Live Report : Pestilence + Bleeding Gods – Paris (75)

Pestilence + Bleeding Gods

Troisième concert en trois jours, ce soir nous avons rendez-vous avec l’Histoire pour la venue de Pestilence, qui veut nous offrir l’intégralité de son légendaire album Consuming Impulse. Et pour l’occasion, ils emmènent avec eux leurs compatriotes de Bleeding Gods, qui auront la lourde tâche de réveiller un public parisien en fin de semaine.

Et à l’ouverture des portes, il n’y a que peu de monde devant le Gibus.

Et malheureusement, l’entrée sobre des néerlandais ne sera observée que par quelques fidèles. De dos, les membres de Bleeding Gods restent silencieux pendant leur introduction aux accents épiques. Soudain, Rutger van Noordenburg (guitare) joue quelques harmoniques tranchantes et le show commence. Ramon Ploeg (guitare), Daan Klemann (guitare) et Jessica Otten (basse) alignent les premiers riffs d’une rythmique solide et imposante, réhaussés par les nappes de clavier de David Gutierrez Rojas (claviers), qui sera invisible à nos yeux pendant l’intégralité du show. Au centre, Mark Huisman (chant) est recouvert de ces lumières de façades rouge vif qui ne changeront absolument pas au cours du set, sauf pour un titre. Pourtant très concentrés sur leurs instruments, les musiciens prennent le temps de grimacer face à la fosse qui manque cruellement de réactivité face au style du groupe, servi par un excellent son. Les textes du groupe et l’implication de tous les membres, accompagnés de l’attitude théâtrale et assez froide du chanteur servent à merveille ces riffs à la limite entre le Death/Thrash et les influences Symphoniques de Bleeding Gods. “Paris, you want more?” lâche finalement le frontman, alors que le groupe se prépare à envoyer leur dernier morceau de la soirée. La foule répond à nouveau timidement, mais le morceau part, encore plus prenant que les précédents. Les harmoniques se mêlent à nouveau à la rythmique lourde et aux hurlements du chanteur. Les musiciens en profitent pour haranguer une dernière fois la fosse, demandant un circle pit qui ne sera malheureusement pas réellement réalisé. Connaissant les titres sur album, l’interprétation était à la hauteur de mes espérances.

Soudainement, la salle se remplit et les premiers rangs se resserrent. Car c’est Pestilence, groupe mythique Thash/Death Progressif qui s’apprête à prendre d’assaut le Gibus, et le leader, Patrick Mameli (guitare/chant), est acclamé même lors de ses derniers réglages. Lorsque le groupe est prêt, Septimiu Hărşan (batterie) s’installe à l’arrière de la scène, devant l’écran aux couleurs de la formation néerlandaise. Calin Paraschiv (guitare) harangue les premiers rangs de son côté avant d’aligner des riffs d’une précision exemplaire, tandis qu’Edward Negrea (basse) headbangue déjà lors des premières notes. Très droit et concentré, nous envoie en pleine des hurlements puissants et qui font partir la foule au quart de tour. Mais les lumières de façade rouges sont de retour, et elles sont encore pire que sur le premier groupe, ce qui masque le chanteur autant que l’absence de lumière sur les côtés occulte le bassiste et le guitariste. “Thank you to be here”, lâche le chanteur à l’issue du premier morceau. “We are here to promote consuling impulse 30th anniversary so we gonna play it chronological order!” Et le deuxième morceau part à la suite de cette déclaration, provoquant davantage de réaction dans le public, composé visiblement essentiellement de fans du groupe. “You guys are sick!” nous dit le chanteur après avoir aligné ses riffs tout aussi techniques que violents. Et le concert repart avec toujours plus de mouvement dans la fosse, et des lumières qui ne font absolument pas la part belle aux musiciens, nous laissant démunis quand au visuel, mais le son est cependant excellent, nous permettant d’apprécier chaque note, chaque frappe, et chaque hurlement. Un spectateur en profitera pour slammer, se raccrochant au pied de micro du chanteur, provoquant l’énervement de son roadie, et l’histoire aurait pu s’arrêter là si un deuxième n’était pas venu s’éclater le dos en plein dessus. “Let’s make a deal, you need me to sing, right?” nous demande Patrick, visiblement agacé de la situation. “So do not make my microphone down!”. Et le groupe poursuit sans nouveau slammeur l’album Consuming Impulse qu’ils sont venus ramener à la vie ce soir, alors que le public continue de se rentrer joyeusement dedans, et que les lumières ne changent pas d’un pouce. “Merci, merci!” nous hurle le chanteur, avant d’annoncer que le groupe vient de terminer Consuming The Impulse, qu’une tournée pour fêter l’anniversaire de Testimony Of The Ancients va arriver, et que nous avons droit ce soir à quelques titres supplémentaires. Et les titres suivants suivent le mouvement de violence précise que le groupe a entamé dès les premières secondes du set, avec toujours ces lumières immuables qui rendent le show compliqué à visualiser, même au plus près des musiciens, qui continuent à headbanguer dans l’ombre, ou à hurler en rouge fluo selon leur position sur la scène. Evidemment, la fosse ne va pas se calmer, bien au contraire, sauf lorsque Patrick Mameli dédiera Horror Detox à Bleeding Gods, pour lesquels il demande des applaudissements. Mais lorsque la musique reprend, la fosse déborde d’énergie, et il en sera de même pour la magnifique Land Of Tears, qui signe la fin de ce concert sur un “Merci à vous! This sweats on!” et un court lancer de médiators.

Setlist : Proliferous Souls – Dehydrated – The Process of Suffocation – Suspended Animation – The Trauma – Chronic Infection – Out of the Body – Echoes of Death – Deify Thy Master – Reduced to Ashes – The Secrecies of Horror – Twisted Truth – Horror Detox – Land Of Tears

 

La sortie du Gibus est accompagnée de pluie, que l’on avait pas vu sur Paris depuis un petit moment. Si musicalement, le retour dans le passé mythologique de Bleeding Gods et la leçon Old School de Pestilence étaient parfaits, visuellement, ce n’était absolument pas ça. Mais qu’importe, le Death Metal vit toujours, et c’est ce qui, personnellement, m’importe le plus ! Je remercie évidemment Hexagon Booking pour l’accréditation photo, et je vous dit à très vite pour de nouvelles tranches de violence !

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