Review 138 : Möhrkvlth – A-dreñv ar vrumenn

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En matière de musique, l’innovation est souvent un signe d’une nouvelle ère. De ce fait, Möhrkvlth ont initié en 2015 un mouvement nommé Metal Du Breizh, soit Black Metal Breton en français.

Leur particularité ? Comme son nom l’indique, leur Black Metal est chanté en Breton, une langue bien vivante qui n’est pas qu’un simple patois local. Au niveau du line-up, le groupe a eu quelques changements depuis ses débuts, mais le noyau du groupe est composé d’Hiron (chant) et de Vox-T (guitare). A ce duo s’ajoute Tnemelc (batterie), Tan-Gi (basse) et Sven (guitare). Après une première démo qui a éveillé la curiosité en 2016 puis un split avec le groupe iranien Garhelenth la même année, A-dreñv Ar Vrumenn sort cette année. Les amateurs de Black Metal n’auront aucun mal à reconnaître leurs racines, mais seront peut-être déstabilisés par la voix du chanteur. Laissez-vous emporter par leur son qui va vous ramener au temps où les druides foulaient nos terres.

Mohrkvlth - A-dreñv ar vrumenn

L’album débute par Bardo Thodol Part I, un titre presque chamanique avec un chant guttural tibétain en guise d’introduction qui pose directement les bases de la musique de Möhrkvlth : un son planant et atmosphérique. Et la rythmique qui surgit d’un seul coup viendra confirmer cette idée, avec des riffs qui possèdent tout de même une certaine base folklorique. Je le répète, mais le chant peut être inhabituel à la première écoute, mais une fois l’oreille habituée, il se marie parfaitement au mélange original des bretons. Si la rythmique ralentit, elle ne perd en rien son aspect épique, sous une avalanche de blasts qui ne se taira que pour laisser place à Goulou Yen Un Heol Skuizh. Le chant d’Hiron se fait plus perçant, et les harmoniques de guitare plus insistantes, alors que les autres instruments assurent une base plus lourde que sur le titre précédent. Le break est également plus marqué et laisse au guitariste soliste la possibilité d’exploiter pleinement les capacités de son instrument, alors que des hurlements lointains et oniriques appellent la rythmique. On enchaîne avec Kan An Anaon, une composition encore plus lente mais qui à ma grande surprise, n’a absolument rien de malsaine. Au contraire, les riffs sont aériens et doux, flirtant presque avec le Doom par moment. La basse se fait également plus présente, ce qui alimente cet aspect atmosphérique, malgré les blasts.
L’introduction acoustique de Diseol rattache clairement le groupe à une base folklorique qui perdurera tout au long de ce titre, même lorsque la saturation revient. Le chant du frontman est un peu plus rauque, empruntant aux racines du styles, mais les riffs ne perdent pas pour autant leur aspect épique, et en fermant les yeux j’ai l’impression de revivre une bataille en compagnie des musiciens, chaque harmonique me faisant esquiver un coup de hache. Ce sont des bruits de pas accompagnés de chants bretons qui marquent l’introduction de C’hwezn Ar Gwad, alors qu’ils se muent soudainement en un titre martial et mélodique à la fois. Tout en gardant ce côté onirique et froid, le groupe a su inclure une dimension plus brutale, qui sera confirmée par des hurlements de peur sur la fin du morceau, avant de reprendre de plus belle. Cependant, la dimension brute sera mise en avant sur A-dreñv Brumenn An Istor, le titre le plus impactant du groupe. Cet aspect de leur musique, plus direct et sanglant, leur convient également, mais des sonorités atmosphériques rejoindront rapidement le mélange, alors que le dernier morceau, Klozadur, est une composition instrumentale qui laisse l’auditeur rêver pendant quelques minutes grâce à une guitare au son à la fois folklorique et éthéré.

Le voyage dans le temps a pris fin. Möhrkvlth a réussi à faire errer à la fois nos sens, mais surtout notre imaginaire grâce à A-dreñv Ar Vrumenn. Le groupe joue toujours sur deux dimensions, et si l’une prend parfois le dessus sur l’autre, cette dernière n’est jamais bien loin et n’attend que le moment où elle peut resurgir en force. Si ce premier album a été longtemps attendu, je suis persuadé qu’il n’est que le premier d’une longue série, que ce soit par le groupe ou par d’autres qui rejoindront le mouvement Metal Du Breizh.


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