Live Report : Amenra + Céleste – La Sirène (17)

Amenra + Céleste

Profitant d’un retour sur La Rochelle, ville dans laquelle j’ai habité pendant dix années, La Sirène annonce la venue des Belges d’Amenra, précédés des français de Céleste.

Ayant fait mon premier concert de Metal dans cette salle, je saute alors sur l’occasion et le moins que je puisse dire, c’est que c’est loin d’être comme un concert parisien ! A dix-huit heures, soit deux heures avant l’ouverture des portes, il n’y a absolument personne. Une fois mon pass récupéré, je me permets un rafraîchissement avant d’aller me placer devant la porte qui mène à la salle à l’étage.

 

 

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Une fois lesdites portes ouvertes, je constate que la fosse ne se remplira que très peu pour accueillir Céleste. Sans se laisser refroidir par l’espace quasiment vide devant eux, le groupe envoie des rasades de fumée avant que les quatre musiciens montent sur scène. Lorsque les lumières s’éteignent, chacun d’eux enfile une lampe frontale rouge. Sébastien et Guillaume (guitares) se placent de chaque côté de l’imposante scène, alors que Royer (batterie) s’assied dans le fond de la scène, prêt à en découdre. Mais le coup d’envoi est réellement donné lorsque Johan (basse/chant) se retourne, laissant place à des riffs de guitare à la fois calmes et ambiants. Semblables à des âmes damnées, les musiciens ne se déplacent que peu sur scène, et ne communiquent absolument pas avec le public, tout en jouant sous des flashs lumineux incessants. Cultivant cet aspect froid, ils rendent leur mélange de Sludge et de Post-Hardcore violent, autant visuellement que musicalement. Alors que la lumière ne s’allume que par à-coups, grâce à un interrupteur placé sous le pied du chanteur/bassiste, la fumée, elle, continue d’arriver. Je me heurte cependant à un problème de taille : la basse. Beaucoup trop puissante, elle noie littéralement les efforts des guitaristes, et je me retrouve contraint d’observer les musiciens jouer, soit sous des flashs épileptiques à souhait, soit sous une bouillie rouge qui ne leur rendra malheureusement pas hommage. Cependant, le peu de public présent dans la salle répond présent à la fin de chaque composition, et semble apprécier le jeu de scène, pourtant assez statique, des quatre français. Les rythmes planants s’enchaînent, mais le mix empêche à la musique parfois un peu trop dissonante de Céleste de prendre de l’ampleur, obligeant les premiers rangs, tout de même assez clairsemés, à rester contemplatifs devant la prestation du groupe. Alors que leur setlist se termine, les musiciens nous démontrent une fois de plus à quel point ils sont en osmose en headbanguant comme un seul homme, sous le regard des spectateurs, qui les acclameront tout de même lors de leur sortie de scène, dans le noir quasi-complet.

 

 

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Changement d’ambiance avec les belges d’Amenra qui débutent leur concert après un long changement de plateau. Un écran géant est installé dans le fond de la scène, mais ce sont les musiciens et plus particulièrement Colin H. Van Eeckhout (chant), de dos, qui attirent les regards. Alors que ce dernier frappe des baguettes en fer l’une contre l’autre à l’unisson avec Bjorn J. Lebon (batterie), les autres membres restent de marbre. Puis la rythmique démarre petit à petit. Aidés d’un sample, Mathieu J. Vandekerckhove (guitare), Levy Seynaeve (basse) et Lennart Bossu (guitare) nous amènent vers une rythmique qui semble d’abord toute simple et presque acoustique, pour se transformer en un véritable mur de son. Et c’est un véritable rituel qui commence alors devant une foule qui s’est un peu remplie, mais qui restera très clairsemée. Le voile sonore laissera place à un moment plus atmosphérique, mais il est impossible de ne pas voir que l’implication des musiciens est totale. Si le headbang est de mise autant sur scène que dans la fosse, les cinq gaillards ont à peine besoin d’ouvrir les yeux pour nous étaler leurs riffs à la fois gras et percutants pendant que le chanteur hurle comme si sa vie en dépendait. Sans un mot, le groupe enchaîne avec le deuxième titre de leur setlist, et la transition est impeccable. Alors que pour une musique aussi torturée le chaos est de mise, le mixage des instruments est d’une perfection que j’ai rarement entendue dans une salle. La basse vrombit en faisant trembler les murs alors que les guitares se montrent tantôt criardes, tantôt atmosphériques. La batterie impose une tendance générale, plutôt bien suivie par le reste des instruments, mais c’est la voix qui malgré toutes les croyances, mène le mélange. Que ce soit en français ou en anglais, impossible de ne pas se laisser envoûter par la profondeur des gémissements de Colin. Le troisième titre passé, ce dernier se retournera alors quelque peu, puisqu’à l’abri des photographes, mais c’est de dos qu’il livrera sa meilleure performance. Les musiciens n’attendent pas une seule seconde pour enchaîner les titres, mêlant moments violents et dérangeants à des passages plus calmes qui piochent allègrement dans des sons tribaux et des influences acoustiques. Sur les écrans, des images intrigantes qui se reflètent sur les musiciens, doublées de samples effrayants qui font réagir la fosse au quart de tour, rendant l’atmosphère presque pesante et irrespirable. Le son clair adoucit les passages mid tempo, mais quelques cris étouffés du chanteur font repartir les musiciens à la seconde, nous amenant déjà sur la fin de leur temps de jeu.
Setlist : Boden – Plus Près De Toi (Closer To You) – Razoreater – Diaken – Thurifer et Clamor ad te Veniat – Nowena | 9.10 – Terziele – Am Kreuz – Silver Needle. Golden Nail

S’il m’est totalement impossible de retranscrire l’intensité exacte du concert d’Amenra, je suis quelque peu déçu de la prestation de Céleste. Bien que le parti pris du groupe est cohérent avec leur univers, je ne comprends pas ce mix hasardeux et ce visuel quasi-inexistant qui séduit tant sur CD, mais je reste ouvert à une nouvelle expérience. Dans tous les cas, j’ai été heureux de pouvoir enfin être photographe dans la salle qui m’a fait vivre mon tout premier concert de musique extrême, il y a six ans et quelques jours, et je remercie l’équipe de la Sirène pour cette programmation plus qu’éclectique, que je me ferais un plaisir de parcourir !

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