Review 351 : Fuck the Facts – Pleine Noirceur

Fuck the Facts revient, et ce n’est certainement pas pour discuter.

Le projet commence en 1997 dans l’esprit du musicien canadien Topon Das (guitare) qui donnera un nom à son idée en 1999. Il est rejoint par plusieurs musiciens au cours du temps, dont Mel Mongeon (chant), Mathieu « Vil » Vilandre (guitare puis batterie), Johnny Ibay (guitare) et Marc Bourgon (basse), qui complète le line-up en 2009. En plus de vingt ans, le groupe a sorti un nombre impressionnant de splits, EP et albums, dont Pleine Noirceur, le dixième.

Le groupe n’a jamais caché son attrait pour la violence du Grindcore, les tonalités dissonantes du Post-Hardcore, mais également une approche originale qui mélange les deux styles et ajoute des paroles censées et qui s’axent sur l’expérience de la vie.
Doubt, Fear, Neglect, prend le temps de créer une ambiance et de faire monter la pression avant de tout relâcher, permettant à la chanteuse de nous offrir ses cris viscéraux. Ce sont d’ailleurs ces hurlements qui font en partie la force du groupe, car ils sont pour ainsi dire uniques au sein de la scène. On le remarque également dans des titres plus bruts, comme la courte Ailleurs, mais c’est surtout sur ces longues compositions que le groupe puise sa force. Pleine Noirceur, le titre éponyme, est truffé de breaks aériens, de rage pure et de hurlements prenants, pour une ambiance noire et chaotique. On retrouve cette recherche de la noirceur sur Aube, une sorte de transition avec très peu de chant jusqu’à l’explosion puis à Sans Lumière. La folie s’empare littéralement des musiciens, leur faisant jouer des riffs effrénés et saccadés sur lesquels on s’imagine pleinement mosher, mais également des changements de rythme soudains. La rythmique s’apaise cependant sur la fin, puis explose à nouveau avec Sans Racines, un court bout de violence.
Everything I Love Is Ending est un morceau complexe à appréhender, car au delà de la couche de distorsion groovy que le groupe nous sert, cette progression dans la lourdeur est intéressante. Les riffs finissent par devenir tranchants et rapides, se calment, puis c’est au tour de A Dying Light de nous envoûter. Une intro à la guitare simple mais entêtante, qui est progressivement rejointe par le reste des instruments avant cet arrêt brutal. La vocaliste se charge seule de nous tenir en haleine, avant que les riffs ne frappent à nouveau. Le final nous relâche sur Dropping Like Flies, un morceau plus énergique. Une fois de plus, on se laisse happer sans mal par ces patterns Grind accrocheurs et cette rythmique violente, mais L’abandon frappe ensuite. Mêlant un texte que je vous encourage à lire de par sa profondeur, des riffs tourmentés et une énergie incessante, il nous mène à An Ending. Planant, prenant, grisant, le morceau contraste cette pure violence à des tonalités plus douces et apaisantes avant un mur de bruit blanc. On termine avec _cide, une composition qui intrigue, dérange, et finalement frappe à pleine puissance avant de nous laisser avec l’envie d’en découdre avec la vie.

Si vous pensez que Fuck the Facts propose uniquement du Grind, vous avez tort. Si vous pensez que Pleine Noirceur n’est qu’un catalyseur de violence pure, vous avez tort. Ce dixième album est bien plus que ça, et sa richesse explosive va méchamment vous remuer l’estomac !

90/100

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