
Der Weg Einer Freiheit entame son nouveau chapitre.
Quatre ans après leur dernier album, Nikita Kamprad (chant/guitare, live pour Los Males del Mundo), Tobias Schuler (batterie, live pour Los Males del Mundo), Nicolas Rausch (guitare, The August) et Alan Noruspur (live pour Los Males del Mundo) dévoilent leur sixième album, Innern.

L’album débute avec Marter qui prend d’abord le temps de nous envelopper dans des sonorités mystérieuses avant de laisser le son se développer progressivement, ne se laissant aller à la fureur qu’avec l’arrivée des hurlements saisissants. La pointe de dissonance s’allie parfaitement avec l’atmosphère oppressante, offrant même une touche lumineuse aux ténèbres environnantes qui se concrétise avec le premier break, teintant la suite du morceau avec sa légèreté contrastée par une batterie dévastatrice, mais le deuxième fait renaître l’angoisse avant que le son ne s’embrase à nouveau, devenant encore plus viscéral qu’auparavant pour rejoindre Xibalba. On notera une approche assez Old School dans le son brut, mais l’arrivée des cris de Nikita rend le morceau encore plus terrifiant, proposant une base très travaillée mais explosive et qui révèle tout son potentiel dans les passages les plus dévastateurs qui envahissent notre esprit en un rien de temps pour le hanter et le soumettre à son rythme effréné. Le break apparaît comme salvateur et impose une toute autre allure beaucoup plus planante à la fin du morceau avant de laisser Eos lui emboîter le pas et placer des tonalités lancinantes pour retenir notre attention avant d’intensifier calmement la rythmique jusqu’à ce moment assez pesant où la rythmique devient plus sombre et agressive, offrant même quelques choeurs gutturaux avant que les vociférations ne reprennent. Les leads déchirants ajoutent la parfaite touche émotionnelle, tout comme les derniers cris poignants qui nous précipitent vers la fin du morceau, suivi par Fragment qui redémarre lentement et nous guide vers une nouvelle vague de mélancolie complétée par un chant clair apaisant qui tempère la rythmique avant de finalement la laisser s’abandonner à la fureur à nouveau pour devenir véritablement épique, reprenant par la même occasion des hurlements. Le piano de ??Finisterre III nous offre un interlude macabre mais bienvenu avant que Forlorn ne prenne sa place, d’abord de manière très vaporeuse puis en adoptant une approche presque Post-Punk jusqu’à environ la moitié du morceau avant que le Black Metal ne vienne tisser son agressivité pour ternir la composition jusqu’au final léger.
Si vous ne le saviez pas déjà, Der Weg Einer Freiheit est passé maître dans le fait de créer ces atmosphères si saisissantes, nous faisant progresser dans les ténèbres de notre esprit. Innern se place sans honte sur l’étagère des meilleures sorties de l’année.
95/100