau milieu de l’autoroute l’embrayage de la voiture a cassé, nous sommes resté 4 heures sur la bande d’arrêt d’urgence parce que la dépanneuse n’arrivais pas à nous trouver… résultat des courses une voiture inutilisable et annulation du reste de la tournée… c’était un grand moment ha ha ! Pour ce qui est de ma meilleurs expérience je pense qu’elle est encore à venir, je pense notamment au jours ou nous allons jouer pour la première fois Marionnettiste sur scène

Et si je te demandais de comparer la musique d’Exanimis avec un plat français ? Lequel choisirais-tu et pourquoi ?
Julien M : Des gencives de porc ou nan… Un pot-au-feu ah ah ! Car il y a beaucoup de choses dedans et ça mijote longtemps avant de pouvoir être mangé.
Julien P : Oula c’est compliqué comme question ! Nous n’avons que des bonnes choses en France c’est dur de choisir, mais la comme ca je dirais le Boeuf Bourguignon pour, a peu de choses près, les mêmes raisons que le pot-au-feu mais la sauce au vin rouge fait toute la différence ha ha !

Est-ce qu’il y a un groupe ou artiste que tu te verrais intégrer à l’univers d’Exanimis, pour une collaboration ponctuelle ou plus durable ?
Alex : J’inviterai bien Richard Clayderman pour un petit solo de piano ou Florent Pagny sur des chœurs…
Julien P : En ce qui me concerne je serai très heureux d’avoir un morceau uniquement au piano écrit par nous mais enregistré par Francesco Ferrini.

Dernière question : avec quels groupes aimerais tu tourner ? Je te laisse créer une tournée avec Exanimis et trois autres groupes !
Alex : Sans hésiter, Fleshgod Apocalypse et SepticFlesh !! Les 2 plus gros fers de lances du genre !
Julien M : Et dans le style, je rajouterai Carach Angren, j’adore ce groupe !
Julien P : Bon bah… mes camarades on tout dit… les salauds !

C’était la dernière question pour moi, à nouveau un grand merci à toi pour ton temps, je te laisse les mots de la fin !
Alex : MegaZord !
Julien M : Peigne.
Julien P : Anas unda capillis advenerit… voila ca veut rien dire mais je trouve que ça conclut bien

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