Review 2153 : Vesperine – Perpétuel

Vesperine revient des tréfonds de l’âme.

Cinq ans après leur premier album, Rémi Lasowy (chant), Adam Courtinot (guitare), Pierre Prunier (guitare), Jérémy Piffady (basse) et Aurélien Tosolini (batterie) nous dévoilent Perpétuel, leur deuxième long-format autoproduit.

On rentre immédiatement dans le vif du sujet avec les riffs rapides et mélancoliques de Mouvement III – Tant qu’il y a de l’espoir, une première composition où les cris viscéraux s’installent, laissant toutefois place à un chant clair entêtant lorsque la rythmique s’apaise quelques temps. La saturation s’enflamme à nouveau emportant le vocaliste dans son flot de fureur pessimiste qui nous lâche finalement sur Mouvement I – Universelle Liesse et son ambiance inquiétante menée par une voix éraillée entourée de quelques harmoniques aériennes. La pression monte graduellement avant d’exploser et de nous clouer sol, mais elle finira par se briser net pour revenir de manière plus lancinante en nous menant à la longue Mouvement I – À Cœur Joie et à sa danse enivrante rythmée par ses accélérations et ses parties douces, toujours soutenues par des placements de voix expressifs. Les éléments les plus éthérés nuancent parfaitement les moments les plus pesants en leur donnant cette touche lumineuse dans les ténèbres étouffantes, comme lors de ce final plus enjoué qui laissera place à Mouvement II – Le Poids du Silence, et à son calme rassurant. Sans surprise, les musiciens viennent peu à peu le troubler avec des patterns éléments plus abrasifs qui cèdent finalement à la colère en rejoignant Mouvement II – Interférence et son approche saccadée qui devient surprenamment relaxante lorsqu’elle est apprivoisée par notre esprit. Des touches plus planantes apparaissent entre les vagues de rage, puis le groupe tisse à nouveau son contraste sur Mouvement III – Mauvaise Herbe qui s’ancre d’abord dans la quiétude pour s’assombrir au fur et à mesure des notes et finalement nous ensevelir dans cet océan de ténèbres agitées où chaque soubresaut nous mène à l’inexorable fin de l’album.

Avec Perpétuel, Vesperine nous dévoile un univers aérien et intense, mais également très contrasté entre l’ombre et la lumière. On se plaît à contempler le tableau de riffs aériens et de hurlements profonds en se laissant frapper par la sincérité du message délivré par le groupe.

85/100

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Interview à venir.

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