Review 124 : Second To Sun – The Black

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En Russie, la température peut atteindre des extrêmes l’hiver, et ce n’est à mon avis pas un hasard si la musique de Second To Sun est aussi glaciale.

Créé en 2011 par Vladimir Lehtinen (guitare, basse, il joue également avec Epoch Crysis, Vintergata et Voivotus) en tant que groupe de Raw Black Metal, le style a finalement évolué vers un mélange de Groove, Post Black et Death Metal Mélodique selon les titres. Accompagné de Theodor Borovski (batterie, The Lust) depuis 2014 et Gleb Sysoev (chant, Grima, ex-Deafknife) depuis 2017, Vladimir a sorti officiellement trois albums depuis la création du groupe. Le dernier, The Black, sort bientôt et va vous en mettre plein la vue.

Second To Sun - The Black

C’est une interprétation ratée à la flûte (bien connue d’internet) du générique de la 20th Century Fox que le groupe a choisie pour entamer Ladoga Master, le premier titre. Après quelques secondes d’interrogation, le son massif déboule et la composition peut commencer. Si les premiers riffs sont plutôt calmes, la tornade se met en marche très rapidement, et c’est un blast furieux sous des riffs massifs qui s’abattent sur nous. Lors des passages plus atmosphériques, une flûte (beaucoup plus mélodieuse que celle de l’introduction) ajoute une touche mystique à la chanson, qui se termine rapidement. Sur The Wall, c’est à nouveau un mur de son que Second To Sun nous propose, entrecoupé de passages plus Groove avant que la rythmique n’explose à nouveau. Le chant de Gleb apporte cette dimension glaciale à des riffs déjà imposants, et Chokk Kapper prolongera l’expérience. A nouveau, la flûte s’invite dans un mélange Post Black majestueux mais incisif, et les riffs agressifs ainsi que le chant hurlé offrent un contraste énorme avec la douceur du souffle qui met en valeur les deux éléments.
Vasilisa nous offre une sorte de marche nocturne entourée d’animaux avant de nous lâcher devant une complainte sombre et lancinante. Les riffs sont emplis d’une tristesse évidente, et la noirceur de la rythmique correspond parfaitement à la mélancolie de la guitare lead ainsi qu’à la puissance du chant. Un peu plus enjouée, Region 13 me fait penser à un titre Folk, voir Pagan, mais avec la patte caractéristique de Second To Sun. Si la rythmique est beaucoup plus simpliste, elle permet de laisser aux samples de claviers une place plus importante, mais cette impression ne durera pas puisque la noirceur du début de l’album reviendra tout de même sur la fin. The Fool commence par un son cristallin qui étouffe des pleurs d’enfant avant d’être submergé par des riffs noirs et emplis de haine. Quelque peu dissonante, la guitare lead se fond parfaitement dans cette sublime rythmique tout en laissant toute sa place à la basse, dont le son est lourd à souhait. Ce titre, qui est de loin le plus long de l’album, comporte de nombreux breaks qui rappellent les influences Groove du groupe, avec quelques samples inquiétants qui se joignent à une flûte aérienne.
La fin de l’album est composée de quatre titres qui s’enchaînent à la perfection. Mrakobesie pt 1 : Divine débute avec quelques riffs en son clair avant de repartir sur le Post Black froid et majestueux de la formation. Le blast combiné à ces riffs incisif est efficace et prenant, mais il peut aussi être dérangeant. Le bruit final nous mène à Mrakobesie pt 2 : Letter, qui est un titre instrumental. Tout en restant cohérent avec le précédent, il amène une dimension onirique à la musique, et le riff m’est resté en tête pendant un bon moment. Le chant revient pour Mrakobesie pt 3 : Hunger, et ce titre très court permet tout de même d’instaurer une ambiance effrayante à lui tout seul grâce aux samples par dessus la rythmique. Enfin, Mrakobesie pt 4 : MK-ULTRA RU revient aux débuts du groupe avec un Raw Black Metal sale et primitif sans paroles. Est-ce qu’il annonce un futur retour aux sources ? Cette question reste un mystère.

Second To Sun est l’incarnation même d’un mélange surprenant mais parfaitement réussi. La froideur du Post Black rencontre la rage du Groove Metal pour des titres d’une puissance phénoménale. Si le groupe a dû expérimenter afin de trouver un son qui leur est propre, je pense pouvoir affirmer que leur quête est achevée, et j’espère que la formation sera amenée à se produire en live très rapidement.


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