
A peine remis du précédent festival (et de ses nombreuses photos rapportées), je me lance à la conquête du Mennecy Metal Fest, qui officie comme chaque année dans la sympathique bourgade du 91, soit un festival presque à domicile.
C’est donc l’occasion de refouler la terre sur laquelle j’ai grandi, mais également de croiser les copains et de commencer la saison en grande pompe ! Merci à l’équipe de MusikÖ_Eye pour leur confiance renouvelée pour cette année 2025, et allons-y !
On commence en douceur avec le trio Stoner Bloody Flow qui nous vient de Bourg-en-Bresse, et qui va proposer au parc de Villeroy malheureusement un peu vide leur son aux influences Psyché digne des années 80. Les présents semblent passer un bon moment sous le soleil de la Menn’Stage si j’en juge les têtes qui remuent doucement lors des passages plus lents et gras, et il en est de même pour le groupe, qui sourit et grimace en jouant. On notera que la cohésion entre eux est très forte rien qu’à les voir jouer entre eux sur les parties instrumentales, mais le groupe semble tout aussi timide que son public, tentant d’haranguer les plus réactifs qui lèveront leurs mains ou applaudiront lorsque le guitariste-chanteur s’adresse à eux. Je ne suis pas un grand connaisseur du style, mais ça me plaît bien.
Petit détour par la voiture, puis on passe à Polarys qui sévit déjà sur la Eye Stage avec son Heavy Metal aux visuels futuristes plutôt agréables à regarder et qui a visiblement permis d’attirer les curieux. Malheureusement, Douchan Djukic (guitare/chant) sera confronté au manque de motivation lié à l’horaire tout aussi ingrat, puisque son incitation à “ouvrir la fosse” se soldera par un grand vide, à peine comblé par une poignée de spectateurs. Les touches Prog travaillées se mêlent difficilement aux rythmiques plus ou moins énergiques, et Raven que je retrouve vers la régie (où le son est cependant parfaitement audible !) me soufflera l’expression “rendez-vous manqué”, que je trouve assez appropriée. Je préfère passer mon tour et visiter les quelques stands présents sur place.
On nous l’a présente comme “un voyage chez les indiens d’Amérique”, mais au final, Wakan Tanka n’a de ça que le nom (et probablement les thématiques abordées ?), car c’est avec un mélange entre Rock, Dark Folk et Blues que je découvre en cette fin d’après-midi. Moi qui ne connaissais le groupe que de nom, je me laisse porter par quelques rares parties, comme lorsque le claviériste (visiblement possédé par sa musique nous offre ses talents pendant que ses camarades tiennent les riffs. Mais le soleil est encore haut dans le ciel, et le “Allez Mennecy, rapprochez vous !” lâché par le vocaliste rencontrera assez peu de succès, faute à la fois à l’affluence assez calme, mais aussi par la chaleur qui n’en a pas terminé avec nous. Remarque, du Hard Rock aux relents Country et du soleil, ça marche plutôt bien ensemble, non ?
Retour dans mon style de prédilection avec Fatal, formation havraise qui arrive doucement aux trente ans de carrière (malgré quelques pauses) et qui a sorti en début d’année un album qui est resté dans l’underground. Pourtant, leur Death Metal aux multiples racines présenté par un “Bienvenue dans l’arène” de la part du vocaliste Skull sonne très bien, et même les néophytes en la matière se prennent au jeu, commençant rapidement à remuer le crâne. Outre les riffs agressifs et malsains qui prennent parfois des touches de Grind ou des influences plus sombres, le show est rythmé par de nombreuses interventions du chanteur, qui lâche de temps à autre “Vous êtes vivants ?” avant de présenter brièvement les morceaux, laissant à ses camarades le temps de respirer. On notera d’ailleurs que le public s’est bien réveillé, moshant et slammant un peu, osant même un circle pit avant de retourner se briser la nuque sur les riffs groovy, faisant de ce show une excellente surprise.
On finit par les connaître dans le paysage francilien, mais c’est pourtant la première fois qu’ils viennent à Mennecy, les shadows de Shaârghot qui sont visiblement très attendus et qui jouent pour une fois de jour ! Pourtant, Etienne (chant) et ses collègues ont plus d’un tour dans leur sac, et ils ne mettront qu’un instant à mettre tout le monde d’accord au sein de la fosse ! Toute la scénique est de sortie, des frasques de B-28 (guitare/machines) totalement déchaîné qui n’attendra qu’un titre pour aller faire un tour dans le public à Skarskin qui vient tour à tour se faire piétiner ou décorer le visage des premiers rangs, mais aussi la performance de P.A. Krauzer (basse), qui propose un remplacement de qualité pour le groupe à la peau noire. Au sein du pit, c’est l’anarchie sur fond d’Industrial bien énervé, et il n’est absolument pas rare de voir les slammeurs s’en donner à coeur joie, mettant pour la première fois du week-end la sécurité à rude épreuve. La nuit tombe peu à peu et les musiciens ne faiblissent pas, rendant le show à la fois encore plus immersif, mais aussi définitivement hors de contrôle que ce soit sur scène ou dans l’assemblée, et tout le monde en ressortira ravi !
