
Crippled Black Phoenix continue ses expériences.
Toujours signé chez Season of Mist, Justin Greaves accompagné par ses camarades Belinda Kordic (chant), Ryan Patterson (chant), Justin Storms (chant), Wes Wasley (basse), Lucy Marshall (claviers), Rene Misje (guitare), Andy Taylor (guitare), Iver Sandøy (batterie), Robin Tow (batterie), annonce la sortie du treizième album du groupe, Sceaduhelm.

L’album s’ouvre sur le sample étrange de ?One Man Wall of Death, rapidement complété par les sonorités mystérieuses que l’on attendait d’entendre renaître, puis ce sont finalement des rires angoissants qui mettront le feu aux poudres, révélant une approche Post-Metal imposante et enivrante. Le mélange finit par s’éteindre puis par rejoindre l’intrigante ??Ravenettes où les musiciens laissent libre court à leur folie accrocheuse et communicative, la voix de Belinda apportant cette énergie apparente qui passe d’une douce légèreté à des moments bien plus intenses avant de passer à un son bien plus dépouillé pour l’introduction de Things Start Falling Apart. C’est cette fois-ci Justin qui prend le micro, apportant sa touche entêtante et mélancolique à une instrumentale prenante axée Post-Rock qui atteindra son point culminant avant de passer la main à No Epitaph – The Precipice où la voix basse de Ryan nous envoûte pendant que l’instrumentale s’installe lentement. Le titre ressemblerait presque à une balade d’abord désespérée puis qui reprend finalement du poil de la bête, changeant même totalement d’identité pour la dernière partie instrumentale qui rejoindra The Void où nous attend un moment de flottement bienvenu. Effets aériens et saturation se mêlent pour donner naissance à une voix samplée, puis à des claviers étranges qui précipiteront sa fin, puis l’arrivée d’Hollows End où l’on retrouve les sonorités imposantes bien que toujours imprévisibles couplées à cette voix enchanteresse et à ses échos moroses. On enchaîne sur l’inquiétant début de Dropout qui nous conduit entre toutes ses sonorités plus inattendues et distendues les unes que les autres avec pour seul point de repère le chant qui serpente habilement jusqu’à Vampire Grave qui débute avec un nouveau sample, entre voix et bruits. Le titre emprunte son atmosphère au Post-Punk mais garde sa liberté créative et distille ça et là dissonance, parties travaillées, mais également cette excitation finale avant de céder sa place à Colder and Colder, qui retrouve une certaine douceur éthérée par moments. Là encore, on retrouve quelques bruits peu rassurants, mais le titre est tout de même assez accessible, presque même accueillant, à l’inverse d’Under the Eye qui me paraît bien plus sombre, et qui ferait presque froid dans le dos malgré son apparente douceur. Le titre finira par nous envoûter tout en proposant des paroles assez cryptiques, puis ??Tired to the Bone viendra nous apporter à son tour cette grisaille sonore réconfortante, à l’image d’une berceuse maudite qui nous hypnotise pour mieux nous relâcher sur Beautiful Destroyer, dernière composition qui renoue avec une touche plus abrasive dans la saturation, et qui malgré sa longue durée reste toujours captivante, alternant les éléments froids et fédérateurs pour marquer les esprits.
Toujours aussi libre et créatif, Crippled Black Phoenix propose sur Sceaduhelm une heure d’expérimentations sonores, de toile aussi complexe que travaillée, passant d’un extrême à l’autre avec trois voix aussi différentes que complémentaires. L’album est une véritable réussite.
85/100