Review 706 : Urne – Serpent & Spirit

Urne nous propose son premier album.

Formé en 2016 en Angleterre par Joe Nally (basse/chant) et Angus Neyra (guitare) suite à la dissolution de Hang the Bastard, le groupe recrute Richard Harris (batterie) en 2017 puis sort un EP en 2018. Trois ans plus tard, voici Serpent & Spirit.

La musique du groupe n’a pas réellement de limites, mais une liste d’influences assez complémentaires et agressives. Si Serpent & Spirit, le premier titre, nous présente une base violente faite de Post-Hardcore, de Stoner et de Sludge accompagnée de cris, on trouve tout de même des passages plus doux et dissonants en chant clair. Le titre est long, mais sa richesse parle d’elle-même, nous abandonnant sur The Palace of Devils & Wolves, un morceau assez sombre à la rythmique efficace. A nouveau, on retrouve un groove qui sera brisé par plusieurs éléments, tout comme avec Memorial, un titre instrumental qui peuple ses différentes ambiances de leads perçants et inspirés.
Le chant revient sur Moon & Sky, un titre à nouveau très contrasté entre ces influences calmes presque aériennes et ces hurlements viscéraux, mais également avec l’agressive Desolate Heart qui pioche dans des sonorités beaucoup plus violentes. La rapidité combinée à la rythmique donne un résultat imposant et schizophrénique grâce à ces accalmies temporaires soudaines, puis le groupe revient dans un groove efficace avec Envy the Dead. Des sonorités Grunge font parfois leur apparition, mais l’énergie brute n’est jamais loin, alors que Memorial: Sing me to Rest propose une mélancolie oppressante. Le calme sombre du groupe est inhabituel mais intense, et il s’enflammera peu à peu avant de mourir et de laisser place à A Tomb so Frail, la dernière composition. Une douce introduction nous envoûte avant de laisser le groupe se déchaîner sur des riffs effrénés et dissonants, peuplés de leads énergiques et de tonalités entêtantes.

Avec ce premier album, Urne se montre à la fois audacieux et mature. Serpent & Spirit mélange tellement d’influences qu’il est parfois impossible de savoir quel son aura le prochain riff, et cette surprise permanente que l’on finit par comprendre est addictive.

90/100

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