L’Eye Stage s’apprête à accueillir le Death Old School de Sceptic, groupe polonais qui fête ses trente ans et qui nous fait l’honneur de son premier concert dans notre beau pays avec des riffs de qualité ! Les riffs chirurgicaux sont renforcés par un son de qualité, notamment sur les hurlements sauvages de Marcin Urba? (chant) qui mène le show avec énergie pendant que ses camarades tabassent leurs instruments, proposant de temps à autre “You have some energy? Let’s make a mosh pit here”, offre qui rencontrera un succès d’abord assez timide, mais finalement assez satisfaisant. Les musiciens sont statiques dans leur exécution, mais le vocaliste bouge bien assez pour eux tous, allant de l’air guitare à l’incitation à la violence, et ensemble, ils réussiront à faire du concert un autre moment fort de la soirée, en particulier pour les amateurs d’extrême musical !
Retour de Dagoba à Mennecy, le groupe étant l’un des principaux habitué des lieux avec quatre participations à son actif, et la fosse est déjà impatiente. Ni une, ni deux, une fois le début du set lancé, c’est avec toute sa rage que Shawter (chant) et ses musiciens vont nous déballer leurs riffs à toute allure, mettant sans dessus dessous une assemblée qui venait à peine de s’apaiser. Les riffs s’enchaînent naturellement, et chaque pause devient un moment pour le public de montrer au groupe qu’il est content d’être là, et parallèlement, le groupe nous fera savoir sa joie de revenir avec un “Il y a des festivals qu’on aime, et d’autres qu’on aime particulièrement” qui suscitera des applaudissements. Côté setlist, le show est assez équilibré, et même les morceaux les plus récents (et donc relativement moins violents) ne sont qu’une excuse de plus pour les nombreux slammeurs et autres guerriers du pit pour prouver leurs talents, bien que le son soit tout de même bien meilleur derrière que devant. Le public est conquis !
Après quarante ans de carrière, Necrodeath a choisi le Mennecy Metal Fest pour faire ses adieux à la scène en France avec une setlist des plus extrêmes qui va faire sensation auprès des présents. En plus de bénéficier d’un excellent son, le groupe mené par Flegias (chant) aura également de très bonnes lumières, chose assez rare pour la fin de soirée sur la Eye Stage, et qui aura le bon goût de mettre en valeur les musiciens, qui ne se gênent pas pour remuer et headbanguer en jouant. Alors que les compositions du groupe sont extrêmement qualitatives et regroupées ici pour une sorte de best-of, situation oblige, , le vocaliste annoncera Jeff “Mantas” Dunn pour reprendre In League With Satan de Venom avec un “This is fucking Thrash Black Metal” qui résonne encore à mes oreilles. Je pense que je peux déclarer sans trop de doutes que nous avons vécu ce soir ce que l’on appelle communément “un moment d’anthologie” !
La soirée se termine dans la fraîcheur de la nuit avec les légendaires Blind Guardian qui sont sur la fin de leur saison des festivals et qui vont nous apporter leur Power Metal épique et motivant qui explore lui aussi leur longue carrière. Le groupe se met rapidement en place, c’est à dire Hansi Kürsch (chant) au centre entouré par André Olbrich (guitare) et Marcus Siepen (guitare) pendant que Frederik Ehmke (batterie), Johan van Stratum (basse) et Kenneth Berger (claviers) occupent l’arrière de la scène, et le show peut commencer. Le public rentre immédiatement dans leur univers, et si vous avez ne serait-ce qu’un peu d’appétence pour leur style, vous savez à quel point il peut être fédérateur, mais aussi à quel point la réputation du groupe est fondée en live. Le vocaliste est relativement bavard, lâchant de temps à autre “It’s good to be here in beautiful Mennecy” ou “It’s great to have you and make you travel” pour officialiser un court moment de répit, mais à la seconde où la rythmique reprend, l’homme se transforme en véritable meneur, observant ses troupes slammer et organiser différents mouvements de foule. On notera tout de même un petit passage acoustique introduit par un “We’re going to take you to exciting places”, mais le show se finira dans la violence avec les traditionnelles Mirror Mirror et Valhalla, chansons emblématiques de leur impressionnante discographie, et qui vont une fois de plus faire rugir le festival comme une seule entité.
Bien qu’elle ait été assez peu chargée, la première journée du Mennecy Metal Fest 2025 est une réussite, avec son lot de confirmations telles que Shaârghot et Blind Guardian, mais aussi de découvertes live comme Necrodeath et Fatal. Je rentre pour un peu de repos bien mérité, mais avec une hâte non dissimulée pour la suite !


























