Review 493 : Culted – Nous

Les membres de Culted sont toujours aussi éloignés, mais le groupe propose tout de même un troisième album.

Intitulé Nous, il unit à nouveau les canadiens Kevin Stevenson (batterie), Mike Klassen (guitare/basse/claviers/percussions/noises) et Matthew Friesen (guitare/basse/claviers/percussions/noises) au suédois Daniel Jansson (chant/ambiances). 

La pandémie n’a gêné ni les canadiens, ni le suédois, puisque les membres du groupe sont habitués à travailler à distances depuis les prémices de la création de leur son, entre Black Metal malsain, Metal Industriel solide, Doom Metal pesant et bruits intrigants. L’album a été créé de manière cathartique après des épreuves personnelles dans la vie de chacun des musiciens, et il est impossible de ne pas sentir cette noirceur et cette oppression tout au long de l’heure de musique majestueuse qui compose Nous. L’artwork correspond également à l’ambiance étouffante de cet album, puisqu’il représente la tentation de Saint Antoine lors de sa traversée du désert.
Le son de Culted nous propose d’abandonner notre religion, notre volonté et surtout notre raison à ces tonalités lourdes et entêtantes ainsi qu’à ces hurlements en arrière plan. On découvre cet univers étrange avec Lowest Class, un titre pesant et brut, qui n’hésite pas à jouer avec une froideur martiale autant qu’avec une noirceur fascinante, alors que la dissonante Lifers fait autant appel à un Black Metal lourd qu’à des effets bruitistes dérangeants. One Last Smoke et son brouillard sonore propose une mélancolie et une langueur profondes, puis le groupe part sur des tonalités plus mélodieuses avec Ankle Deep, un titre dont la douce introduction sera soudainement complétée par une rythmique imposante. A nouveau, le contraste entre sonorités douces et saturation sombre frappe pour Black Bird, un titre aux effets psychédéliques, mais également sur Opiate the Hounds, une composition noire et macabre. La lenteur et la longueur de Maze nous fait nous perdre entre ces multiples influences complémentaires, ces vociférations ténébreuses et ces effets assommants, alors que Crown of Lies nous enveloppe dans une brume étrange avant de nous écraser sous des riffs simples mais solides, puis The Grid vient à nouveau mélanger des larsens stridents et une rythmique épaisse. Les riffs semblent impénétrables, seulement surmontés par quelques effets dissonants, puis les influences Indus font avancer cette masse sombre avant Crush My Soul. Cette dernière composition semble plus douce, mais tout aussi dérangeante et intrigante, jouant sur des parties dissonantes, des hurlements sortis du néant et des effets chaotiques pour clore l’album.

Prenez garde à Culted. Le son du groupe est semble vivre à travers Nous, prenant parfois l’apparence d’une rythmique lourde et sombre, alors que l’instant d’après ce sont des bruits dérangeants qui viennent hanter notre esprit. La dissonance ne cesse jamais vraiment.

85/100

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