Review 1850 : Exmortus – Necrophony

Exmortus revient après quatre années.

Créé en 2002 aux Etats-Unis, le groupe mené par Jadran « Conan » Gonzalez (guitare/chant, The Fae) et complété par Phillip Nuñez (basse, Fossilized), Adrian Aguilar (batterie, live pour Vio-lence) et Chase Becker (guitare, Warbringer) signe en 2023 avec Nuclear Blast pour la sortie de Necrophony, son sixième album.

Masquerade débute l’album avec sa douceur et son approche mélodieuse, mais le son s’assombrit rapidement, et les harmoniques tranchantes se multiplient sous les frappes régulières avant que Mask of Red Death ne vienne donner la touche énergique, suivie par des parties vocales brutes. Les patterns complexes collent parfaitement à l’agressivité du groupe, qui laisse ses influences Thrash et Death effrénées ralentir pour placer des éléments plus majestueux, tout comme sur Oathbreaker qui allie habilement une rythmique furieuse avec des mélodies cinglantes. Les nombreuses parties lead témoignent de la maîtrise des musiciens, tout comme sur l’implacable Mind of Metal qui relie aisément riffs rapides avec des passages plus lourds et imposants d’où les mélodies naissent, avant de se laisser aller à des influences Néoclassiques évidentes sur Storm of Strings, une composition exclusivement instrumentale qui développe des sonorités épiques et travaillées. Le chant rauque reviendra avec Test of Time et sa noirceur étouffante que le groupe allie avec brio à ses riffs sanglants et qui accentue l’oppression, alors que la longue Darkest of Knights propose une toute autre approche en laissant une grande liberté à la basse, qui fait bien plus que simplement accompagner la rythmique. Le groupe ne se prive pas pour laisser les guitares virevolter pendant un bon moment avant de rejoindre la dernière partie du titre qui nous mène à Prophecy et à ses racines Old School accrocheuses. Le solo reste entêtant, tout comme la partie finale qui cessera pour faire place à Children of the Night et à ses influences Gothiques sombres qui se mêlent naturellement avec la rage que le groupe cultive, ainsi qu’aux abondantes parties lead épiques. Le groupe revient dans l’agressivité pure avec Beyond the Grave, qui reprend des patterns énergiques et ravageurs, avant de nous offrir un nouvel interlude instrumental nommé Overture qui s’ancre dans une mélancolie inquiétante. Necrophony se présente comme une sorte de transition entre les éléments les plus sauvages et les parties travaillées à l’extrême où les guitares rivalisent pour nous emporter dans leur ouragan mélodieux, puis Moonchild, le dernier titre, adopte des accents Heavy et un chant clair inattendu pour rendre hommage aux légendaires Iron Maiden, et à ce titre sorti il y a trente-cinq ans, en 1988.

Avec Necrophony, Exmortus nous montre habilement leur capacité à créer des titres courts et incisifs tout comme de longues symphonies travaillées et entêtantes, mettant à contribution tous les instruments pour nous tenir en haleine.

90/100

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