Review 111 : Shining – Varg Utan Flock

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Tous les groupes ne se sont pas formés grâce à deux amis d’enfance qui partageaient la même passion. Shining en est le parfait exemple.

Créé en 1996 dans le coin le plus sombre de l’esprit de Niklas Kvarforth (chant, claviers, guitares) en 1996 sous le nom de Voorhees, il s’entoure de nombreux musiciens au cours du temps, mais peu resteront. Le groupe sort un EP, puis des albums et un split avant de se séparer en 2004 pour revenir la même année. 2018 marque la sortie de X – Varg Utan Flock, le onzième album des suédois. Il a été enregistré par Niklas, Marcus Hammarström (bassiste depuis 2016), Peter Huss (guitariste depuis 2005), mais aussi Euge Valovirta (guitare) et Jarle « Uruz » Byberg (batterie) avant que les deux derniers ne quittent le groupe. L’album suit un modèle précis qui n’a presque jamais fait défaut auparavant : six titres d’une pure noirceur, dont une instrumentale. Ne fermez pas les yeux, ou je ne garantis pas votre sécurité.

Shining - Varg Utan Flock

L’album débute avec Svart Ostoppbar Eld et ses murmures inquiétants qui précèdent une rythmique saccadée mais aussi sombre que possible. Les riffs prennent soudain de l’ampleur grâce à la maîtrise des suédois, et Niklas commence à hurler avec une voix qui inspire à la fois la haine, la douleur et l’abandon. Son timbre particulier lui permet de transmettre toutes ces émotions à travers son chant torturé, et il est aisé de comprendre que cet album sera sûrement aussi intéressant que les précédents. Si la rythmique se calme, c’est pour se transformer en un son clair inquiétant qui servira d’interlude entre deux riffs saturés. La folie continue avec Gyllene Portarnas Bro qui se pare d’un son plus lent mais toujours aussi noir pour accompagner la voix du chanteur. C’est presque une complainte à laquelle nous avons droit, et même si les riffs violents reprennent le dessus par moments, le titre est aussi calme que la mort, et Niklas aussi terrifiant qu’un cauchemar. Jar Är Din Fiende reprend un côté plus martial dans la composition et un chant plus brut, mais n’oublie pas un aspect mélodique sous-jacent qui lui permet d’intriguer l’auditeur.
Han Som Lurar Inom prend le temps d’instaurer une ambiance oppressante avant de nous projeter directement dans la tempête avec des harmoniques glaciales mais nécessaires à l’univers contemplatif qui règne ici. La rythmique, qui met en avant la basse de Marcus, semble toujours aussi plaintive alors que le chant de Niklas se renforce. La langue suédoise correspond parfaitement à ce titre, mais Tolvtusenfyrtioett, le titre instrumental, vient nous prouver que Shining est également capable de faire passer son message sans voix car ce petit interlude au piano est également empreint de la folie caractéristique qui anime le groupe ainsi que son créateur, et on le remarque principalement vers la fin. Le dernier morceau, Mot Aokigahara, démarre tranquillement, avec pour seul repère de l’univers maudit du groupe la voix murmurée de Niklas. Progressivement, les ténèbres font leur apparition si bien qu’on les remarque à peine, mais après un solo intense, elles sont parfaitement installées, et même si la rythmique est redevenue la même, la sensation est différente. Soudain, la composition explose dans un souffle de démence incontrôlable.
Sur l’édition deluxe figurent deux titres supplémentaires. Le premier, In The Cold Light Of Morning, est une reprise acoustique du titre de Placebo qui s’apparente à une berceuse avec un Niklas plus calme que jamais, mais dont la voix intense, surtout sur la fin, permet d’apprécier cet effort. Cry Little Sister, la deuxième et dernière reprise fait cette fois honneur à Gerard McMahon. Le groupe a su conserver intact toute l’ambiance de cet hymne gothique emblématique, mais force est de constater que le chant de Niklas s’y adapte à merveille.

Avec X – Varg Utan Flock, Shining est revenu aux racines du mal qui l’anime. Les ambiances, toutes plus terrifiantes les unes que les autres, nous plongent dans un Black Metal froid et imposant, qui nous force à l’admiration. Les compositions sont à la fois cohérentes et différentes, si bien que je me demande lesquelles auront l’honneur d’être interprétées lors des effrayantes et intenses prestations live du groupe.


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